80e anniversaire du PDCI-RDA : Tidjane Thiam encore et toujours absent
Le président du PDCI, Tidjane Thiam, a-t-il décidé d'abandonner son parti à son sort ? La question taraude les esprits, tant son absence prolongée et inexpliquée de la Côte d'Ivoire suscite interrogations et inquiétudes. Depuis plus d’un an, il brille par son absence à tous les rendez-vous de sa formation politique.
Ainsi, l'ancien directeur du Crédit Suisse n'a pas répondu physiquement à l'appel de son parti pour la célébration du 80e anniversaire. C'est par vidéoconférence qu'il s'est adressé à ses militants depuis la capitale française où il réside depuis plus d'un an sans jamais remettre les pieds en Côte d’Ivoire. Comment le président du parti peut-il se permettre une absence à un tel rendez-vous ? En effet, la célébration des 80 ans de vie est une occasion privilégiée pour le parti doyen d’engager des réflexions profondes sur son fonctionnement actuel en vue de trouver des solutions aux dysfonctionnements qui grippent sa machine sur le chemin de la reconquête du pouvoir d'Etat.
Placée sous le thème « PDCI-RDA, 80 ans d’expérience, de résilience et de fidélité aux valeurs de dialogue et de paix léguées par le Père fondateur Félix Houphouët-Boigny : une alternative crédible pour la Côte d’Ivoire », cette commémoration a été, selon le vice-président et haut représentant du président du PDCI dans le district d'Abidjan, Aby Raoul, un moment fort de mémoire, d’engagement et de projection vers l’avenir. Mais le PDCI peut-il réellement se projeter vers l'avenir avec son président à mille lieues de la Côte d’Ivoire ? La question brûle les lèvres dans les couloirs de la Maison du parti à Cocody.
Selon des cadres influents, cette absence prolongée est préjudiciable au fonctionnement du parti, à sa puissance et à son efficacité sur le terrain. En témoigne la perte de vitesse du parti doyen aux dernières élections, où il a perdu la moitié de ses élus nationaux et locaux. Pour un responsable de Yopougon qui a requis l'anonymat, le PDCI a été victime de choix opérés depuis les résidences parisiennes de Tidjane Thiam, loin des réalités du terrain. Selon lui, les défaites électorales enregistrées lors des dernières élections législatives et locales prouvent que la plus ancienne formation politique de Côte d’Ivoire ne peut être gérée ni à distance ni par procuration. “Les militants ont besoin d'être rassurés, d'être orientés et d'être guidés par le capitaine du navire. La présence du premier responsable du parti aux côtés des militants est plus que rassurante et galvanisante. Elle a incontestablement un effet sur les résultats électoraux”, a-t-il affirmé.
C'est pourquoi, plusieurs cadres dénoncent avec vigueur cette absence de Tidjane Thiam aux rendez-vous importants. Comment l'avenir du PDCI-RDA peut-il se discuter en l'absence de son chef ? Le parti peut-il se payer le luxe de cautionner cette situation et de demeurer dans cette dynamique négative ? Les interrogations ne manquent pas. De nombreux militants estiment qu'il faut vite fermer cette parenthèse avec des décisions courageuses visant à améliorer la gouvernance du vieux parti. Pour relever les défis et être à la hauteur des missions de reconquête du pouvoir d'Etat, le PDCI, selon eux, doit absolument revoir sa gouvernance et être plus présent sur le terrain avec un président et une direction plus proche des bases. A défaut, il s'enfoncera dans les profondeurs abyssales des dysfonctionnements, de l'impuissance et de l'inefficacité.
Notons que la cérémonie s’est déroulée en présence d'une forte mobilisation de partis politiques, notamment le RHDP, le COJEP et le MGC, à l'exception du PPA-CI, qui a brillé par son absence.
