Rapatriement de migrants : 150 Ivoiriens de retour du Niger accueillis à Abidjan
La Côte d’Ivoire poursuit ses efforts pour assister ses ressortissants en difficulté à l’étranger. Dans cette dynamique, 150 migrants ivoiriens en provenance du Niger, de l'Algérie et de la Tunisie ont été accueillis, hier lundi 9 mars à l’aéroport d’Abidjan-Port-Bouët, lors d’une opération coordonnée par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur. Ils ont traversé le désert, affronté l’incertitude et parfois frôlé la mort. Plusieurs d’entre eux ont livré des témoignages poignants sur les dangers de l’émigration clandestine. Cette opération de retour volontaire a été organisée avec l’appui de partenaires tels que l’Union européenne, Expertise France et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Le groupe est composé de 134 hommes, 13 femmes et 3 enfants. Il s’agit, selon le ministère délégué auprès du ministère d'État, ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale chargé de l'intégration africaine et des Ivoiriens de l'extérieur, du troisième rapatriement organisé depuis le début de l’année 2026, après le retour de 149 migrants du Niger et de 145 autres de la Tunisie.
Le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Dr Gaoussou Karamoko, a indiqué que cette action s’inscrit dans la vision des autorités ivoiriennes visant à ne laisser aucun compatriote en difficulté à l’étranger. Selon lui, l’État, avec l’appui de ses partenaires, organise le retour des Ivoiriens qui sollicitent une assistance afin de favoriser leur réintégration et leur autonomisation en Côte d’Ivoire.
Parmi les migrants rapatriés, leur porte-parole, Mlle Koffi Aya, 35 ans, a exprimé sa gratitude aux autorités ivoiriennes pour leur soutien. Elle a également lancé un appel en faveur des compatriotes encore bloqués au Niger, en Algérie ou en Tunisie, évoquant les conditions de vie difficiles dans ces pays et les drames vécus au cours de cette aventure migratoire. Comme elle, Hervé Mémel Agnimel (34 ans) a raconté les dangers de la traversée du désert entre le Mali et l’Algérie, une expérience qui lui a coûté plus d’un million cinq cent mille francs CFA. « C’est un chemin très dangereux où l’on peut perdre la vie », a-t-il averti, déconseillant aux jeunes de s’engager dans l’émigration clandestine. Il est bon de rappeler que les autorités ivoiriennes ont assuré que ces migrants bénéficieront d’un accompagnement pour faciliter leur réintégration sociale et économique.
Malaoua Bertin
