SIA 2026 : Les JC-RHDP mobilisent la diaspora pour la bataille agricole
À Paris, la diaspora ivoirienne a répondu à l’appel des Jeunes Cadres du RHDP pour penser et investir l’agriculture de demain. En effet, en marge du Salon International de l’Agriculture 2026 (SIA), la plateforme des Jeunes Cadres du RHDP (JC-RHDP) a organisé, le samedi 28 février 2026, à l’Espace CEDIAS, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, un panel de haut niveau autour du thème : « L’agriculture ivoirienne : modernisation et opportunités ».
Dans un contexte international marqué par des tensions persistantes sur les marchés agricoles et par des chocs exogènes impactant les chaînes d’approvisionnement, cette rencontre stratégique a constitué un important cadre d’échanges autour des enjeux d’investissement, d’innovation et de transformation agro-industrielle.
Dans son mot de bienvenue, le coordonnateur Général des JC-RHDP, Roland Katou, a rappelé que la plateforme, créée en 2015 à l’initiative du minisgre Mamadou Touré, rassemble de jeunes leaders et professionnels engagés dans la promotion des idéaux du RHDP et dans la valorisation des actions gouvernementales.
Après les cycles de panels organisés en 2015 et 2020, ainsi que les treize panels thématiques tenus en 2025 à l’occasion de la campagne présidentielle d’octobre 2025, cette rencontre à Paris s’inscrit dans la continuité d’un engagement constant en faveur du débat stratégique et de la mobilisation des compétences ivoiriennes, tant nationales qu’internationales.
Le coordonnateur général des JC-RHDP a remercié toutes les instances locales du parti et les organisations des jeunes qui ont travaillé à la mobilisation des Ivoiriens vivant à Paris, saluant la forte participation enregistrée.
Représentant le ministre Mamadou Touré, superviseur général des JC-RHDP, Félix Anoblé, président du conseil d’administration du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco, a exhorté la diaspora à passer du statut d’observateur à celui d’acteur et d’investisseur. Il a mis en avant les mécanismes de financement, les dispositifs d’accompagnement et la stabilité macroéconomique dont bénéficie la Côte d’Ivoire.
Le panel de haut niveau a été animé par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, conférencier principal, accompagné du ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Comoé.
Dans son intervention, Bruno Nabagné Koné a rappelé que l’agriculture constitue un puissant moteur de réduction de la pauvreté et de stabilisation sociale. Il a souligné les avancées enregistrées ces dernières années en matière de sécurité alimentaire, tout en relevant la nécessité de consolider ces acquis face aux chocs climatiques, économiques et géopolitiques.
La diaspora ivoirienne exhortée à passer du statut d’observateur à celui d’acteur et d’investisseur
Il a présenté les principaux axes stratégiques inscrits dans la perspective du Plan National de Développement 2026-2030, notamment : l’amélioration de la productivité par le développement de semences performantes et adaptées aux réalités agroécologiques ; la mécanisation accrue afin de réduire la pénibilité du travail et d’améliorer les rendements ; le développement de l’irrigation pour sécuriser les productions ; la digitalisation du secteur agricole ; le renforcement des infrastructures de stockage, de conservation et de commercialisation ; l’extension de la transformation locale afin d’accroître la valeur ajoutée.
Le ministre Bruno Koné a insisté sur la nécessité de produire davantage, de transformer localement et de mieux structurer les chaînes de valeur, notamment dans les filières riz, maïs, manioc, palmier à huile, hévéa et anacarde. Le conférencier a conclu en indiquant que l’agriculture n’est pas le passé, mais l’avenir, invitant son auditoire à en saisir pleinement les opportunités. Il a enfin félicité les JC-RHDP pour la qualité du panel et remercié le ministre Mamadou Touré ainsi que son représentant, le ministre Félix Anoblé.
À sa suite, le ministre délégué chargé des Productions vivrières a dressé un état des lieux du secteur agricole ivoirien, avec un accent particulier sur les productions vivrières, qu’il considère comme un pilier central de la souveraineté alimentaire. Il a rappelé qu’avant 2011, le secteur faisait face à de graves difficultés : faibles niveaux de production, rendements peu attractifs, absence de planification stratégique, instabilité des filières — notamment le coton —, démotivation des producteurs et insécurité alimentaire préoccupante, avec près de 33 % de la population en situation de vulnérabilité alimentaire. Face à cette situation, le gouvernement a engagé, dès 2012, un vaste programme de relance reposant sur trois axes majeurs : le retour massif de l’investissement, grâce à la restauration de la confiance des partenaires techniques et financiers ; les réformes structurelles des filières agricoles, afin de garantir de meilleurs revenus aux producteurs ; la mise en place d’une planification stratégique, indispensable à un développement cohérent et durable du secteur.
Un programme d’investissement important, estimé à plusieurs milliards de FCFA sur la période 2012-2026, a permis d’améliorer significativement les performances agricoles, notamment pour des cultures comme le maïs, dont la production a connu une progression notable.
Toutefois, le ministre a souligné que ces acquis restent fragiles, en raison notamment des effets du changement climatique et des chocs extérieurs qui ont provoqué, à partir de 2014 et plus récemment en 2020-2021, des perturbations dans certaines productions. Les échanges avec les participants ont permis d’aborder les questions relatives au financement des exploitations agricoles, à la sécurisation foncière, à la transformation locale et au rôle stratégique de la diaspora dans la modernisation du secteur.
Au terme des travaux, les intervenants ont invité la jeunesse ivoirienne, en particulier celle de la diaspora, à s’engager résolument dans l’investissement productif et à contribuer activement à la souveraineté alimentaire nationale.
Rahoul Sainfort
