Filière manioc : Une série de mesures urgentes pour contenir le virus de la mosaïque
Le manioc est menacé par un ennemi invisible : le virus de la mosaïque. Face à cette urgence agricole, les autorités ont déclenché un plan d’action immédiat pour protéger les plantations et sécuriser la production nationale.
Une task force multisectorielle réunissant chercheurs, experts scientifiques, responsables techniques et partenaires institutionnels a ainsi été mise en place. Son porte-parole, le professeur Pascal Téhua Kouassi Angui, directeur général des Productions et de la Sécurité alimentaire, a annoncé, le 15 avril 2026, une série de mesures destinées à contenir la propagation du virus.
Parmi les dispositions arrêtées figurent le renforcement de la surveillance phytosanitaire, la limitation des mouvements de matériel végétal et le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation auprès des producteurs. L’objectif est clair : freiner la diffusion du virus et préserver les rendements.
La riposte s’appuie également sur l’innovation. Des outils numériques de diagnostic seront déployés pour identifier rapidement les plants infectés. Les producteurs sont invités à utiliser exclusivement du matériel végétal sain, issu de structures certifiées comme les parcs à bois du Centre national de recherche agronomique (CNRA). Une circulaire d’urgence encadre désormais la circulation des boutures entre zones de production, afin d’éviter les transferts anarchiques.
Les premières analyses confirment la présence du virus dans l’ouest du pays, mais l’ampleur exacte des superficies touchées reste à déterminer. « Nous sommes encore dans une phase de prospection. Une fois celle-ci achevée, nous serons en mesure de préciser l’ampleur réelle de la situation », a expliqué le professeur Angui.
Les autorités rassurent toutefois : la consommation du manioc demeure sans danger pour l’homme. La maladie, strictement végétale, n’est pas transmissible à l’être humain. Mais ses effets sur les plantations sont redoutables : décoloration en mosaïque des feuilles, déformations, rabougrissement et, dans les cas les plus graves, la mort des plants.
Dans ce contexte, les producteurs sont appelés à poursuivre leurs activités en respectant scrupuleusement les mesures de prévention. L’utilisation de boutures saines et contrôlées, ainsi que l’arrêt des transferts non réglementés, sont désormais des impératifs pour contenir la menace.
Avec ce plan d’urgence, la Côte d’Ivoire entend protéger une filière stratégique et éviter que le virus de la mosaïque du manioc ne compromette la sécurité alimentaire nationale.
Yves Kalou
