Campagne intermédiaire de commercialisation du cacao : Le prix garanti bord champ fixé à 1200 FCFA/kg
Hier mercredi 4 mars 2026 a marqué l’ouverture de la campagne intermédiaire de commercialisation du cacao 2025-2026. A cet effet, le prix garanti bord champ a été fixé à 1.200 FCFA le kilogramme, pour le cacao « bien trié, bien fermenté et bien séché ». Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a donné l’information, hier lors d’une conférence de presse au siège du Conseil du Café Cacao, au Plateau.
Entouré du directeur général du Conseil du Café Cacao (CCC) et du président de l’Organisation interprofessionnelle agricole cacao (OIA Cacao), Siaka Diakité, le ministre est revenu sur les raisons de ce changement de calendrier agricole. « Du fait des effets du changement climatique, il a été noté dans plusieurs zones de production déjà, des récoltes précoces, des récoltes qui surviennent plus tôt que d'habitude. Et nos agriculteurs qui vivent au quotidien cette situation avaient eux-mêmes depuis un certain temps émis le souhait de voir ouvrir la campagne cacaoyère plus tôt, soit le 1er septembre, ce qui leur permettait aussi de disposer de moyens avant la rentrée scolaire pour scolariser leurs enfants », a expliqué Bruno Koné.
La seconde information a concerné le prix garanti bord champ pour cette campagne intermédiaire. Le ministre a indiqué que ce prix de 1200 f/kg a été fixé après plusieurs arbitrages, en tenant compte de l’effondrement des cours du cacao sur le marché international observé depuis décembre 2025 et dont la baisse est estimée, à ce jour, à environ 70%. Poursuivant, Bruno Koné a fait savoir que plusieurs simulations effectuées par le Conseil du Café-Cacao ont montré qu’avec un prix international d’environ 1.578 FCFA/kg, le prix bord champ ressortirait à 947 FCFA/kg, si l’on appliquait strictement le mécanisme de stabilisation. « Mais le président de la République, toujours soucieux du bien-être de nos parents paysans, a tenu à ce que ce prix soit supérieur à 1.020 FCFA », a indiqué le ministre, précisant que cet effort coûte à l’Etat une subvention de 231,247 milliards FCFA.
« Cette décision n'a pas du tout été prise de gaieté du cœur. C'est une décision difficile pour nos parents paysans, mais elle vise à préserver les revenus des producteurs tout en tenant compte des réalités du marché international », a ajouté le ministre de l’Agriculture. A cet effet, Bruno Koné a rappelé que depuis la réforme de 2011, la Côte d’Ivoire applique un mécanisme de stabilisation garantissant au moins 60% du prix CAF aux producteurs. « De la campagne 2012-2013 à l'actuelle campagne 2025-2026, la volonté du gouvernement de donner 60% du prix CAF au producteur a toujours été respectée. Le prix bord champ qui était de 700 f/kg en 2012-2013 est passé à différents paliers pour arriver à 1000 francs en 2015, à 1500 en 2023, jusqu'à atteindre un prix record en 2025-2026 de 2800 francs. Cette évolution remarquable du prix garanti bord champ démontre que le gouvernement a toujours donné le meilleur prix au producteur, au-delà même des 60% du prix CAF », a fait savoir le ministre. En outre, Bruno Koné a ajouté qu’en dépit de cette conjoncture défavorable, plus de 1,5 million de tonnes ont déjà été payées aux producteurs ivoiriens au prix de 2.800 FCFA/kg depuis le début de la campagne.
A sa suite, le directeur général Conseil du café-cacao, Yves Brahima Koné, a rassuré les producteurs quant à la normalisation des ventes de cacao au plan national. Il a indiqué que tous les stocks invendus ont été entièrement évacués. « Au stade actuel de nos ventes, s'il y avait des stocks, tout est totalement évacué dans nos ventes. Il reste seulement les embarquements. Donc, la situation est complètement normalisée au niveau des ventes. Et nous sommes en adéquation avec le calendrier établi », a déclaré le directeur général précisant que les embarquements se feront au fur et à mesure.
Se prononçant sur la question des paiements aux planteurs, le directeur général a reconnu que des tensions de trésorerie n’ont pas permis à certains producteurs d’être payés au prix fixé par les autorités. Pour éviter ces désagréments, Yves Brahima Koné a annoncé le paiement électronique avec la carte du producteur, à partir de septembre 2026. « Aucun cacao ne sera acheté en manipulant la monnaie. Tout va être acheté avec la carte du producteur pour éviter que le planteur ne soit grugé. Je demande à tous les planteurs de tout faire pour récupérer leur carte. Celui qui n'a pas sa carte ne pourra pas vendre son cacao », a-t-il averti.
Soulignant que cette mesure vise à renforcer la traçabilité des transactions, à sécuriser les revenus des producteurs et à garantir le respect strict du prix officiel fixé, le directeur général du CCC a précisé qu’elle sera mise en œuvre en collaboration avec les partenaires du Conseil du café-cacao, notamment les industriels et les broyeurs.
Sogona Sidibé
