PPA-CI : Cinq mois après son incarcération, le cyberactiviste Zigui Mamadou demande "pardon"

PPA-CI : Cinq mois après son incarcération, le cyberactiviste Zigui Mamadou demande "pardon"
 Après avoir joué au petit guerrier sur les réseaux sociaux, le temps du regret est-il venu pour Zigui ?

Zigui Mamadou touché par l’Esprit Saint ? C’est, du moins, ce que l’on pourrait penser au regard de sa demande de pardon, formulée en pleine période de carême et de jeûne musulman, observés actuellement en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays du monde.

Dans un communiqué qui lui est attribué et confirmé par son avocat, Me Rodrigue Dadjé, le cyberactiviste proche du PPA-CI présente ses « sincères excuses » au Conseil constitutionnel (CC), à sa présidente Chantal Nanaba Camara, ainsi qu’aux autorités ivoiriennes, et demande « pardon », après cinq mois passés en détention.

Pour mémoire, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le fils adoptif de Nady Bamba – qui le présente pourtant comme une personne ne faisant pas de politique – avait tenu des propos particulièrement virulents, à quelques jours de la validation des candidatures à l’élection présidentielle du 25 octobre par le Conseil constitutionnel.

« Tous les yeux sont rivés vers le Conseil constitutionnel. Je souhaite que le jour où les candidatures seront validées, ce jour-là, tous les maquis, tous les endroits de la Côte d’Ivoire soient bondés de monde. Sors avec ton maillot, c’est la finale, on s’en va jouer. Quand ils vont voir le Djamanaco assis dehors avec le drapeau et le maillot de Côte d’Ivoire, tous les Ivoiriens doivent être dehors. Projetez ça dans vos quartiers comme une finale ; on va voir s’il y a le droit en Côte d’Ivoire ou s’il y a koumachaman », appelait-il. Il s’en était également pris à la présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Nanaba Camara.

Pour une personne présentée comme apolitique, les propos étaient pour le moins engagés. En réalité, difficile de nier qu’il s’agissait là d’une posture politique assumée. Au-delà de cette contradiction, les déclarations tenues apparaissaient graves : elles pouvaient être perçues comme des menaces à peine voilées contre une institution républicaine, mais aussi comme un appel clair à une mobilisation contestataire en cas de décision jugée défavorable. Après cinq mois derrière les barreaux, Zigui Mamadou semble aujourd’hui avoir pris la mesure de la situation. « Aujourd’hui, avec beaucoup de recul, je réalise que cette vidéo était très déplacée et même irrespectueuse à l’égard de la présidente du Conseil constitutionnel et n’avait pas lieu d’être », regrette-t-il dans son communiqué, avant de présenter ses excuses et de demander pardon au Conseil constitutionnel, à sa présidente ainsi qu’aux autorités ivoiriennes.

 

Rahoul Sainfort