Interview-Almami Diabaté (président de la Fondation Djeni Kobina) : « Nous ne devons jamais oublier d’où nous venons »
Contre vents et marées, Almami Diabaté, président de la Fondation Djeni Kobina, lutte pour la préservation de la mémoire du premier secrétaire général du RDR. A quelques jours du 28e anniversaire de la disparition de ce compagnon de lutte du Président Alassane Ouattara, Almami Diabaté revient sur le combat politique de l’illustre disparu.
Le Patriote : Dans quelques jours, ce sera le 28e anniversaire du décès de Djeni Kobina. Vous qui l’avez connu, quels souvenirs gardez-vous de lui ?
Almami Diabaté : Djeni Kobina est un homme exceptionnel, un stratège politique. Pour moi, il était un père spirituel. Son départ m’a profondément marqué et j’ai encore du mal à m’en remettre. C’est très difficile pour moi de parler de lui, même 28 ans après son rappel à Dieu. Parfois, certaines personnes me demandent ce qu’un mort peut encore faire pour moi. Je leur réponds qu’il a énormément fait, et cela ne peut être oublié. Djeni Kobina était un homme. Bien que n’étant pas musulman, il était aimé et estimé par de nombreux musulmans, partout en Côte d’Ivoire. À son décès, quelque chose m’a particulièrement marqué. Dans les mosquées de Côte d’Ivoire, des prières ont été formulées en sa mémoire. La communauté musulmane a tenu à invoquer la bénédiction d’Allah pour lui. Cela montre toute l’estime que les fidèles lui portaient.
LP : Aujourd’hui, peut-on dire que son combat a porté ses fruits ?
AD : Son combat a largement porté ses fruits. Regardons où nous en sommes aujourd’hui : nous sommes au pouvoir d’Etat, avec son mentor, notre mentor Alassane Ouattara. Djeni Kobina a été le premier secrétaire général du Rassemblement des républicains (RDR), qui est devenu un parti politique majeur en Côte d’Ivoire. Avant même la création du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le RDR disposait déjà d’une forte implantation politique, notamment par ses victoires aux élections municipales et législatives . La création du RHDP a également constitué une évolution importante. Cependant, il faut reconnaître que le RDR avait déjà acquis une place solide dans le paysage politique national.
C’est grâce à la résilience de Djéni Kobina et de ses compagnons que ce parti a pu se développer. Le RDR a notamment réussi à disposer d’un groupe parlementaire dès ses débuts, ce qui constituait, à mes yeux, une performance remarquable. J’en conserve encore les preuves, notamment la liste des membres de ce groupe parlementaire.
LP : Qu’est-ce qui est prévu pour ce 28e anniversaire ?
AD : La commémoration se déroule généralement dans un esprit familial. Nous nous retrouvons pour nous recueillir et participer à une messe, comme nous en avons l’habitude. L’objectif est de préserver le souvenir de Djéni Kobina et de lui rendre hommage.
Pour cette commémoration, en plus des prières nous prévoyons une petite cérémonie à sa stèle, le 29 novembre. Ce sera une occasion de nous retrouver, de nous souvenir de lui et de lui rendre hommage. Je tiens à remercier le député-maire d’Adjamé, Farikou Soumahoro, qui a compris le sens de notre action, ainsi que les autres cadres du RHDP qui gardent encore en estime celui que nous appelions le « Fama ». Farikou Soumahoro m’a accordé l’autorisation nécessaire à l’organisation de cette cérémonie. Il était lui-même proche de Djéni Kobina, et je lui exprime toute ma reconnaissance pour son soutien.
LP : Qui est invité à cette cérémonie du 29 novembre ?
AD : Tout le monde est invité à prendre part à cette commémoration. Nous souhaitons notamment la présence de la direction du RHDP, de ses relations personnelles, ainsi que des représentants des partis politiques qui entretenaient des relations avec lui. Je compte également me rapprocher des militants afin de les mobiliser pour que nous puissions organiser une cérémonie, certes modeste, mais digne de sa mémoire. Pour moi, nous ne devons jamais oublier d’où nous venons. C’est très important. Lorsqu’on connaît ses origines et le chemin parcouru, on est mieux préparé à faire face aux difficultés et à gérer les responsabilités. Nous ne devons jamais oublier d’où nous venons. C’est le message que je souhaite transmettre.
Réalisée par Thiery Latt


