Assemblée nationale : Les nouveaux députés à l’école de la rigueur parlementaire

Assemblée nationale : Les nouveaux députés à l’école de la rigueur parlementaire
Une session de formation a été initiée en direction des nouveaux députés pour plus d'efficacité dans l'action parlementaire

Cap sur l’efficacité. Ce jeudi 5 mars 2026, la Rotonde de l’Assemblée nationale a accueilli un séminaire stratégique au profit des membres de la Commission des Affaires générales et institutionnelles (CAGI). Objectif : armer les députés, notamment les nombreux nouveaux élus, face aux exigences du travail parlementaire.

Avec un taux de renouvellement de 50,20 %, la législature en cours marque un tournant. D’où la nécessité d’une mise à niveau rapide et structurée sur les missions, le fonctionnement et la pratique législative. Animée par Sidiki Aboubacar Diomandé, secrétaire général de l’institution, la première communication a rappelé les fondamentaux. Selon l’article 93 de la Constitution, les députés ont quatre missions majeures : voter la loi, consentir l’impôt, contrôler l’action gouvernementale et évaluer les politiques publiques. Au-delà du vote des textes, il s’agit d’en mesurer les impacts sociaux, économiques et environnementaux. Le contrôle du gouvernement, à travers questions et auditions, garantit la transparence. Quant à l’évaluation des politiques publiques, elle permet d’ajuster l’action de l’État au plus près des attentes des citoyens. Le séminaire a également mis l’accent sur l’organisation des travaux. Deux sessions ordinaires structurent l’année parlementaire : celle de janvier à juin et la session budgétaire en décembre. En cas d’urgence, des sessions extraordinaires peuvent être convoquées, notamment face à une crise nationale. Un point essentiel a été rappelé : en cas d’état de siège ou de mesures exceptionnelles, le Parlement se réunit de plein droit, conformément à l’article 105 de la Constitution. Un mécanisme qui illustre l’équilibre entre sécurité nationale et respect des libertés.

La seconde présentation, assurée par Éric Kouadio, directeur de la Législation et de l’Assistance aux commissions, a plongé les députés dans la procédure législative. De l’initiative — qui peut émaner de l’exécutif ou d’un député — à la promulgation, chaque étape obéit à des règles précises. Rédaction en articles, contrôle de conformité à la Constitution, étude d’impact financier, travaux en commission, examen en plénière : la loi suit un parcours rigoureux. Des procédures spéciales encadrent par ailleurs les lois organiques, les accords internationaux et les révisions constitutionnelles, soulignant la portée stratégique de ces textes.

Outre les modules consacrés à la connaissance de l’Assemblée nationale et aux pratiques législatives, d’autres thématiques figuraient au programme de cette session. Il s’agit notamment du mandat du député, de la diplomatie parlementaire et de la coopération internationale, des dimensions devenues incontournables dans un contexte où l’action parlementaire dépasse désormais le seul cadre national. Pour cette première journée, les membres de la CAGI ont suivi la formation simultanément avec ceux de la Commission des Affaires économiques et financières (CAEF). L’initiative sera progressivement étendue aux autres commissions permanentes afin que l’ensemble des députés soit sur la même longueur d’onde en matière de procédures parlementaires. Ambition affichée : doter la représentation nationale d’élus mieux outillés, plus efficaces et pleinement conscients des enjeux institutionnels de leur mandat.

 

Rahoul Sainfort