Arrêtez de mentir aux paysans !

Arrêtez de mentir aux paysans !

Depuis l’ouverture de la campagne café-cacao 2026, avec la fixation des prix bord champ du cacao à 1200 FCFA/kg et du café à 1300 FCFA/kg, les commentaires vont bon train. Si la majorité des paysans comprennent et acceptent ces décisions, certains, notamment dans l’opposition, s’acharnent à semer la révolte. Ils prétendent que ces prix sont dérisoires comparés à ceux pratiqués ailleurs, insinuant que les autorités ivoiriennes se soucient peu du bien-être des producteurs. C’est totalement faux.

Il faut le dire clairement : c’est de la manipulation politicienne, destinée à créer un mécontentement artificiel. Certes, le prix du cacao au Cameroun ou au Vietnam peut sembler plus élevé, mais comparer ces pays à la Côte d’Ivoire est une erreur. La Côte d’Ivoire produit plus de 2 millions de tonnes, soit 40 % de la production mondiale, quand le Cameroun ou le Vietnam plafonnent à 247 914 tonnes ou 300 000 tonnes. Lors des crises, ce sont les grands producteurs ivoiriens qui subissent de plein fouet les chocs, tandis qu’ailleurs les gouvernements se déchargent de leurs responsabilités. A la moindre chute des cours mondiaux sur les marchés internationaux, le gouvernement est obligé de puiser dans les caisses pour ajuster régulièrement les tarifs d’achat aux producteurs. Le modèle ivoirien repose sur la fixation de prix garantis aux producteurs, indexés en partie sur les fluctuations des cours mondiaux et les ventes à l’avance.

C’est pour cela que la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un système de gestion rigoureux, basé sur la stabilisation, afin de garantir aux paysans un revenu décent. Sans ce mécanisme, la baisse brutale des prix en 2025 (de 12 000 à environ 3 000 dollars la tonne en quelques mois) aurait été une catastrophe totale.

Ceux qui critiquent aujourd’hui les 1200 FCFA doivent garder raison. La filière est bien gérée en Côte d’Ivoire, mieux que dans beaucoup d’autres pays. Gouverner, c’est ne pas toujours  déplacer les problèmes, mais surtout dire la vérité aux paysans et fixer un prix juste, tenable au regard des réalités du marché international. C’est exactement ce qu’a fait le Président Alassane Ouattara, en privilégiant les intérêts des producteurs.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, il a fait de la restructuration de la filière café-cacao une priorité. Dans un premier temps, il a revu la gouvernance de la filière en instaurant la transparence dans la gestion des ressources par le remplacement des anciennes structures voraces et opaques par le Conseil du Café-Cacao. Les paysans ont régulièrement bénéficié de prix rémunérateurs, allant de 700 FCFA (le plus bas en 2011-2012) à 2800 FCFA (le plus haut jamais atteint en 2025-2026). Avec lui, la règle est simple : quand les prix montent, cela se répercute directement sur les prix bord champ ; quand ils baissent, un prix plancher décent est fixé pour protéger les producteurs.

De plus, la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux, ont imposé depuis 2020-2021 aux multinationales le paiement d’une prime additionnelle de 400 dollars par tonne (le Différentiel de revenu décent – DRD). Objectif : garantir un meilleur revenu aux paysans. Ces initiatives montrent clairement que le Président Ouattara a beaucoup fait pour le monde agricole. Les producteurs l’ont reconnu en lui rendant hommage en juillet 2024 à Yamoussoukro, et en se mobilisant en 2025 pour réunir les 50 millions de FCFA nécessaires à sa caution présidentielle.

Il faut donc arrêter de mentir aux paysans et de vouloir les opposer au Président. Ironie du sort, parmi ceux qui s’agitent aujourd’hui figurent des responsables qui ont plongé la filière dans le chaos sous Laurent Gbagbo, avec des scandales retentissants, comme l’achat d’une usine en ruine à plus de 100 milliards de FCFA aux États-Unis, ou encore les détournements financiers qui ont conduit à l’emprisonnement de nombreux gestionnaires.

Un proverbe le dit bien : « Le mensonge a beau courir, la vérité finit toujours par le rattraper. » Alassane Ouattara a rétabli le pacte de confiance entre l’État et les paysans. Cela dérange certains nostalgiques d’un passé sombre, mais il appartient aux producteurs de rester vigilants, de faire preuve de discernement et de ne pas lâcher la proie pour l’ombre.

 

Charles Sanga