Gestion des infrastructures sportives : L'ONS au service de la Grande Côte d'Ivoire
Il y a quelque chose de symbolique à tenir un atelier stratégique dans l'enceinte même du stade olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé. Ces murs, construits pour accueillir les foules du monde entier lors de la Coupe d'Afrique des Nations 2023, semblent rappeler à chaque participant ce que la Côte d'Ivoire est capable d'accomplir quand elle se projette vers le haut. C'est dans cet écrin que l'Office national des sports (ONS) a réuni, les 24 et 25 février 2026, plus de soixante-cinq acteurs de l'institution – membres du conseil de gestion, directeurs, chefs de services, agents comptables et délégués de complexes – pour tenir son atelier bilan 2025 et perspectives 2026. Deux jours de travail, de lucidité et d'ambition, portés par une conviction partagée : les infrastructures sportives héritées de la CAN 2023 ne sont pas un legs figé. Elles sont le socle vivant d'un projet de nation.
Le DG de l'ONS, Ousmae Gbané, veut renforcer la gouvernance de son institution
Ce projet a un nom. Le président de la République, Alassane Ouattara, en a tracé les contours avec constance notamment bâtir la « Grande Côte d'Ivoire », une nation de rang mondial, compétitive, rayonnante, fière de son excellence. Une vision qui ne se décrète pas dans les discours, mais se construit pierre par pierre, stade après stade, événement après événement. Et c'est précisément dans cette trajectoire que l'ONS entend inscrire son action.
Faire des infrastructures sportives un levier économique national
Lorsqu'une fédération étrangère choisit Abidjan pour y disputer une rencontre internationale, elle ne choisit pas seulement un stade. Elle choisit un pays. Elle dit, à travers ce choix, que la Côte d'Ivoire est un territoire de confiance, d'excellence et d'hospitalité. Et chaque fois qu'un tel choix se pose, c'est une chaîne économique entière qui s'emballe : les hôtels affichent complet, les restaurants accueillent des délégations venues des quatre coins du monde, les taxis, les commerçants, les guides touristiques voient leur activité s'intensifier. La destination Côte d'Ivoire se grave un peu plus dans les mémoires internationales.
L'ONS se veut une institution de référence mondiale en matière de gestion et de construction d'infrastructures (ph Dr)
Les infrastructures gérées par l'ONS, au premier rang desquelles le stade olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé, le mythique Stade Félix Houphouët-Boigny, le stade Amadou Gon Coulibaly de Korhogo, le stade de la Paix de Bouaké, le stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro, le stade Laurent Pokou de San Pedro, le Palais des Sports de Treichville, sont les ambassadrices silencieuses de cette Grande Côte d'Ivoire. Elles en incarnent l'ambition : des équipements aux normes FIFA, capables d'accueillir des dizaines de milliers de spectateurs dans des conditions de confort, de sécurité et de spectacle dignes des plus grandes scènes mondiales. C'est ce message que l'ONS veut adresser, haut et fort, aux organisateurs d'événements grand public (concerts, festivals, compétitions régionales ou internationales). Que ces infrastructures sont là, disponibles, performantes, taillées pour le meilleur.
L'atélier a accouché de résolutions importantes pour maintenir l'ONS à flot (Ph DR)
La preuve la plus éclatante de ce positionnement sera donnée le 14 mars 2026 à partir de 17 heures GMT. Ce soir-là, le Stade Félix Houphouët-Boigny accueillera le Trophée des Championnes de France, le choc au sommet entre l'Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain, deux mastodontes du football féminin européen et mondial. Un match suivi par des millions de téléspectateurs à travers la planète. Des caméras du monde entier braquées sur Abidjan. Des journalistes, des supporters, des officiels débarquant dans la capitale économique ivoirienne, découvrant ses hôtels, ses restaurants, son dynamisme, son hospitalité légendaire. En quelques heures de football au plus haut niveau, c'est la Côte d'Ivoire tout entière qui se donne à voir. C'est la Grande Côte d'Ivoire qui entre en scène.
Autonomie financière, rigueur et durabilité
Mais le rayonnement ne suffit pas s'il n'est pas adossé à une gestion solide. C'est l'autre grand enseignement de cet atelier. Ousmane Gbané, directeur général de l'ONS, l'a dit sans détour. L'institution doit viser deux milliards de francs CFA de ressources propres en 2026. Non pas pour l'ambition du chiffre en lui-même, mais parce que l'autonomie financière est la condition sine qua non d'une gestion durable, prévisible et souveraine des infrastructures de l'État. « Ce qu'on va laisser à l'ONS, c'est cette structuration », a-t-il déclaré, en saluant la progression visible dans l'organisation de cet atelier par rapport aux éditions précédentes. Un mot (structuration) qui résume toute une philosophie, celle de construire des fondations solides pour que l'institution puisse agir librement, sans dépendre du bon vouloir des subventions.
Ibrahim Coulibaly, président du conseil de gestion, a abondé dans ce sens avec fermeté. 2026 doit être l'année de « la performance et de la rigueur », a-t-il affirmé, rappelant que les infrastructures héritées de la CAN 2023 doivent devenir « un véritable levier de développement économique et social ». Une belle intention, mais qui suppose un travail de fond que cet atelier a justement contribué à structurer. Trois commissions ont planché sans relâche. La première sur la construction, la réhabilitation et l'entretien des équipements, la deuxième sur la communication et l'exploitation des infrastructures, la troisième sur la gestion des grandes compétitions et des événements. De leurs travaux a émergé un plan d'action 2026 aux contours précis.
Parmi les chantiers prioritaires, il y a la dématérialisation des demandes d'accès aux infrastructures, la rédaction d'un manuel de procédures pour les grands événements, la systématisation des contrats (même en cas de mise à disposition gratuite), la formation de personnels ivoiriens spécialisés dans l'entretien des pelouses, idéalement au Maroc, ou encore la saisine du conseil de gestion sur la question épineuse de la gratuité des infrastructures. Des mesures concrètes, opérationnelles, qui dessinent les contours d'une institution modernisée, plus transparente, plus efficace. Le Dr Gbé Binka, secrétaire principal et rapporteur du comité scientifique, a synthétisé l'ensemble autour de quatre axes à savoir : renforcer la communication et la promotion de l'ONS, optimiser l'exploitation des infrastructures, consolider les capacités institutionnelles, et développer une offre mieux adaptée aux besoins nationaux.
Au fond, ce que cet atelier a mis en lumière, c'est la convergence entre deux ambitions qui se nourrissent l'une l'autre. L'ambition de l'ONS, une institution autonome, rigoureuse, capable de valoriser un patrimoine sportif exceptionnel, et l'ambition de la nation ivoirienne, incarnée dans la vision du président Alassane Ouattara de faire de la Côte d'Ivoire un pays de premier rang, un pays qui ne regarde pas les grandes compétitions mondiales à la télévision, mais qui les organise, qui les accueille, qui en fait profiter son économie et sa population. Les infrastructures sportives sont l'un des visages de cette Grande Côte d'Ivoire en construction. L'ONS en est le gardien. Et l'atelier d'Ebimpé a montré que ce gardien est à la hauteur de la mission.
OUATTARA Gaoussou
