Système de Récépissés d'Entreposage : Les avantages présentés aux acteurs du monde agricole et agro-industriel
Pour sa 4e édition, la tribune d’échanges « Zoom Sur », organisée le jeudi 16 avril 2026 au Noom Hôtel Abidjan Plateau, par le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP), à travers son Secrétariat Exécutif, a abordé le sujet du financement du secteur agricole. En collaboration avec l’Autorité de Régulation du Système de Récépissés d’Entreposage (ARRE), cette rencontre a porté sur le thème : « Le Système de récépissés d’entreposage : un levier pour le financement de l’agriculture en Côte d’Ivoire ».
Présentant le fonctionnement du SRE et ses opportunités pour le financement de l’agriculture et de l’agro-industrie, le directeur général de l’ARRE, le Pr Koffi Justin N’Goran, a expliqué que c’est un dispositif moderne qui permet aux producteurs et aux opérateurs économiques de sécuriser leurs stocks dans des entrepôts agréés, d’accéder à des financements en utilisant leurs produits comme garanties, et d’optimiser leurs revenus en vendant au moment opportun. A ce jour, 982 récépissés d’entreposage ont été émis, depuis sa mise en œuvre, couvrant un volume global d’environ 26 404 tonnes de marchandises.
« Le SRE constitue un véritable levier de transformation agricole, favorisant la fluidité des échanges, la professionnalisation des acteurs et le développement de chaînes de valeur performantes », a indiqué le directeur général. Aussi a-t-il invité d’une part, les producteurs à s’approprier cet outil moderne que constitue le SRE, et d’autre part, les institutions financières à en exploiter le potentiel. Enfin, il a appelé les partenaires techniques et financiers à soutenir le développement du SRE.
« Ensemble, nous pouvons faire du SRE un puissant moteur de transformation de notre agriculture et de notre économie. Au sortir de cette table ronde, nous nous emploierons tous, autant que nous sommes, à mettre en œuvre, les mécanismes de financement par récépissés d’entreposage, dans toutes les filières agricoles afin de véritablement transformer les zones rurales de productions de ces marchandises en zones de prospérité conformément à la vision du Président de la République, Alassane Ouattara », a-t-il assuré.
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le colonel-major Sangaré Souleymane a qualifié le SRE de « réforme majeure et structurante », à fort impact économique et social. Selon lui, ce mécanisme ouvre la voie à une agriculture mieux financée, plus résiliente et plus compétitive.
Quant au directeur général de la Promotion des agro-industries, Pr Datté Jacques, il a souligné que le SRE constitue une avancée majeure, notamment en tant que socle opérationnel de la Bourse des Matières Premières Agricoles de Côte d’Ivoire (BMPA). « Il permet aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des conditions sécurisées, d’obtenir un récépissé juridiquement reconnu et de l’utiliser comme garantie auprès des institutions financières », a-t-il expliqué.
Dans la même veine, Manlan Michel, conseiller Ttchnique représentant le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, a insisté sur le rôle du SRE dans la facilitation de l’accès aux crédits à court terme pour les acteurs agricoles et agro-industriels. Toutefois, il a relevé que plusieurs défis existent notamment le développement des infrastructures de stockage dans les zones de production, l’adhésion accrue du secteur bancaire et le financement effectif des détenteurs de récépissés d’entreposage à travers le nantissement des stocks.
Pour sa part, la secrétaire exécutive du CCESP, Mme Mariam Fadiga Fofana, a souligné l’importance de cette réforme ayant conduit à la mise du SRE destiné à faciliter, à terme, la transformation des matières premières agricoles et garantir un approvisionnement continu en produits agricoles pour les industriels. « C’est donc, pour contribuer et permettre une pleine appropriation de ce mécanisme inédit dans la facilitation des affaires en Côte d’Ivoire et au sein de la sous-région, que le Secrétariat exécutif du Comité de Concertation Etat-Secteur privé a décidé de faire un focus sur cette réforme importante pour le monde agricole en général et pour les filières d’exportation en particulier », a-t-elle souligné.
Sogona Sidibé
