Man : La poésie utilisée comme levier de l'éveil des consciences à l’Université polytechnique
À l’Université polytechnique de Man, la littérature s’est invitée au cœur de l’actualité académique. Mardi 24 février 2026, l’amphithéâtre 2 de l’institution a servi de cadre à une cérémonie mêlant reconnaissance institutionnelle et engagement littéraire, à l’occasion de la présentation des vœux de nouvel an au président de l’université et de la dédicace de son recueil de poèmes intitulé "Le réveil des vauriens". Dans une atmosphère empreinte de solennité, les collaborateurs du professeur Lacina Coulibaly ont adressé leurs vœux de santé, de longévité et de réussite à celui qui dirige l’institution.
Enseignant-chercheur en Sciences agronomiques et ingénierie environnementale, il s’est progressivement imposé comme une figure académique respectée, mais également comme un auteur engagé dont la plume explore les questions sociales, environnementales et politiques. La présentation de l’ouvrage a été assurée par Dr Diarrassouba Drissa, qui a d’emblée souligné la portée militante du recueil.
Structuré en deux parties, Le réveil des vauriens et "La censure", l’ouvrage regroupe 102 poèmes répartis sur 269 pages. Publié en juillet 2024 aux éditions Flash-Press, il se veut, selon le présentateur, un cri lancé à ceux que la société marginalise ou réduit au silence. « Cette poésie ne berce pas, elle interpelle », a-t-il affirmé, mettant en avant une écriture qui refuse la complaisance et invite à la réflexion. La lecture d’extraits du poème L’Afrique vaillante a suscité une vive émotion dans la salle. À travers des vers dénonçant les injustices et les héritages pesants de l’histoire, l’auteur esquisse également l’espérance d’une Afrique capable de se réinventer et de reprendre la maîtrise de son destin. Les applaudissements nourris ont traduit l’adhésion d’un public sensible à la force du message.
Prenant la parole, le professeur Lacina Coulibaly est revenu sur le sens du titre de son œuvre. « Nous sommes tous vauriens, selon le regard que l’on pose sur nous », a-t-il déclaré, invitant chacun à dépasser les jugements hâtifs et à interroger les récits dominants. Pour lui, l’écriture constitue un espace de liberté, un moyen d’exprimer une pensée sans contrainte immédiate, laissant au lecteur le temps de l’appropriation et de l’interprétation. Les échanges avec les étudiants ont enrichi la rencontre, notamment autour des images poétiques et de leur pluralité de sens. L’auteur a rappelé que la poésie n’impose pas une vérité unique, mais ouvre des perspectives.
Junior Oulai (Correspondant)
