Fête du Travail 2026 : Gouvernement et syndicats appellent au renforcement du dialogue social

Fête du Travail 2026 : Gouvernement et syndicats appellent au renforcement du dialogue social
Beugré Mambé et les syndicats unis pour préserver la paix sociale

La traditionnelle célébration de la Fête du Travail s'est tenue ce vendredi 1er mai 2026 dans l'enceinte de la Primature, à Abidjan, en présence des centrales syndicales, des membres du gouvernement et de nombreuses personnalités. Cette rencontre annuelle a servi de cadre à un double exercice : dresser le bilan des avancées sociales enregistrées ces dernières années et permettre aux représentants des travailleurs de soumettre leurs revendications aux autorités.

Prenant la parole au nom du Président de la République, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a salué le climat social qui prévaut en Côte d'Ivoire, mettant en avant la trêve sociale conclue avec les partenaires sociaux. Pour lui, ce mécanisme repose sur la concertation permanente entre l'État, les syndicats et le secteur privé. « Le dialogue social demeure un choix stratégique pour notre pays. Il a permis de préserver la paix sociale, de prévenir les crises et d'instaurer un climat de confiance », a insisté le chef du gouvernement, qui a par ailleurs qualifié la trêve sociale d'« exception ivoirienne ».

Abordant les préoccupations quotidiennes des populations, Robert Beugré Mambé a assuré que l'exécutif restera mobilisé face à la hausse du coût de la vie. Sur la question de l'emploi des jeunes, il a annoncé un renforcement des dispositifs existants, promettant d'intensifier les mécanismes d'insertion, de consolider la formation qualifiante et de soutenir davantage l'entrepreneuriat. Il a également mis l'accent sur la formalisation de l'économie nationale, faisant de la digitalisation l'un des axes majeurs pour réduire progressivement le poids du secteur informel. Pour le Premier ministre, la priorité du gouvernement est désormais de convertir les performances économiques du pays en bénéfices concrets pour les populations, à travers le renforcement des actions sociales, la poursuite des infrastructures, l'accélération de l'industrialisation et la valorisation du capital humain.

Concertation, emploi et protection sociale au cœur des échanges à la Primature

Intervenant à son tour, le ministre de l'Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Me Adama Kamara, a salué la qualité des relations entre le gouvernement et les partenaires sociaux, saluant la dynamique de confiance qui a permis la signature du deuxième cycle de trêve sociale 2022-2027, qu'il a qualifiée d'avancée historique dans l'approfondissement du dialogue social.

Le ministre a toutefois reconnu que plusieurs défis restent à relever, notamment la part encore prépondérante de l'économie informelle et l'insertion professionnelle des quelque 400 000 jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Il a assuré que la Politique nationale de l'emploi se poursuivra afin de bâtir un marché du travail plus inclusif et mieux adapté aux réalités économiques actuelles. Sur la protection sociale, Adama Kamara s'est félicité de l'adhésion croissante des populations aux dispositifs existants — notamment la CMU, la complémentaire et le RSTI — et a exhorté les travailleurs à s'acquitter régulièrement de leurs cotisations, rappelant qu'elles constituent une épargne à consommation différée et non un impôt. S'adressant particulièrement aux travailleurs indépendants, il a mis en avant les avantages du RSTI : congé de maternité rémunéré, revenu de remplacement en cas d'accident du travail et pension à vie.

Au nom des organisations syndicales, plusieurs responsables ont salué les acquis obtenus grâce au dialogue social tout en formulant de nouvelles attentes. Soro Mamadou, secrétaire général d'Humanisme, a plaidé pour une accélération de la transition de l'économie informelle — estimée à près de 50 % du PIB — vers le secteur formel. Yves Kodibo, de l'UNARTCI, a souhaité une mise aux normes des radars routiers, dénonçant les notifications tardives préjudiciables aux automobilistes. Traoré Yacouba, de la FESACI, s'est félicité de l'instauration du congé de paternité, qu'il a qualifié d'avancée importante pour les familles. Eli Boga Dago, secrétaire général de Dignité, a demandé que les inspecteurs du travail soient dotés de moyens conséquents pour mieux accomplir leurs missions. Enfin, Koffi Assienin, 2e secrétaire général adjoint de l'UGTCI, a plaidé pour la mise en place effective du régime de retraite complémentaire dans le secteur privé. Autant de préoccupations qui traduisent la volonté des syndicats de consolider les acquis sociaux tout en ouvrant de nouveaux chantiers pour l'amélioration des conditions de vie et de travail.

Rahoul Sainfort