Lancement de l’œuvre "L’Histoire oubliée de Mori Touré, le conquérant…" : Sidi Touré enrichit l’historiographie de la Côte d’Ivoire
C’est un récit, à la fois, historique et symbolique, qui met en lumière la diversité culturelle et appelle à une meilleure reconnaissance de tous les peuples dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.
Le 16 avril 2026, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire à Cocody, le ministre Sidi Tiémoko Touré a présenté son ouvrage "L’histoire oubliée de Mori Touré le conquérant… De l’Empire Songhaï à Marabadiassa (1492-1959)"
Au fil des pages, il met à hauteur de vue du lecteur l’histoire méconnue de son ancêtre et du peuple Dendi. Une manière pour l’auteur d’apporter une contribution significative à l’historiographie ivoirienne.
Structurée en trois parties, l’œuvre retrace les origines familiales dans le contexte post-empire Songhaï ; le parcours et les exploits de Mori Touré, le conquérant, ainsi que la fondation de l’actuelle cité de Marabadjassa, avant d’aborder la période coloniale et ses transformations.
Pour Sidi Touré, l’intérêt de ce livre réside dans la valeur cosmopolite de la Côte d’Ivoire. « La Côte d’Ivoire est riche de la diversité de son peuple. Des premières migrations en passant par la grande migration Mandé aux dernières de la fin du XIXe, le pays s’est enrichi d’une dynamique qui fait aujourd’hui sa force et sa stabilité ».
S’agissant de cette œuvre qu’il invite chaque Ivoirien et Africain à lire, il rappelle que « ce livre est aussi une histoire du dedans de la Côte d’Ivoire ».
C’est pourquoi, l’auteur ne manque pas de se remémorer les raisons de la rédaction de cette œuvre : « Le livre est parti d'un constat personnel et de la lecture des écrits d'éminents professeurs d'histoire tels que la Grande Chancelière Honoraire Henriette Dagri Diabaté et Simon Pierre Ekanza. J’ai noté qu’il y a peu de productions sur certains peuples. Il me faut donc produire un livre sur mon ancêtre Mori Touré…».
La réalité, selon Sidi Touré, est que « l’historiographie du peuplement est peu fournie quand il s’agit des productions sur l’histoire de certains peuples ivoiriens.
L’histoire de ces peuples s’intègre bien souvent dans celle des grands ensembles linguistiques qui ont essaimé sur l’espace ivoirien. Peu de productions existent sur l’histoire des Degha, des Birifor, des Peuls qui se sont stabilisés dans le Wassolo ivoirien dans la région du Folon avant la grande migration Mandé. Le peuple Dendi, appelé Maraba qui a essaimé dans un espace diffus dans l’élan de leur migration avant de se rassembler et de se stabiliser dans le centre ivoirien en créant Dar-Es-Salam aujourd’hui Marabadjassa, ne fut pas une exception.
Une telle œuvre ne pouvait que bénéficier d’une véritable caution morale et scientifique. C’est donc en cela qu’elle a été préfacée des mains de l'historienne émérite Henriette Dagri Diabaté. Témoignant ainsi de son soutien à la transmission du savoir et de son engagement constant pour la préservation de la mémoire nationale.
A la réalité, cet ouvrage constitue une contribution significative à la valorisation de l’histoire précoloniale de la Côte d’Ivoire et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest. Il met en exergue le parcours exceptionnel de Mori Touré, figure historique majeure dont l’action et la vision ont profondément marqué la structuration sociale, politique et culturelle de plusieurs territoires.
À travers une approche rigoureuse et documentée, l’auteur restitue un pan essentiel de l’histoire longtemps resté en marge des récits dominants, participant ainsi à la réhabilitation d’une mémoire collective insuffisamment valorisée.
Le rappel d’un patrimoine immatériel…souvent oublié
... ont pris part à la présentation de ce livre.
La publication de ce livre, selon le Prof Vido Agossou Arthur, historien- enseignant chercheur au Département d'histoire et d'archéologie de l’Université d’Abomey Calavi du Bénin, qui en fait la présentation, « est un acte de mémoire et de souveraineté culturelle. Il s’inscrit dans une dynamique de promotion du patrimoine immatériel africain et traduit une volonté affirmée de renforcer la conscience historique nationale et de transmettre aux générations présentes et futures les fondements identitaires de la Nation. »
À travers cette œuvre, Sidi Tiémoko Touré incarne la figure d’un responsable public engagé dans la promotion du savoir et de la culture. Cette démarche illustre la convergence entre action publique et engagement intellectuel, au service du développement culturel et éducatif.
L’ouvrage contribue également à renforcer l’image d’une Côte d’Ivoire, terre de brassage, riche de sa diversité, de son peuplement, attachée à la valorisation de son histoire, de ses traditions et de son patrimoine, dans une perspective d’ouverture et de dialogue avec les autres nations africaines.
Il s'agit d'une histoire interconnectée. Tradition orale associées aux documents de la période coloniale...
Les qualités scientifiques, stylistiques et rédactionnelles lui sont reconnues. Ce sont 52 personnalités interrogées, tant en Côte d’Ivoire, au Niger qu’au Bénin. Il compte 273 pages ; 26 photos…
« C’est un document, une contribution de restitution d'une mémoire souvent ou liée », a expliqué Sidi Touré entouré, à l’occasion de ce lancement, de plusieurs personnalités dont le président de la Cour de Cassation Hua Koffi, le président de la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, Nana Amon Tanoe, du Bouna Massa ; de ses parents et des populations venues de presque toutes les contrées de la Côte d’Ivoire.
Jad
