Défense et sécurité : Ces réformes d’Alassane Ouattara qui ont perfectionné l'outil de défense de la Côte d’Ivoire

Défense et sécurité : Ces réformes d’Alassane Ouattara qui ont perfectionné l'outil de défense de la Côte d’Ivoire

C'est un secret de polichinelle. L'appareil sécuritaire ivoirien est devenu l'un des plus performants de la sous-région ouest-africaine, voire du continent. Qui l'aurait cru? Dans un passé récent, il était inimaginable de voir la Côte d'Ivoire être associée à la sécurisation d'une coupe du monde de surcroît organisée par les États-Unis d'Amérique. Aujourd'hui, c'est une réalité. L'appareil sécuritaire ivoirien inspire confiance. Et, l'expertise des soldats ivoiriens est sollicitée à travers le monde. En effet, pour la Coupe du monde de football 2026, les États-Unis ont décidé de faire appel au savoir-faire de la Côte d’Ivoire dans leur dispositif sécuritaire. Ainsi, Abidjan devient un allié clé du Federal Bureau of Investigation (FBI) dans les domaines du renseignement stratégique et de la lutte contre la cybercriminalité, pour sécuriser la Coupe du monde de football, un événement planétaire. Cette décision de l'administration Trump consacre la montée en puissance de l’expertise ivoirienne à l’échelle internationale. 

 

Au cœur de ce partenariat stratégique se trouve le Centre de renseignement opérationnel anti-terroriste (CROAT). Rattachée au ministère de la Défense, cette unité d’élite s’est imposée par sa maîtrise de l’intelligence artificielle et de l’analyse de données massives. Pour piloter cette collaboration technique, le choix des autorités s’est porté sur le général Ousmane Yéo, désigné point focal auprès du FBI. Officier aguerri, il est reconnu pour sa capacité à diriger des opérations sensibles dans des contextes internationaux complexes. Selon plusieurs experts, la participation ivoirienne au dispositif sécuritaire du Mondial 2026 reflète la confiance des partenaires internationaux envers la stabilité institutionnelle de la Côte d’Ivoire.

Cette sollicitation de la Maison-Blanche couronne des années de réformes structurelles menées sous l’égide du chef suprême des armées, le chef de l'Etat  Alassane Ouattara et de son ministre de la Défense, le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara. En effet, depuis son avènement au pouvoir d'Etat, le Président de la République Alassane Ouattara a fait de la réforme de l'armée sa priorité.

 

Les lois de programmation militaire portent leurs fruits

Il a ainsi intensifié les lois de programmation militaire visant à établir une programmation pluriannuelle des dépenses que l’État consacre à ses forces armées. L’objectif de ces lois est de renforcer la sécurité nationale face aux menaces militaires, économiques et technologiques, en adaptant les moyens de défense aux évolutions géopolitiques et technologiques. Dans sa volonté de moderniser le système sécuritaire et de rendre plus efficace l'appareil, les autorités étatiques ont densifié les LMP dans le temps.

De cinq articles dans la première loi de programmation militaire en 1960, on est passé à 69 dans la quatorzième en 2024 avec l'introduction d'un volet sur la sécurité des systèmes d’information d’importance vitale, la notion d'opérateur d'importance vitale (OIV) dont les activités ont été jugées indispensables au bon fonctionnement et à la survie de la nation ainsi que 20 mesures de sécurité que ces acteurs doivent mettre en place sous la commandement de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) créée en octobre 2024.

Nées de la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, de doter la Côte d’Ivoire d’un outil de défense capable de faire face aux menaces internes et externes, les différentes lois de programmation militaire mises en œuvre ont permis à notre armée d’être outillée pour participer aux Opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans le monde. Cette vision s’est articulée autour de l’amélioration des conditions de vie et de travail des soldats, la détermination des missions et des budgets, la réorganisation du commandement, la consolidation du cadre institutionnel, la professionnalisation et la maîtrise des effectifs.

 

On peut citer entre autres, la pyramide des grades et des âges. La norme est de 5 % d’officiers, 25 % de sous-officiers et 70 % de militaires du rang. Mais, dans l'armée ivoirienne ces ratios étaient respectivement de 6 %, 53 % et 41 % en 2016. Par ailleurs, la moyenne d’âge par catégorie, à savoir 45 ans, était beaucoup trop élevée pour les militaires du rang et les sous-officiers. Ces réalités ont donné lieu au plan de départs volontaires, afin de réduire et rajeunir les effectifs; la formation pour mettre à niveau l’ensemble des soldats recrutés sans avoir reçu la formation de base. Il y a eu aussi les questions de l’amélioration des conditions de vie et de travail, de l’équipement des unités et de la cohésion pour bâtir une nouvelle armée républicaine.

Ainsi, la mise en musique de la loi de programmation militaire 2016-2020 a  engendré une nouvelle et unique chaîne de commandement. En outre, une ordonnance relative à l’exécution des sanctions disciplinaires, telles que les radiations, a été signée et mise à exécution. Ensuite, deux opérations de départs volontaires ont permis le retrait des effectifs de 3 157 soldats (991 en 2017 et 2 166 en 2018). Un Bureau d’accompagnement et de reconversion des militaires a été créé pour aider les partants à mieux s’insérer dans leur nouvelle vie professionnelle et sociale.

Il faut également noter la participation effective de l’Armée ivoirienne aux Opérations de maintien de paix des Nations Unies. Une compagnie de 150 hommes a été déployée au Mali. Enfin, la loi a favorisé la réforme de l’enseignement militaire et la création de nouvelles institutions de formation. De manière générale, l’amélioration des conditions de travail et de vie des militaires est perceptible, à travers la réalisation d’infrastructures et l’acquisition de matériels et équipements.

Aussi, la réforme a-t-elle permis à l’Armée de renouer avec ses principes. Et cela lui a fait bénéficier de crédibilité vis-à-vis de la population, à travers des actions telles que la protection et le secours. Lors des inondations de juin 2018, toute l’armée s’est mobilisée pour sécuriser les quartiers sinistrés et porter assistance aux familles. Elle a aidé à nettoyer les domiciles et les rues. Cela a été un très bon signal. Inscrite dans cette dynamique de progression constante et montée en puissance, l'armée ivoirienne est aujourd'hui appréciée dans le monde entier pour son professionnalisme et son efficacité. Sous l'égide du vice-premier ministre de la défense, Téné Birahima Ouattara elle attend poursuivre ses efforts.

C'est dans cette veine que l'ex-ministre d'Etat, ministre de la Défense a annoncé le 10 décembre 2025 un projet de loi de programmation militaire 2026-2030 pour renforcer la capacité des forces armées face aux défis sécuritaires, notamment le terrorisme sous-régional et l’orpaillage clandestin.  “En 2026, les défis sécuritaires s’annoncent plus grands avec des incertitudes quant à leur évolution”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie de la fête patronale du Groupement ministériel des moyens généraux (GMMG).

Lacina Ouattara