Lutte contre la corruption : La Côte d’Ivoire classée parmi les 10 pays les moins corrompus d’Afrique

Lutte contre la corruption : La Côte d’Ivoire classée parmi les 10 pays les moins corrompus d’Afrique
Le président Epiphane Zoro Bi Ballo a réaffirmé l’ambition de la HABG à contribuer durablement à l’instauration d’un environnement public sain, intègre et propice au développement (Ph DR)

Le classement 2025 de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) de Transparency International publié en février 2026, place la Côte d’Ivoire au  76ème rang mondial sur 182 pays. Avec un score de 43/100 contre 45/100 en 2024, la Côte d’Ivoire se classe parmi les dix pays les moins corrompus d’Afrique. Présentant ces chiffres lors de la conférence de presse bilan 2025, le jeudi 5 mars 2026, le président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Epiphane Zoro Bi Ballo a indiqué que ce nouveau rang montre que la perception de la corruption demeure encore un défi important. « La position de la Côte d’Ivoire présente une légère dégradation du score. Cela signifie qu’il y a encore des efforts à faire car notre objectif est d’atteindre à l’horizon 2028 un score de 50 / 100 dans le cadre de l’IPC de l’ONG Transparency International », a rappelé le président de la HABG.

Concernant le bilan des activités de l’année 2025, Epiphane Zoro Bi Ballo a fait savoir que la mise en œuvre progressive de la Stratégie nationale de Lutte contre la Corruption 2024-2028, à travers le Programme national de lutte contre la corruption, enregistre quelques résultats. Au titre de la déclaration de patrimoine, la HABG a reçu, au 31 décembre 2025, 9 844 déclarations de patrimoine de prise de fonction ou de début de mandat sur un total de 10 858 déclarations attendues, soit un taux de déclaration de patrimoine de 90,66% contre 90,99% en 2024.

Expliquant que cette situation est essentiellement due à l’intégration dans la base de données de 456 nouveaux assujettis à la déclaration de patrimoine identifiés dans le cadre du recensement général des assujettis entamé par la HABG, le président Zoro Bi Ballo a indiqué que des mesures seront prises pour intensifier la sensibilisation ciblés des assujettis, l’application des sanctions pour refus de déclaration de patrimoine et le renforcement de la collecte des déclarations en vue d’atténuer l’impacts de ces ajustements.

 S’agissant des déclarations de fin de mandat ou cessation de fonction, la HABG a enregistré 54 déclarations portant le nombre total à 575 sur 975 déclarations attendues, soit un taux de 58,97%. Concernant les sanctions pour défaut de déclarations de patrimoine sur la période de novembre 2023 à décembre 2025, 27 dossiers d’assujettis dont 8 en 2025 n’ayant pas déclaré leur patrimoine dans le délai de 90 jours ont été transmis au Pôle pénal économique et financier (PPEF). Cependant, a fait savoir Epiphane Zoro Bi, 26 de ces assujettis ont fait leur déclaration de patrimoine à la suite de la saisine du procureur du PPEF. Au niveau du contrôle des déclarations de patrimoine, le président de la HABG a noté qu’une phase pilote a été lancée en 2025 avec un échantillon de 91 déclarations appartenant à 44 assujettis tirés de façon aléatoire dont 12 élus, 8 magistrats et 24 personnes occupant de haute fonction l’administration ou chargées des fonds publics. « Ces contrôles en cours, permettront d’analyser les évolutions patrimoniales afin de desceller d’éventuels cas d’enrichissements illicite. Les premiers résultats de cette phase pilote seront disponibles au premier semestre de cette année », a-t-il précisé.

Pour l’année 2026, Epiphane Zoro Bi Ballo a annoncé un renforcement opérationnel de l’innovation et de l’appropriation citoyenne. Ainsi, il s’agira, entre autres, de vulgariser le rapport 2025 de l’Indice national de Bonne Gouvernance ; renforcer l’intégrité, la transparence et la responsabilité des agents publics à travers l’intensification de la sensibilisation des assujettis, la digitalisation du système de déclaration des patrimoines ainsi que l’accélération de leur traitement, connaitre et maitriser le phénomène de la corruption et des infractions assimilées en Côte d’Ivoire à travers la réalisation de l’Enquête nationale sur la corruption, etc.

 

Sogona Sidibé