Premier bien culturel ivoirien restitué par la France à la Côte d’Ivoire : Le Tambour parleur Atchan Djidji Ayôkwè est là !

Premier bien culturel ivoirien restitué par la France à la Côte d’Ivoire : Le Tambour parleur Atchan Djidji Ayôkwè est là !
La ministre de la Culture (Ph1), les chefs Atchans, les autorités administratives et diplomatiques... ont accueilli le tambour dans la pure tradition Atchan. Une présentation officielle au public aura lieu avant son installation au Musée des civilisations au Plateau-Abidjan (Ph2)

« Ton retour est un message fort pour nos jeunes qui ont décidé de s’approprier leur histoire, pour les communautés qui retrouvent leur Djidji Ayôkwè, symbole de cohésion sociale, de paix, de dialogue. Ton retour est aussi une victoire du leadership du Président de la République (Ndlr : Alassane Ouattara), pour toute la Nation. Djidji Ayôkwé, bon retour chez toi ». Ces propos, teintés d’émotions, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Mme Françoise Remarck, les a tenus hier vendredi 13 mars 2026, sur le parvis du pavillon présidentiel de l’aéroport Felix Houphouët-Boigny de Port-Bouët-Abidjan. C’était à l’occasion de la cérémonie sobre, mais hautement symbolique et historique, de l’accueil du Djidji Ayôkwè, le tambour parleur sacré de la communauté Atchan, particulièrement, la phratrie Bidjan.

 

Un retour au bercail après 110 ans

Confisqué en 1916 et emporté en France en 1930, le Djidji Ayôkwè revient ainsi en Côte d’Ivoire, restitué par la France, après 110 ans d’absence.

En présence de la chefferie des villages Atchans, de plusieurs autorités administratives et diplomatiques ainsi que des médias, Françoise Remarck pouvait laisser transparaître toute sa satisfaction pour l’aboutissement du processus de la restitution du premier bien culturel, sur les 148 demandés par la Côte d’Ivoire.  « Ce jour du 13 mars 2026 est historique et je ressens une profonde émotion. Nous vivons un moment de justice et de mémoire qui marque enfin le retour du Djidji Ayôkwè sur sa terre d’origine », a rapporté la première responsable de la culture en Côte d’Ivoire.

La ministre n’a pas, non plus, manqué de rappeler que cette restitution fait suite à la signature, le 20 février 2026, au Musée du quai Branly- Jacques Chirac à Paris, de l’acte de transfert de propriété et de remise matérielle de cet objet patrimonial entre elle et son homologue française Rachida Dati.  Tout aussi, après un long marathon diplomatique, administratif, technique et mémoriel qui portent la marque de l’engagement et le leadership du premier citoyen ivoirien, le Président Alassane Ouattara, ainsi que la coopération étroite avec son homologue français, Emmanuel Macron.

Danse guerrière Tchaman d'Anoumanbo

Aussi a-t-elle salué les actions du Premier ministre Robert Beugré Mambé, «pour son implication personnelle à toutes les étapes du processus». Françoise Remarck a également salué l’ensemble du gouvernement pour la solidarité gouvernementale, sans oublier toutes les parties prenantes au processus dont l’aboutissement est le retour de ce précieux bien culturel, désormais, au bord de la Lagune Ebrié.

Bien que la cérémonie se voulait sobre, un pan du rituel traditionnel a été, tout de même, au rendez-vous avec la présence massive des têtes couronnées de la communauté Atchan et la danse guerrière Tchaman d’Anoumabo.

Le tout, pour souhaiter le traditionnel « Akwaba », « Nanci », bienvenue, à Djidji Ayôkwè, dans une ambiance de tambours, de castagnettes et de chants.

 

Le leadership gagnant du chef de l’Etat !

Emballé dans une caisse, le tambour sacré, après ce rituel de bienvenue, a été conduit, selon la ministre, « dans un espace sécurisé pour une phase d’acclimatation, conformément au protocole établi entre le musée du quai Branly et le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire, avant sa présentation officielle au public et son installation définitive », au Musée des civilisations au Plateau-Abidjan.

Symbole de cohésion sociale, de paix et de dialogue, Djidji Ayôkwè, servait d’outil de communication, il rythmait la vie communautaire des Bidjans.

Jean Antoine Doudou