Programme PRESFOR : Un million d’hectares certifiés en dix mois, les petites parcelles au cœur des priorités
Derrière chaque certificat foncier, il y a une terre, une famille et souvent des années d’incertitude sur la propriété. En Côte d’Ivoire, la sécurisation foncière rurale avance avec un premier résultat significatif : un million d’hectares certifiés en dix mois de travaux de terrain. Mais pour que cette avancée profite davantage aux populations rurales, le Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (PRESFOR) doit mieux prendre en compte les petites parcelles. C’est l’un des principaux enseignements de la quatrième mission de revue à mi-parcours de la Banque mondiale, achevée le vendredi 16 octobre 2026 à Abidjan.
Conduite du 8 au 16 octobre à Abidjan et dans la région de la Mé, cette mission dirigée par Dr André Teyssier, spécialiste principal en gestion foncière à la Banque mondiale, a réuni les équipes de l’Agence foncière rurale (AFOR), les opérateurs fonciers et les autres parties prenantes. Au-delà des chiffres, les échanges ont porté sur l’avancement des opérations, les difficultés rencontrées et les ajustements nécessaires pour améliorer les résultats. La remise de 39 certificats fonciers à leurs bénéficiaires à Adzopé, dans la Mé, a donné une illustration concrète de cette démarche.
Le bilan arrêté au 13 octobre fait état d’un million d’hectares certifiés, soit 20 % de l’objectif de cinq millions d’hectares. Sur les six indicateurs liés aux décaissements, l’AFOR en a réalisé quatre, pour un taux de décaissement de 63,5 % au 30 juin 2026. Quatre cibles devront cependant être révisées pour tenir compte des réalités du terrain. La Banque mondiale insiste notamment sur la nécessité de revoir le mode de rémunération des opérateurs fonciers afin de favoriser la certification des petites superficies, un enjeu essentiel pour ne pas laisser les détenteurs de parcelles modestes en marge du processus.
Restituées au cabinet du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, sous la présidence du directeur de cabinet adjoint, Gba Téan, les conclusions soulignent également la nécessité de renforcer les sauvegardes sociales et environnementales, notamment la collecte et le traitement des plaintes ainsi que la sécurité routière. La poursuite de la dématérialisation des procédures figure aussi parmi les priorités. La mission a salué la participation des différentes parties prenantes, jugée favorable au dialogue et à la recherche de solutions adaptées.
Pour consolider ces acquis, la Banque mondiale recommande l’opérationnalisation de l’Observatoire national du foncier rural (ONFR), du Comité interministériel de la sécurisation foncière rurale (CISFOR), du Comité technique de suivi (CTS) du Plan national de sécurisation foncière rurale (PNSFR) 2023-2033 et de la Commission interministérielle de la sécurisation foncière (CISF). Elle préconise également une stratégie durable de financement du PNSFR, une table ronde des bailleurs, l’harmonisation des politiques foncières et une meilleure coordination des administrations. L’opérationnalisation de l’Identifiant unique du foncier de Côte d’Ivoire (IDUFCI), le partage des données domaniales et cadastrales détenues notamment par le ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, le cadastre et l’AGEROUTES, ainsi qu’une réflexion sur la durabilité du certificat foncier sont également attendus.
Gba Téan a remercié la Banque mondiale pour son accompagnement technique et financier, avant de féliciter Marc Koffi Gnalhey, directeur général de l’AFOR, pour les résultats obtenus et de l’encourager à poursuivre les efforts. Mis en œuvre par l’AFOR de 2024 à 2029, le PRESFOR vise à délimiter 1 447 territoires villageois et à délivrer 500 000 certificats fonciers pour sécuriser cinq millions d’hectares dans 16 régions administratives, couvrant 52 départements, 218 sous-préfectures et 3 353 villages. La prochaine mission de suivi de la Banque mondiale est prévue au premier trimestre 2027.
OG


