Foncier et agro-industrie : L’Etat et le secteur privé en quête de solutions durables
Du 4 au 6 mars 2026, un atelier national consacré aux problématiques foncières des entreprises agro-industrielles s’est tenu à Grand-Bassam avec pour objectif d’établir un diagnostic et de formuler des recommandations opérationnelles. Cette rencontre de haut niveau, initiée par le Comité de Concertation État-Secteur Privé (CCESP), en collaboration avec les ministères techniques et la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire, intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des conflits fonciers et les défis croissants liés à la sécurisation des investissements agricoles.
Représentant le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, à l’ouverture de cet atelier, le conseiller technique Seynou Idrissa a indiqué que la sécurisation foncière constitue à la fois un enjeu de cohésion sociale et un indicateur clé de performance du secteur agricole. Il a souligné qu’en Côte d’Ivoire, l’Etat a engagé différentes réformes dont la modification de la loi de 1998 sur le domaine foncier rural et le rôle central de l’Agence Foncière Rurale (AFOR), créée en 2016 pour accélérer la délimitation des territoires villageois et la délivrance des certificats fonciers.
Relevant que des défis persistants, le conseiller technique a informé qu’en fin 2025, plus de 5 586 territoires de villages ont été délimités et 67 835 certificats fonciers délivrés, illustrant, ainsi les progrès réalisés. Pour le secteur privé, le foncier conditionne l’accès au crédit, la stabilité des projets à long terme et la confiance des investisseurs internationaux. « Sans foncier sécurisé, pas d’usine. Sans usine, pas de transformation. Sans transformation, pas de valeur ajoutée locale », a résumé le directeur exécutif de la CGECI, Stéphane Aka-Anghui.
Par ailleurs, il a dénoncé la lourdeur des procédures administratives, la superposition des droits, les affectations multiples de parcelles liées à l’urbanisation ou à d’autres usages stratégiques, ainsi que des contraintes juridiques. Au bout des trois jours de travaux, des propositions de solutions ont été formulées, notamment sur la clarification des procédures, la sécurisation des titres et des mécanismes de médiation communautaire. Il a été noté la mise en place d’une meilleure articulation entre planification urbaine et zones agro-industrielles. A l’issue de cet atelier, un rapport général et un Livre blanc seront transmis au Gouvernement en vue d’aboutir à une feuille de route assortie d’actions à court, moyen et long termes.
Sogona Sidibé
