Sur une col : Verrou sécuritaire et pragmatisme
C’est un constat que l’actualité ivoirienne confirme de jour en jour : la coopération militaire entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis s’est nettement renforcée ces dernières années.
Elle repose sur plusieurs axes : équipement militaire, formation des soldats, exercices conjoints et partenariat stratégique dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
La récente visite de travail au Pentagone, du 21 au 27 février 2026, du chef d’état-major général des armées, le général d’armée Lassina Doumbia, s’inscrit clairement dans cette dynamique. Elle fait du reste suite aux relations de plus en plus étroites que notre pays, à travers son ministère de la Défense, entretient avec l’Oncle Sam.
C’est que, aux yeux de la première puissance militaire du monde, dans une région ouest-africaine secouée par les coups d’État, les insurrections militaires et les vulnérabilités institutionnelles – incarnés par la nébuleuse AES – la Côte d’Ivoire, sous la conduite lucide de son premier garant, Alassane Ouattara, fait figure d’exception.
La grande Amérique a eu en effet le temps d’observer que depuis plus d’une décennie, le pouvoir de l’ancien directeur général du FMI a fait un choix clair et assumé : verrouiller l’espace sécuritaire pour préserver la stabilité de l’État.
C’est un choix sans ambigüité né d’un traumatisme connu de tous. Celui de la crise postélectorale de 2010-2011, qui a plongé le pays dans le chaos, fait des milliers de morts et menacé l’existence même de l’État ivoirien. Depuis ce moment, une conviction s’est imposée au sommet du pouvoir d’Abidjan : plus jamais ça !
D’autant que derrière la sécurité, il y a un enjeu plus large et peut-être plus réaliste pour les populations : la protection de l’économie et du tissu social. La croissance, les investissements, les infrastructures et la transformation du pays reposant sur un socle simple : la paix sociale. Aucun investisseur ne s’installe durablement dans un pays où l’État vacille au moindre éternuement de ses voisins. Et Dieu seul sait que ce sont de véritables secousses épileptiques qui rythment la vie quotidienne de certains pays qui nous entourent.
La vérité est donc simple : un État fort se construit avec des institutions solides, une économie dynamique et une armée capable de défendre la nation. En consolidant son partenariat militaire avec Washington, Abidjan envoie un signal clair : la sécurité du pays ne sera jamais abandonnée aux improvisations politiques, aux errements de certains adeptes en Kaki d’un populisme naïf et rétrograde.
Dans une Afrique de l’Ouest où les institutions tombent parfois en une nuit sous la pression des armes, la Côte d’Ivoire a choisi une autre voie : un État fort, une sécurité assumée et un pouvoir qui ne s’excuse pas de défendre l’ordre.
La Côte d’Ivoire a bel et bien choisi le discernement. Et c’est précisément ce choix qui est en train de faire la différence.
KORE EMMANUEL
