AG du 6 décembre 2025, bourses, budget 2026, crises dans les fédérations,… : Le CNO-CIV clarifie sa position face au « Groupe Solidarité »
Le Comité National Olympique de Côte d’Ivoire (CNO-CIV) a tenu une conférence de presse ce samedi à son siège des 2 Plateaux-Vallons, afin de répondre aux allégations formulées par un groupe de présidents de fédérations olympiques se désignant comme le « Groupe Solidarité ». Cette rencontre avec la presse a été animée par Mme Nadège Namama Fadiga Allangba, Présidente de la commission communication du CNO-CIV. Autour d'elle se trouvaient les vice-présidents Allah-Kouamé, Stéphane Ouégnin et Mme Suzanne Wolber, la directrice exécutive Mme Aminata Fofana Sidibé, le secrétaire général Jeannot Kouadio, et le trésorier général Pr Alfred Karou. L’objectif de cette prise de parole était de « démonter les arguments et les griefs » de ce groupe, tout en expliquant « avec force détails les crises que connaissent les huit fédérations réunies au sein de ce groupe ».
Dès l'ouverture, l'instance olympique ivoirienne a « dénoncé vigoureusement ces allégations dénuées de tout fondement, dont le seul but est de déstabiliser la dynamique positive impulsée depuis l’avènement du président Georges Joseph N’Goan ». Il a été précisé que le Comité National Olympique n’intervient jamais de sa propre initiative dans les affaires des fédérations, mais agit « après saisine du ministère des Sports aux fins de réguler les crises conformément à ses missions et à la Loi sur le sport de 2014 ».
La conférence de presse a permis aux responsables du CNO-CIV de revenir sur les principaux points soulevés par le « Groupe Solidarité », notamment concernant l’assemblée générale de décembre 2025, le budget 2026 et les bourses olympiques.
L’Assemblée Générale du 6 décembre 2025 : Un quorum atteint malgré le boycott
Concernant les « manquements lors de l’assemblée générale (décembre 2025) » et le « climat d’exclusion » dénoncés par le « Groupe Solidarité », Mme Allangba a apporté des clarifications. Elle a expliqué : « Conformément aux stipulations de l’article 15 des statuts, l’assemblée générale a été convoquée par le Comité Exécutif un mois avant la date de l’assemblée générale qui s’est tenue le 6 décembre 2025 ». Elle a ajouté que « Étaient joints à la convocation, l’ordre du jour, les rapports d’activités, les comptes annuels audités, les rapports du commissaire aux comptes et de l’auditeur externe indépendant ».
Il a été souligné que « Les Fédérations sportives qui constituent aujourd’hui le Groupe Solidarité qui ont été dûment convoquées ont boycotté l’assemblée générale du 6 décembre 2025 ». Parmi ces fédérations figurent la Fédération ivoirienne de Badminton, la Fédération Ivoirienne Escrime, la Fédération Ivoirienne de Gymnastique, la Fédération Ivoirienne de Lutte, la Fédération Ivoirienne de Pentathlon Moderne, la Fédération Ivoirienne de Pirogue, canoë-kayak et Aviron, la Fédération Ivoirienne de Rugby, la Fédération Ivoirienne de Tennis de Table, la Fédération Ivoirienne de Tir à l’Arc, et la Fédération Ivoirienne de Volley-ball.
« C’est donc à tort que le Groupe Solidarité parle de climat d’exclusion », a affirmé la Présidente de la commission communication. Quant au « doute du quorum », elle a précisé que « Si ces membres n’avaient pas boycotté l’assemblée générale, ils auraient constaté que le quorum avait été atteint. En effet, l’appel nominatif des présents a fait ressortir dix-huit membres actifs présents à l’assemblée générale du 6 décembre 2025 sur les trente et un membres qui composent le CNO-CIV ». La présence de Monsieur Ibrahim Coulibaly, Conseiller Technique du Ministre des Sports, et de Madame Gninkibo Obou Lydie, représentante de la Direction de la Vie fédérale et du Sport de Haut Niveau, a été citée comme preuve que « le quorum était largement atteint ».
Budget 2026 et bourses olympiques : Transparence et processus établis
Concernant l’« opacité du budget 2026 record de 2,1 Milliards », les responsables de l'instance olympique ont été « très clairs sur la question ». Le trésorier général, Pr Alfred KAROU, a expliqué que « Le budget de 2,100 milliards de FCFA était exceptionnel, en raison des Jeux olympiques de la Jeunesse qui auront lieu pour la première fois en Afrique, à Dakar, au Sénégal ». Il a été rappelé que « Pour tous les membres et les journalistes présents à l’Assemblée générale ordinaire, du 6 décembre 2025, le trésorier général du CNO-CIV, Pr Alfred Karou a donné les moindres détails. Étant absents de l’assemblée générale du 6 décembre 2025, les membres du Groupe Solidarité sont mal placés pour affirmer qu’aucun détail n’avait été donné sur le budget ».
