Assemblée nationale : Stéphane Kipré découvre le fossé entre critiques et réalité du pouvoir

Assemblée nationale : Stéphane Kipré découvre le fossé entre critiques et réalité du pouvoir
Stéphane Kipré confesse qu’il avait un faux jugement sur le travail des députés ivoiriens

« La critique est aisée, mais l’art est difficile », dit l’adage. Une réalité que le député de Gboguhé, Stéphane Kipré, dit avoir découverte à ses dépens. Dans une publication sur sa page Facebook, que nous avons pu consulter, l’ancien vice-président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) reconnaît avoir longtemps sous-estimé l’ampleur du travail des parlementaires.

Dans ce message qui débute par ces mots : « Je vais vous faire un aveu », l’élu confesse avoir changé de regard après ses premiers jours d’activité parlementaire. « Pendant longtemps, j’ai répété comme beaucoup d’Ivoiriens que nos députés ne travaillent pas assez. Ces trois derniers jours m’ont complètement fait changer d’avis », écrit-il.

Membre de la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le parlementaire explique que les députés ont examiné, le jeudi 12 mars, trois importants projets de ratification. Il s’agit notamment du projet relatif au Système d’informatisation du foncier rural de Côte d’Ivoire (SIFOR-CI), de l’extension des règles de commercialisation du coton et de l’anacarde à la filière karité, ainsi que de l’extension des mécanismes de régulation des filières hévéa et palmier à huile à la filière coco.

Selon lui, ce travail en commission exige une préparation minutieuse. « Avant même la séance officielle, cela m’a demandé deux bonnes journées de travail : des centaines de pages à lire, des séances avec mon assistant parlementaire et des discussions au sein du groupe parlementaire », explique-t-il. À cela se sont ajoutées, précise-t-il, « quatre heures et demie d’échanges non-stop avec le ministre de l’Agriculture pour analyser les textes, poser des questions, comprendre les implications et proposer des améliorations ».

Au terme de cette expérience, Stéphane Kipré en tire une leçon : « Quand on ne connaît pas la réalité d’un travail, il vaut mieux chercher à comprendre avant de juger. Parfois, on apprend aussi en politique à corriger ses propres idées reçues. »

Cette sortie illustre, pour certains observateurs, l’écart qui peut parfois exister entre les critiques adressées aux institutions et la réalité du travail de l’État. C’est notamment le cas de l’opposition, prompte à formuler des critiques contre l’action du pouvoir. Or, comme vient de l’enseigner l’expérience de Stéphane Kipré lui-même, il peut exister un fossé abyssal entre les critiques formulées et la réalité de l’exercice du pouvoir.

Rahoul Sainfort