Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des Mutilations génitales féminines : Les MGF passent de 36,7% à 21% en Côte d’Ivoire
Les mutilations génitales féminines (MGF) persistent à travers le monde. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 230 millions de femmes et de filles dans le monde portent aujourd’hui, dans leur chair et leur âme, les stigmates de ces mutilations. Et chaque année, c’est le destin de près de 4 millions d’adolescentes, âgées de moins de 15 ans, qui bascule dans l'horreur.
En Côte d’Ivoire aussi, la pratique demeure une triste réalité. A l’occasion de la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), commémorée le vendredi 6 février 2026, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, tout en saluant les progrès réalisés dans la lutte, a appelé à un engagement collectif pour venir à bout du fléau.
« Chez nous, en Côte d’Ivoire, des progrès notables ont été réalisés. De 36,7 % en 2016, nous sommes passés à 21% aujourd'hui. Derrière ces chiffres se cachent des vies brisées et des disparités régionales tenaces qui exigent de nous une riposte ciblée et inflexible », a-t-elle déclaré. Pour la ministre, le thème de cette année, « Vers 2030 : Pas de fin aux mutilations génitales féminines sans engagement et investissement soutenus », trouve un écho particulier dans le contexte national.
« Il nous rappelle que l'éradication de ce fléau ne saurait se satisfaire de simples déclarations d’intention. Cette lutte exige donc des engagements fermes et une mobilisation totale de nos ressources : financières, humaines, technologiques et politiques », a-t-elle déclaré.
La Côte d’Ivoire, a poursuivi Nassénéba Touré, a choisi son camp : celui de la protection et du droit. Le Code pénal révisé de 2019 et la Constitution de 2016 dressant à cet effet un rempart formel contre ces pratiques. Néanmoins, pour mettre fin à cette pratique ancestrale, elle en appelle à l’engagement des communautés elles-mêmes, les exhortant à être les gardiennes de l'intégrité de leurs filles. « Nous devons refuser la tolérance, dénoncer les coupables et protéger les victimes. C'est une responsabilité collective. Il requiert une synergie parfaite entre l'État, la société civile, les chefs traditionnels, les guides religieux et nos partenaires internationaux. Chaque citoyen a un rôle à jouer dans l'édification d'une société respectueuse de la femme », a affirmé Nassénéba Touré, appelant tout un chacun à s’engager dans ce combat pour la dignité des femmes et des filles.
Les mutilations génitales féminines, selon le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), désignent toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux féminins externes ou toute autre mutilation des organes génitaux féminins, pratiquée à des fins non médicales. 1 fille sur 3 y est soumise contre 1 sur 2 auparavant. L’UNFPA estime à 68 millions le nombre de filles qui risquent d’être victimes de la pratique entre 2015 et 2030.
DM
