Top 10 des plus fortes économies africaines avec 100 milliards de dollars de PIB : La Côte d’Ivoire en bonne place
A partir de cette année, la Côte d’Ivoire va franchir un nouveau palier dans la consolidation de sa croissance économique. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le pays devrait dépasser pour la première fois les 100 milliards de dollars de PIB nominal, rejoignant ainsi le cercle restreint des dix plus grandes économies africaines
Concernant les dix principales économies africaines, si les rythmes de croissance devaient diverger, le classement ne devrait pas connaître de bouleversements majeurs. Toutefois, plusieurs facteurs pourraient influencer l’évolution des produits intérieurs bruts (PIB) des États entre 2025 et 2030. Ce classement repose sur le PIB, c’est-à-dire la richesse créée dans chaque pays sur une année, selon les données du FMI. Les calculs et projections sont exprimés à prix courants (valeur nominale), en mesurant la valeur marchande des biens et services aux prix du marché, puis en les convertissant en dollars américains pour faciliter la comparaison.
Sur la base de ces données exprimées en valeur nominale, il est possible d’identifier les dix pays les plus riches d’Afrique, dont la position reflète à la fois leur poids démographique, leurs ressources naturelles et la diversification de leurs économies.
Ainsi les 10 pays les plus riches d’Afrique sont, globalement, les plus peuplés du continent (Nigeria, Ethiopie et Egypte), riches en ressources naturelles (Afrique du Sud, Maroc), disposant d’importantes ressources d’hydrocarbures (Algérie, Nigeria et Angola), riches en ressources agricoles (Côte d’Ivoire, Ethiopie, Kenya, Tanzanie, Maroc, Afrique du Sud) et ayant des économies diversifiées (Afrique du Sud, Maroc, Egypte, Nigeria).
Points clés de l'économie ivoirienne
La Côte d'Ivoire s’impose comme la première puissance économique de l’UEMOA, contribuant à 40 % du PIB de l’Union. Le pays contribue à 42% des exportations de la zone et abrite la base industrielle la plus développée. Leader mondial sur les marchés du cacao (39 % de part de marché en 2024) et de l’anacarde (40 % de la production mondiale en 2023), la Côte d’Ivoire s’appuie sur une économie diversifiée : un secteur primaire (14,8% du PIB en 2024) dominé par l’agriculture, un secteur secondaire (23,7 % du PIB en 2024) centré sur l’industrie extractive, l’énergie, l’agroalimentaire et le BTP, et un secteur tertiaire majoritaire (61,6 % du PIB), tiré par les télécommunications, les transports, le commerce et les services financiers.
Depuis 2012, l’économie ivoirienne suit une trajectoire de croissance rapide avec des signes de transformation structurelle, notamment par la montée en puissance de la transformation locale et la diversification des exportations. Le PND 2021-2025 visait à accélérer cette mutation, en ciblant une croissance annuelle moyenne supérieur à 7 % et l’accès au rang de pays à revenu intermédiaire supérieure d’ici 2030 ; en pratique, la croissance moyenne annuelle s’est établie à un niveau proche, de 6,5 %.
La Côte d’Ivoire fait partie des rares pays d’Afrique subsaharienne ayant accès aux marchés internationaux. Premier pays d’Afrique subsaharienne à y revenir après le resserrement financier de 2022, avec l’émission d’un double Eurobond de 2,6 Mds USD en janvier 2024 à des conditions financières relativement attractives (taux d’intérêt moyen de 6,61 % au terme de l’opération de couverture de change dollar-euro). En 2025, le pays a par ailleurs continué à diversifier sa base d’investisseurs. En mars 2025, elle réalise une nouvelle opération avec un Eurobond de 1,75 Mds USD à 11 ans, au taux de 6,45 %, et une émission inédite en FCFA — une première pour un pays africain. Cette opération a permis le reprofilage de deux Eurobonds arrivant à échéance en 2028 et 2032, dans une logique de gestion active de sa dette visant à lisser le service de la dette et à réduire le risque de refinancement. En juillet, la Côte d’Ivoire a également réalisé une émission obligataire inaugurale sur le marché japonais ("Samouraï bond").
Les notations souveraines se sont récemment améliorées ; en 2024, Moody’s a relevé la note du pays à « Ba2 » en mars, suivi par S&P à « BB » en octobre. En juin 2025, Fitch a maintenu la note à « BB- ». Les perspectives sont jugées « stables » par les trois agences. Le FMI juge le risque de surendettement, global et externe, de la Côte d’Ivoire modéré.
Thiery Latt
