C’que je pense : La tournée de Motsepe

C’que je pense : La tournée de Motsepe

Je vais être direct. La tournée du Dr Patrice Motsepe au Sénégal puis au Maroc, dans la foulée de la tempête CAN 2025, n'était pas un simple voyage de courtoisie. C'était un acte politique. Un acte de leadership. Et personnellement, je l'ai lu comme tel dès le départ.

Quand le président de la CAF décide de se déplacer lui-même, de poser ses pieds à Dakar et à Salé, il veut dire à tous que « cette maison, c'est la mienne, et je la protège ». Il ne délègue pas. Il ne communique pas par communiqué interposé. Il vient. Et ça, dans notre contexte africain, ça parle. Ça pèse. Un président qui se déplace, c'est un président qui assume.

Cette tournée avait deux missions distinctes, mais profondément indissociables.

La première, c'est la pacification. Le football africain sortait d'une finale chaotique, d'une décision de Jury d'appel explosive, d'accusations tous azimuts entre fédérations, gouvernements et instances. Il fallait quelqu'un pour descendre dans l'arène, parler aux deux camps, regarder les hommes dans les yeux et calmer les esprits. Motsepe l'a fait avec une sobriété que j'ai trouvée remarquable. Pas de triomphalisme côté marocain. Pas de condescendance côté sénégalais. Un discours d'amour, d'unité, de fraternité continentale. « Nous ne laisserons jamais le football nous diviser. » Cette phrase résume à elle seule tout le sens du périple. C'est un père de famille qui rappelle à ses enfants que la maison reste debout, quoi qu'il arrive.

La deuxième, c'est celle qui consiste à imposer le respect à son institution. Quand le gouvernement sénégalais réclame, le 18 mars, une enquête internationale pour corruption à la CAF, la réponse de Motsepe est celle d'un homme qui n'a rien à cacher et qui ne recule pas. « Si quelqu'un veut engager une action en justice en alléguant qu'il y a de la corruption à la CAF, non seulement je l'accueille favorablement, mais je l'encourage. Il n'y a rien à cacher. » Ce n'est pas de la bravade. C'est de la confiance institutionnelle assumée. C'est un président qui dit clairement : attaquer la CAF sans preuves ne passera pas. La diffamation ne tient pas lieu de politique sportive. Les textes réglementaires ont été appliqués. Le Sénégal a saisi le TAS, dans son droit le plus absolu. Qu'on laisse la justice sportive faire son travail.

Ce que j'admire profondément dans cette posture, c'est l'équilibre rare entre humanité et fermeté. Il est allé vers les vaincus comme vers les vainqueurs. Il a parlé de valeurs universelles. Mais il a aussi tracé une ligne rouge que nul ne saurait franchir impunément.

Motsepe a rappelé une vérité simple mais fondamentale. Une institution ne vaut que si ceux qui la dirigent ont le courage de la défendre. Il l'a défendue. Avec hauteur. Avec classe.

OG