RHDP : Voici les attributions et le mode de fonctionnement du Conseil de l’Ordre des Houphouëtistes
Au RHDP, l’engagement militant et les services rendus au parti disposent désormais d’un cadre spécifique de reconnaissance. À travers l’Ordre des Houphouëtistes, le parti au pouvoir entend valoriser les parcours, distinguer les mérites et célébrer ceux qui contribuent à la défense de ses idéaux et à son rayonnement. À la tête de cet organe statutaire, Sara Sako Fadiga, vice-présidente du Sénat, est chargée de conduire cette mission de reconnaissance et de promotion de l’excellence militante.
Régi par un règlement intérieur spécifique, l’Ordre des Houphouëtistes est placé sous l’autorité du Président du RHDP, Alassane Ouattara, qui en est le Grand Maître. Il constitue une distinction honorifique propre au parti, destinée aux militants, aux sympathisants et à toute autre personnalité s’étant particulièrement illustrée dans la défense des intérêts du RHDP ou la promotion des valeurs républicaines et houphouëtistes.
L’originalité du dispositif réside dans son système de distinctions, organisé en cinq niveaux : Chevalier, Officier, Commandeur, Grand Officier et Grand-Croix. Une progression qui obéit, en principe, à des critères d’ancienneté, d’engagement constant, de discipline et de mérite. Les nominations et promotions sont décidées par le président du parti, après instruction des dossiers par le Conseil de l’Ordre.
Le mérite comme principe directeur
Loin de se limiter à une reconnaissance symbolique des responsables du parti, le dispositif met en avant la nécessité de valoriser toutes les catégories de militants. Le règlement intérieur insiste notamment sur la reconnaissance du militant de base, des secrétaires de section et des mobilisateurs de quartier, appelés à être pris en compte au même titre que les cadres et les responsables.
Le texte prévoit également des principes de transparence, d’équité et de représentativité dans l’examen des candidatures, avec la prise en compte des différentes régions, des structures spécialisées et des générations de militants. La fidélité manifestée durant les périodes de crise figure aussi parmi les éléments d’appréciation des mérites.
Pour donner corps à ces exigences, trois commissions techniques sont prévues : celle des Distinctions et du Cérémonial, celle de l’Éthique et des Valeurs, et celle des Textes et Affaires juridiques. Elles contribuent respectivement à l’examen des candidatures et à l’organisation des cérémonies, à la promotion des valeurs houphouëtistes et à la conformité des procédures aux textes du parti.
Une distinction assortie d’exigences
L’appartenance à l’Ordre ne constitue pas seulement un honneur. Elle implique également des obligations. Ses membres sont tenus à un devoir d’exemplarité, de dignité et de loyauté envers le président du parti, le RHDP et ses idéaux. Le règlement prévoit la possibilité de suspendre ou de retirer une distinction en cas de manquement grave, notamment à la suite de certaines condamnations définitives, d’une exclusion définitive du parti ou d’agissements portant gravement atteinte à son honneur.
Le Conseil de l’Ordre se réunit en session ordinaire deux fois par an et peut tenir des sessions extraordinaires lorsque les circonstances l’exigent. Les distinctions sont notamment attribuées à l’occasion des congrès et des cérémonies officielles du RHDP. Des nominations exceptionnelles, à titre posthume ou au bénéfice de personnalités étrangères, sont également prévues.
Il convient toutefois de préciser que l’Ordre des Houphouëtistes est une distinction strictement interne au RHDP. Il ne se substitue à aucun ordre national et ne confère aucune préséance protocolaire au sein de l’État.
Avec cet organe, le RHDP se dote ainsi d’un mécanisme destiné à inscrire la reconnaissance des mérites dans la durée, tout en associant l’honneur de la distinction à une exigence de comportement et de fidélité aux valeurs revendiquées par le parti. Pour Sara Sako Fadiga et les membres du Conseil de l’Ordre, l’enjeu sera de faire vivre ces principes dans l’examen des candidatures et l’attribution des distinctions.
Rahoul Sainfort