Sur l’accusation de « clientélisme des Bourses olympiques », le Comité National Olympique a tenu à « relever que ce n’est pas le CNO-CIV qui attribue les bourses pour « Los Angeles 2018 » ». Le rôle de l'organisation est de « sélectionner les postulants ». Un processus rigoureux est en place : « Pour la sélection des postulants pour les bourses olympiques, le CNO-CIV a pris soin de mettre en place une commission pour la sélection des postulants. Cette commission était composée du Ministère en charge des Sports (DGS), de la Commission des Athlètes et du CNO-CIV ». La liste est ensuite transmise à la Solidarité Olympique via l’ACNOA. « Parler, dès lors, de clientélisme relève de la pure mauvaise foi », a conclu l'instance. Les allégations de « violation systématique des statuts » ont été réfutées, les responsables affirmant que « Les rapports moraux et financiers ont toujours été communiqués conformément aux stipulations des statuts, aux membres actifs, lors de la tenue des assemblées générales ».
Le rôle du CNO-CIV : Une intervention légale et sollicitée
Le Comité National Olympique a réfuté l’accusation de « divorce avec la « Base sportive » » et d’« immixtion répétée dans les affaires internes des fédérations ». Il a été rappelé que, selon la Charte olympique et la loi de 2014 relative au sport, l'organisation est chargée notamment « de développer et de protéger le mouvement olympique ; de propager au niveau national les principes fondamentaux de l’Olympisme, d’assurer le respect de la Charte olympique ».
Les intervenants ont insisté sur le fait que « Bien que ces textes lui en donnent le droit, le CNO-CIV, ne s’est jamais auto-saisi des dossiers des fédérations olympiques pour faire quoique ce soit lorsqu'il y a des crises au sein des fédérations olympiques. C’est toujours le ministère des Sports qui saisit le CNO-CIV par courrier et qui lui enjoint de régler le problème ».
Des exemples concrets ont été cités : « Ainsi pour la fédération de Boxe, c’est le Ministère des Sports qui a demandé au CNO-CIV de régler la crise au sein de cette fédération ». Pour la fédération de Rugby, « le CNO-CIV a été saisi par le Ministère des Sports. Le rapport sur le Rugby a été remis au ministère des Sports début janvier ». Il a été souligné que le 29 janvier 2026, le Ministère des Sports a institué un « Comité Bipartite » pour le règlement des litiges au sein des fédérations olympiques, composé de membres du Ministère des sports et du CNO-CIV. « C’est ce 29 janvier 2026 que le Ministère a donné la liste des fédérations concernées. Il est donc inexact d’affirmer que c’est le CNO-CIV qui effectue une immixtion répétée dans les affaires internes des fédérations sportives », a précisé l'instance.
Les crises des fédérations : Des problèmes internes et des présidents épinglés
Le Comité National Olympique a exposé en détail les crises qui secouent huit fédérations sportives citées par le ministère des Sports, révélant un ensemble de dysfonctionnements souvent liés à des dérives de gouvernance, des irrégularités électorales et des accusations de fraude impliquant plusieurs présidents, dont certains affiliés au « Groupe Solidarité ».
À la Fédération de judo, le président a transformé une assemblée générale ordinaire, convoquée le 14 janvier 2024, en assemblée extraordinaire afin de modifier les statuts, notamment les conditions d’éligibilité. Il est également accusé d’avoir introduit des clubs fictifs dans le collège électoral. L’instance arbitrale du CNO‑CIV a annulé les assemblées générales des 14 janvier et 16 novembre 2024, laissant la fédération sans direction ni textes valides, et saisissant le Comité Bipartite.
La Fédération de rugby fait face à des accusations graves : utilisation d’un chèque fédéral pour l’achat d’un véhicule personnel, chèque revenu impayé, plainte du vendeur, puis dépôt de plainte des membres actifs le 9 mars 2026 pour détournement de fonds, assorti d’une demande de démission du président.
Au Canoë‑kayak, Pirogue et Aviron, le mandat du président est expiré depuis un an sans élection, tandis qu’un certificat de nationalité falsifié lui est reproché. Une plainte pour faux et usage de faux a été déposée, et le renouvellement est désormais encadré par le Comité Bipartite.
La Fédération ivoirienne de tennis de table, dont le président est porte‑parole du Groupe Solidarité, est accusée d’avoir empêché des membres d’accéder à l’assemblée générale du 21 décembre 2025, d’avoir tenu la séance sans quorum et d’avoir affilié frauduleusement six clubs. Les membres exigent sa démission.
La Fédération de badminton, quant à elle, ne répond pas aux exigences légales de 2014 et 2024, ses statuts étant jugés contraires aux dispositions encadrant les fédérations sportives nationales.
Les fédérations de natation et de boxe sont toutes deux frappées par un bicéphalisme, entraînant pour la boxe la suspension de l’agrément et de la parafiscalité. Le CNO‑CIV a été chargé de résoudre ces crises. Au Taekwondo, les décisions de la dernière assemblée générale sont contestées par un groupe de membres actifs.
En conclusion, le CNO‑CIV souligne que la majorité des fédérations en crise appartiennent au Groupe Solidarité et réaffirme n’avoir joué aucun rôle dans la création de ces tensions. L’audition menée par la commission bipartite du ministre Adjé Silas Metch vise désormais à clarifier les responsabilités et restaurer l’ordre, dans le respect des principes olympiques et des lois ivoiriennes.
OUATTARA Gaoussou
