De l'ombre à la lumière
Il y a quinze ans, la Côte d’Ivoire, défigurée par près de deux décennies de crise politico‑militaire et une gestion chaotique du pouvoir par les régimes autocratiques de Bédié, Guéi et Gbagbo, avait surtout besoin que le monde parle d’elle. Elle occupait la scène internationale non pour ses performances, mais parce qu’elle donnait l’image d’une nation sous perfusion.
Aujourd’hui, le contraste est saisissant : c’est en Côte d’Ivoire que l’on vient chercher la paix, et c’est elle qui désormais parle au monde. Ce changement résume à lui seul le chemin parcouru par un pays longtemps enfermé dans les tourments, et qui s’affirme désormais comme un acteur écouté sur les grandes questions internationales.
À la tribune des Nations Unies, lors de la 81e session de l’Assemblée générale, la Côte d’Ivoire n’est pas venue simplement rappeler son attachement à la paix. Par la voix du Vice‑Président Tiémoko Meyliet Koné, elle a porté une vision du monde fondée sur le dialogue, la diplomatie et le règlement pacifique des différends. « Nous devons choisir le dialogue plutôt que la confrontation, la coopération plutôt que le repli, la solidarité plutôt que l’indifférence », a‑t‑il déclaré. Un message qui prend une résonance particulière dans un contexte marqué par la multiplication des conflits, les fractures géopolitiques, le terrorisme, l’extrémisme violent et les bouleversements climatiques.
Le visage actuel du pays, sous le leadership du Président Alassane Ouattara, contraste fortement avec celui des années de crise. Sans exagération, on peut dire que la Côte d’Ivoire est passée de l’ombre à la lumière. Hier objet des préoccupations de la communauté internationale, elle est désormais en situation de faire entendre sa propre voix sur les grands enjeux mondiaux.
Depuis 2011, la restauration de la stabilité et la transformation économique ont progressivement permis à Abidjan de retrouver une place affirmée dans le concert des nations. C’est cette évolution, rendue possible par une gouvernance efficace, qu’il faut lire derrière la présence ivoirienne à la tribune de l’ONU. Dorénavant, la Côte d’Ivoire est une voix écoutée dans le monde.
À New York, le Vice‑Président n’a pas seulement livré la position ivoirienne sur les défis du moment. Il a réaffirmé la détermination du pays à défendre la paix, le dialogue et le multilatéralisme dans un monde bouleversé. Face aux tensions, notre pays fait le choix assumé de ne pas ajouter une voix de plus aux confrontations verbales. Il reste fidèle à sa posture : ami de tous, ennemi de personne. Pas de parti pris, mais un message de responsabilité et de dialogue.
Cette tribune, suivie à l’échelle mondiale, est pour certains l’occasion de régler des comptes. Pour Abidjan, elle est au contraire l’opportunité de promouvoir la diplomatie sur la logique des armes, de privilégier le règlement pacifique des différends et de soutenir les initiatives de médiation conduites par les Nations Unies, l’Union africaine et les organisations régionales.
Ce positionnement n’est pas sans rappeler l’histoire récente du pays. La Côte d’Ivoire sait, par expérience, ce que coûtent les crises qui s’installent et les fractures qui s’approfondissent. Elle sait aussi qu’aucune société ne peut durablement avancer lorsque le dialogue disparaît au profit de l’affrontement. D’où son plaidoyer international pour la paix : une parole responsable qui prend une dimension particulière, celle d’un pays qui a lui‑même connu les blessures de la guerre et qui entend désormais défendre la stabilité. Comme le dit la sagesse populaire : « Celui qui a fait la guerre connaît le prix de la paix. »
Après avoir connu la guerre, la Côte d’Ivoire ne se présente plus seulement comme bénéficiaire de la solidarité internationale ; elle veut aussi être un acteur capable de porter des propositions et de participer aux réponses collectives. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre son plaidoyer en faveur d’une réforme ambitieuse du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le pays réaffirme la nécessité d’accorder à l’Afrique une représentation permanente dans cet organe dont les décisions ont des conséquences directes sur la paix et la sécurité du continent. Une revendication ancienne, certes, mais toujours actuelle au regard de la place des crises africaines dans l’agenda international.
Cette participation à la tribune des Nations Unies illustre l’évolution du pays. Être présent dans les grandes enceintes, certes, mais surtout y être entendu. Porter une voix qui compte, défendre des principes et participer à la recherche de solutions.
En choisissant de faire entendre cette conviction à l’ONU, la Côte d’Ivoire assume une responsabilité qui dépasse ses propres frontières : celle d’un pays qui, après avoir retrouvé sa stabilité, entend contribuer à celle du monde. Grâce au Président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire joue désormais dans la cour des grands.
Charles Sanga


