Transport aérien : La Côte d’Ivoire veut s’imposer comme hub régional

Transport aérien : La Côte d’Ivoire veut s’imposer comme hub régional
L’atelier marque une étape importante dans la volonté du gouvernement ivoirien de positionner le pays comme un acteur majeur de l’aviation en Afrique

La Côte d’Ivoire affiche ses ambitions : devenir le carrefour aérien incontournable de l’Afrique de l’Ouest. Le 9 avril 2026, la Maison de l’entreprise au Plateau a accueilli l’atelier national sur la compétitivité du transport aérien, organisé par la Direction générale du Transport aérien (DGTA). Autorités, compagnies aériennes, experts et partenaires se sont réunis pour tracer une feuille de route destinée à renforcer l’attractivité et la performance du secteur.

A l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet Coné Dioman, représentant le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a souligné que le transport aérien est un secteur stratégique pour la Côte d’Ivoire, moteur de croissance et d’intégration régionale. Sur cette lancée, il a rappelé les progrès réalisés : plus de 2,5 millions de passagers en 2025 à l’aéroport d’Abidjan, une hausse de 7 % du fret, et des résultats financiers positifs pour Air Côte d’Ivoire.

Le directeur de cabinet a insisté sur les défis persistants : concurrence accrue entre hubs ouest-africains, nécessité d’optimiser le cadre fiscal et réglementaire, modernisation des infrastructures et alignement sur les normes internationales. L’objectif de l’atelier, a-t-il relevé, est de faire d’Abidjan un hub aérien de référence en Afrique de l’Ouest, attractif pour les compagnies, accessible pour les voyageurs et compétitif pour les investisseurs.

« Les décisions que nous prendrons aujourd’hui et demain comptent pour bâtir un transport aérien ivoirien plus fort, plus compétitif et plus durable (…) La Côte d’Ivoire doit prendre toute sa part dans la trajectoire de croissance du transport aérien africain », a-t-il fait savoir.

Le DGTA Ahmed Djibril Coulibaly a insisté sur la mobilisation collective : administrations, compagnies aériennes, agences de voyages et entreprises d’État travaillent ensemble pour proposer des réformes fiscales, douanières et opérationnelles. L’objectif est clair : réduire les coûts pour les usagers, améliorer la qualité de service et assurer la durabilité de l’aviation civile.

Dr Paul-Antoine Ganemtore, expert de l’Union africaine et de la CAFAC, a salué l’initiative ivoirienne, conforme aux recommandations de l’OACI et au Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA). Il a affirmé que « la Côte d’Ivoire est en passe de devenir un hub régional majeur du transport aérien en Afrique de l’Ouest », tout en appelant à des investissements ambitieux et à une stratégie environnementale forte.

Pour le directeur régional de l'OACI pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale, Romain Ekoto, l’atelier permettra d'établir un diagnostic partagé afin de mieux comprendre les contraintes structurelles du secteur, la fiscalité, le niveau des coûts d'exploitation, la qualité de la productivité ou encore les conditions d'accès au marché. Mais surtout, il doit aller au-delà du diagnostic car « la compétitivité ne se décrète pas ».

Les recommandations issues de l’atelier nourriront la politique nationale du transport aérien et seront soumises au gouvernement pour mise en œuvre.

Yves Kalou