Filière mangue : Bruno Koné annonce des mesures vigoureuses pour la reconquête du marché européen
La Côte d’Ivoire engage la riposte pour reconquérir le marché européen de la mangue. Face à la suspension, depuis le 1er août 2026, des importations de mangues fraîches ivoiriennes par l’Union européenne, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a annoncé, le jeudi 15 octobre, une série de mesures pour sécuriser la prochaine campagne et rétablir les exportations.
Lors d’une conférence de presse à son cabinet, en présence des organisations professionnelles et des représentants des producteurs, il a assuré que « cette situation est prise en main » par le gouvernement. Cette suspension fait suite à la recrudescence des interceptions de lots de mangues contaminés par la mouche des fruits, un organisme nuisible soumis aux exigences phytosanitaires européennes.
Après 32 lots interceptés en 2024, puis 12 en 2025, la Côte d’Ivoire a enregistré 27 interceptions en 2026. Selon le ministre, 15 % des exportateurs concentrent plus des deux tiers des interceptions, tandis que le fret aérien, qui représente 2 % des exportations, est à l’origine de près d’un quart des cas. Pour corriger ces manquements, le gouvernement a décidé d’écarter 15 exportateurs et neuf stations de conditionnement de la campagne 2027.
Trente-trois exportateurs et 34 stations ont été retenus sur la base de critères définis. Les expéditions par voie aérienne sont également suspendues pour la prochaine campagne. En parallèle, 3,5 milliards de FCFA seront mobilisés pour le traitement phytosanitaire des 20 000 hectares du verger national. Plus de trois millions de pièges seront déployés avant la prochaine floraison. Le dispositif prévoit également le renforcement des contrôles, une meilleure traçabilité des lots, la création d’une Cellule nationale de suivi et de sécurisation des exportations ainsi qu’un audit indépendant du système ivoirien de protection phytosanitaire.
Bruno Koné a insisté sur l’application uniforme des nouvelles règles à tous les opérateurs. « Ceux qui s’y conformeront seront accompagnés. Ceux qui s’en affranchiront seront écartés », a-t-il prévenu. L’objectif est de réunir les conditions d’une reprise des exportations dès la campagne 2027. Sans avancer de date ferme, le ministre a indiqué que des échanges étaient engagés avec la Commission européenne pour évaluer les mesures annoncées. « Nous ne demandons aucune faveur. Nous demandons que les efforts engagés soient regardés, sur place et à temps », a-t-il déclaré. La filière mangue représente environ 5 000 producteurs, 100 000 emplois et plus de 7 milliards de FCFA de revenus annuels pour les producteurs. Pour le gouvernement, l’enjeu est donc de restaurer l’accès au marché européen tout en préservant les intérêts des producteurs et la réputation de la mangue ivoirienne.
Rahoul Sainfort


