Comité national olympique de Côte d’Ivoire : Quand la transformation se fait sans bruit mais avec impact
Il est des mandats qui se contentent de gérer le quotidien, et d’autres qui s’attellent à redéfinir les fondations mêmes d’une organisation. Le passage de Me Georges Joseph N’Goan à la tête du Comité national olympique de Côte d’Ivoire (CNO-CIV) s’inscrit indéniablement dans cette seconde catégorie. À quelques jours de l’Assemblée générale élective, prévue le 2 mai prochain à l’Espace Crystal de Marcory, le CNO-CIV, qui renouvelle ses instances conformément à ses textes statutaires, présente le visage d’une institution profondément métamorphosée. Depuis son élection historique le 30 avril 2022, où il avait remporté le scrutin au second tour avec 17 voix face à son adversaire, Me N’Goan a insufflé une dynamique novatrice, rompant de manière irréversible avec les pratiques surannées héritées des décennies précédentes.
L’accession de cet éminent avocat, alors président de la Fédération ivoirienne de tennis, à la présidence du CNO-CIV revêtait d’emblée une forte charge symbolique. En succédant à l’intendant général à la retraite Lassana Palenfo, véritable figure tutélaire et historique du mouvement olympique africain, le nouveau président savait que la tâche serait immense. Il fallait non seulement préserver un héritage prestigieux, mais surtout adapter l’institution aux défis contemporains du sport mondial. Dès les premiers mois de sa mandature, une révolution silencieuse, mais structurante, a été enclenchée, posant les jalons d’une ère nouvelle marquée par la rigueur, l’ouverture et l’ambition.
Une refonte institutionnelle et une gouvernance sous le sceau de la transparence
Le premier vaste chantier auquel s’est attaqué le président sortant et candidat déclaré à sa propre succession fut celui de l’arsenal juridique. À son arrivée, le CNO-CIV opérait encore sous l’égide du décret n° 68-146 du 13 mars 1968 portant organisation des sports civils. Ce cadre obsolète, vieux de plus de cinquante ans, se révélait largement inadapté aux standards modernes. Sans tergiverser, Me N’Goan a piloté une refonte complète des textes institutionnels, les harmonisant minutieusement avec la loi n° 2014-856 du 22 décembre 2014 relative au sport en Côte d’Ivoire et avec les exigences incontournables de la Charte olympique. Cette modernisation administrative s’est physiquement matérialisée par l’agrandissement et la rénovation du siège du CNO-CIV, offrant désormais aux fédérations un outil de travail fonctionnel et digne des aspirations du pays.
Au-delà des murs et des textes, c’est la philosophie même de la gouvernance qui a été repensée pour faire de l’institution une véritable maison de verre. Rompant avec la culture de l’opacité qui a longtemps prévalu, le Comité a instauré la tenue régulière d’assemblées générales de bilan. Les budgets, autrefois perçus comme des sujets tabous, sont aujourd’hui présentés et débattus ouvertement. Si cette volonté d’exposer les chiffres a pu parfois susciter des frictions au sein de l’écosystème sportif national, elle a surtout eu le mérite d’implanter une indispensable culture de la redevabilité.
Dans ce sillage, la communication institutionnelle a été intégralement professionnalisée. Grâce à des plateformes dédiées et une présence accrue dans les médias, la presse et sur les réseaux sociaux, le CNO-CIV est devenu lisible et accessible. Cette stratégie d’ouverture s’est d’ailleurs appuyée sur des compétences pointues, à l’image du Dr Yao Allah Kouamé, président de la Confédération africaine de cyclisme (CAC), dont l’expertise s’est avérée un atout majeur pour le rayonnement continental de la Côte d’Ivoire.
Les athlètes et les fédérations au cœur d’un projet sportif ambitieux
Le mandat de Me N’Goan s’est également singularisé par un recentrage stratégique sur les acteurs fondamentaux du mouvement olympique, à savoir les athlètes, les techniciens et les administratifs. Conscient que la performance naît de la compétence, le CNO-CIV a démultiplié les initiatives de formation. Déployées en étroite collaboration avec la Solidarité Olympique, ces sessions ont permis de professionnaliser les pratiques et d’armer les fédérations pour qu’elles répondent aux standards internationaux les plus stricts.
Sur le terrain de la haute compétition, l’accompagnement des athlètes a été érigé en priorité absolue, particulièrement dans la perspective des Jeux olympiques de Paris 2024. Bien que la préparation de cette échéance planétaire ait été entamée tardivement, la gestion rigoureuse de la délégation ivoirienne a porté ses fruits. La nation a brillamment inscrit son nom au tableau des médailles grâce à l’exceptionnelle performance de Cheick Sallah Cissé, qui a arraché une médaille de bronze en taekwondo. Loin de se satisfaire de cet exploit, l’équipe dirigeante s’en est servie comme catalyseur pour élaborer, de concert avec la Direction générale des sports et de la Vie fédérale (DGSVF) du ministère des Sports, un programme de développement ambitieux. Les regards sont d’ores et déjà tournés vers l’avenir, avec pour objectifs d’assurer une participation qualitative aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar en 2026, puis aux Jeux d’été de Los Angeles en 2028.
Un processus électoral rigoureux pour consolider la dynamique
À l’approche du renouvellement des instances dirigeantes, la même exigence de transparence prévaut. Afin de garantir un processus électoral irréprochable et conforme aux préceptes olympiques, le CNO-CIV a procédé, lors de son assemblée générale du 11 avril dernier, à la mise en place d’une Commission électorale indépendante (CEI). Placée sous la présidence d’Allah François, inspecteur du ministère des Sports, cette instance a pour mission cruciale de veiller à l’équité du scrutin. Les candidats, qui avaient jusqu’au 26 avril pour soumettre leurs dossiers, se préparent maintenant à affronter le suffrage des membres actifs.
Dans ce contexte décisif, Me Georges N’Goan se présente à nouveau devant ses pairs avec un bilan solide et une ambition intacte, celle de pérenniser les acquis d’une révolution durable, solidement ancrée dans les réalités du terrain. Sous la bannière de l’union et de la rigueur, il entend poursuivre l’œuvre entamée pour le rayonnement de la Côte d’Ivoire par le sport. Le 2 mai prochain, à l’Espace Crystal, les électeurs auront la lourde responsabilité de trancher. Mais quelle que soit l’issue de ce rendez-vous démocratique, une certitude demeure. Les fondations d’un mouvement olympique ivoirien moderne, transparent et résolument tourné vers l’excellence sont désormais solidement posées.
OUATTARA Gaoussou
