Atelier stratégique : L’ALPA veut peser davantage sur les débats publics
L’Alliance des Parlementaires Libéraux d’Afrique (ALPA) veut aller loin. Elle veut se donner les moyens d’instaurer un ordre nouveau en Afrique. C’est pourquoi, depuis hier et durant trois jours, elle organise à Abidjan son premier atelier stratégique, en partenariat avec le RHDP, la Fondation Friedrich Naumann et Renew Europe Group. La cérémonie d’ouverture, en présence de Patrick Achi (président de l’Assemblée nationale), de Sidi Tiémoko Touré (président de l’ALPA), de Cellou Dalein Diallo (ancien Premier ministre de Guinée), du professeur Justin N’Goran Koffi (secrétaire exécutif adjoint chargé de la Formation et de l’Institut politique du RHDP), représentant Gilbert Kafana Koné, président du directoire du RHDP, ainsi que de nombreux parlementaires venus de toute l’Afrique, a donné un large aperçu de ce que souhaite réellement l’ALPA. Cet atelier de planification stratégique vise, selon les différents intervenants, à renforcer l’influence des parlementaires libéraux dans les institutions du continent, autour du thème « Des idées à l’influence : des parlementaires libéraux en action pour l’avenir de l’Afrique ».
Sidi Tiémoko Touré, président de l’ALPA, a salué la mobilisation des élus venus de différentes régions d’Afrique pour structurer un réseau politique et législatif capable de contribuer aux réponses aux défis du continent. Selon lui, cette initiative, issue de la dynamique engagée lors de précédents sommets à Abidjan et formalisée en avril à Rabat, au Maroc, ambitionne de doter les parlementaires libéraux d’un cadre de coopération pour promouvoir des solutions adaptées aux réalités africaines. « L’ALPA ne sera pas une structure hors sol. Elle sera l’amplification de vos combats législatifs nationaux », a-t-il déclaré, tout en appelant les parlementaires libéraux à traduire les idées en actions concrètes dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la démocratie et du développement économique.
Au nom du RHDP, Justin N’goran Koffi s’est félicité de la tenue de cette rencontre à Abidjan. Il a rappelé que son parti revendique le « libéralisme à visage humain » et s’inscrit dans la philosophie politique de Félix Houphouët-Boigny, non sans indiquer qu’avec Alassane Ouattara, président du RHDP et Président de la République, la Côte d’Ivoire est redevenue le pays des performances. Selon lui, l’intégration voulue par le président Houphouët-Boigny a toujours été le moteur du développement du pays. Masechaba Masemola waMdaka, représentante de la Fondation Friedrich Naumann pour l’Afrique, a également salué l’organisation de ces assises et souhaité des échanges fructueux aux participants.
Sidi Tiémoko Touré, président de l’ALPA
Dans la conférence inaugurale qu’il a animée, Patrick Achi a exposé cinq convictions. Premièrement, selon lui, les ressources africaines constituent un point de départ. « La prospérité dépend de notre capacité à transformer et à développer les compétences de nos populations », a-t-il indiqué. Deuxièmement, le président de l’Assemblée nationale a fait savoir que l’emploi productif doit occuper une place centrale dans les choix opérés. Troisièmement, a-t-il partagé, le Parlement doit contribuer à la qualité et à la continuité de l’action publique en veillant à l’application des droits. Quatrièmement, les libertés et l’égalité devant la loi doivent ouvrir des possibilités réelles au plus grand nombre. Enfin, cinquième conviction : l’intégration africaine doit devenir une réalité économique quotidienne, soutenue par une diplomatie parlementaire attentive aux obstacles. Il a rappelé que, ces quinze dernières années, grâce à la conjugaison du leadership et de l’expérience du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire peut être citée en exemple dans le monde. Il a surtout fait savoir que la paix est le préalable à toute forme d’expansion de la liberté. Pendant trois jours, les parlementaires devront examiner les réalités de leurs institutions respectives, définir des priorités politiques communes et élaborer des plans d’action afin de renforcer leurs fonctions législatives, de contrôle et d’impulsion au sein des parlements africains. Créée pour favoriser les échanges d’expériences et la coopération entre parlementaires libéraux africains, l’ALPA devra, au sortir de la rencontre d’Abidjan, dépasser le simple réseautage pour peser davantage sur les débats publics et contribuer à la concrétisation de politiques communes.
Thiery Latt


