Cacao :  La cam campagne intermédiaire s’ouvre, ce lundi 2 mars, dans un contexte d’effondrement des cours mondiaux

Cacao :  La cam campagne intermédiaire s’ouvre, ce lundi 2 mars, dans un contexte d’effondrement des cours mondiaux
Pour la récolte intermédiaire, le gouvernement est soucieux de la vente de la production (Ph Dr)

Sauf changement de dernière minute, c’est ce lundi 2 mars 2026 que débute la récolte intermédiaire - appelée encore “petite campagne du cacao’’. Suite à la crise du cacao, sa période a été avancée d’un mois. Et comme il est de tradition, un prix garanti fixé par les autorités ivoiriennes sera annoncé aux producteurs.  Quel sera son niveau ? C’est la grande question qui trotte sur les lèvres des acteurs de la filière, notamment les paysans et les exportateurs, surtout que cette campagne intervient dans un contexte difficile et inédit marqué par leffondrement des cours mondiaux du prix du cacao sur les marchés financiers occidentaux. Disons-le tout net, cette interrogation est légitime d’autant qu’on constate dans les autres pays producteurs, une forte baisse du prix garanti. Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, a, par exemple, réduit de 30% le prix garanti aux producteurs. Le pays a aussi contracté un prêt avec le FMI pour payer ses producteurs. Au Cameroun, le prix indicatif  oscille entre 1500 FCFA/kg (minimum) et de 1600 FCFA/kg( au maximum).  Mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. Faute d’acheteurs, les producteurs vendent leurs fèves entre 1000 FCFA et 1200 FCFA, le kilogramme. En Côte d'Ivoire,  selon nos informations, le prix garanti pourrait être fixé entre 800 et 1000 FCFA/kg pour la récolte intermédiaire prochaine. Si, à première vue, ce prix garanti semble plus bas, en particulier au regard des 2800FCFA/kg de la grande campagne, il faut savoir que le gouvernement n’a pas vraiment le choix. Car, les multinationales conditionnent l’achat du cacao ivoirien à des rabais importants, en plus de la baisse des cours mondiaux.  Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire est  naturellement plus exposée et plus vulnérable que les autres pays. Avec la dégringolade des prix sur le marché, les stocks s’accumulent  dans les pays producteurs, parce que la consommation de chocolat dans le monde est en baisse.  Conséquence, la demande et le broyage chutent. Toutefois, avec le nouveau prix qui sera fixé, les exportations vont reprendre de plus belle, et la production sera écoulée pour le bonheur des producteurs.

 

Y. Sangaré