An 5 de la disparition du PM Hamed Bakayoko : Cinq ans après, les traces éternelles d’une légende !

An 5 de la disparition du PM Hamed Bakayoko : Cinq ans après, les traces éternelles d’une légende !

Voilà cinq ans, jour pour jour, que la Côte d’Ivoire était frappée de plein fouet par ce qui était alors apparu, sans nul doute, comme l’un des plus terribles désastres de ce début décennie : la disparition d’Hamed Bakayoko. Cruelle, douloureuse, affligeante, l’annonce de cette brusque perte a étreint, à la limite de la suffocation, l’ensemble des Ivoiriens. Comme un glaive acéré, elle leur a littéralement déchiré le cœur.  

 

Il faut dire que celui qui était avant le 10 mars 2022, le Premier ministre, ministre de la Défense de la Côte d’Ivoire, entretenait avec ses compatriotes de tous âges, de toutes classes sociales, de tous bords politiques, de toutes obédiences religieuses, les rapports particulièrement cordiaux de l’homme qui n’était l’ennemi de personne, qui avait ce commerce si affectueux et bienveillant avec les autres. Ce qui en avait fait un homme de consensus, très adulé de ses compatriotes.

 

Régulièrement cité parmi les personnalités les plus influentes du pays par certains organismes et médias internationaux, Hamed Bakayoko, était pour ainsi dire l’un des hommes politiques les plus populaires de Côte d’Ivoire.

Natif de la commune d’Adjamé, au Nord d’Abidjan, Hamed Bakayoko était le prototype même du self-made-man, qui a acquis le statut dont il a joui ici-bas et qui lui a valu d’être tant admiré, par son mérite personnel, mais surtout par son audace et cette disposition naturelle à flairer le bon coup qui en ont fait également un redoutable businessman à qui tout réussissait.

 

C’est que, comme très peu de personnes ont pu l’incarner de leur vivant, ce grand homme par la carrure et l’envergure, qui parvint à force de travail et d’audace à se hisser au zénith de l’échelle sociale, était un mélange de « rêve, d’inspiration et de passion » pour bon nombre de ses compatriotes, notamment les jeunes qui voyaient en lui l’exemple achevé de l’accomplissement humain. Ils n’avaient pas tort parce qu’Hamed Bakayoko a donné la preuve toute sa vie qu’il était une conjonction de valeurs éthiques et humaines dont les plus connues sont la loyauté, le courage, la responsabilité, la solidarité, l’écoute, la bienveillance et bien sûr cette générosité légendaire qui en a fait un homme providentiel, qui ne savait pas tourner le dos aux plus faibles, aux plus nécessiteux, mais aussi aux plus ambitieux qui avaient besoin d’un coup de pouce pour se réaliser.

D’Abobo à Séguéla, sa ville natale, mais bien au-delà dans toute la Côte d’Ivoire, ses actions sociales parlaient pour lui. Homme de contact et d’ouverture, il n’était l’ennemi de personne : acteurs politiques, artistes, citoyens ordinaires.

 

Mais HamBak, c’était avant tout ce passionné de travail, puis ce serviteur dévoué de l’Etat qui donnait toujours le meilleur de lui-même pour transformer en succès tout ce qu’il entreprenait. Son parcours depuis ses années étudiant, au début de la décennie 80, en passant par son militantisme   actif au MEECI, à la Jeunesse estudiantine et scolaire du PDCI (JESPDCI) puis finalement, à la faveur du printemps de la presse, la création  par ses soins du journal Le Patriote ainsi que sa prise en main en 1993 de la présidence de la radio Nostalgie, montre son engagement à se surpasser pour les causes qu’il endosse.

 

De même, son entrée en politique aux côtés d’Alassane Ouattara, dont il a été de tous les combats pour la conquête du pouvoir et aux postes-clé de tous les gouvernements avant de finir par en prendre lui-même la tête, confirmera une chose essentielle que nul ne peut lui dénier aujourd’hui : sa fidélité et sa loyauté sans faille au grand homme d’Etat et bâtisseur connu et reconnu par les Ivoiriens et le monde entier. Ce cinquième anniversaire de la disparition Hamed Bakayoko, l’ancien DGA du FMI ne pourra, de ce point de vue, que le ressentir que comme un vide, difficile à combler.

 

Ce même sentiment de vide, les militants du RHDP ne le déploreront que trop en se souvenant d’un homme qui aura été un soutien rassurant et apaisant pour eux ; un homme qui leur aura donné tant d’espoir et de foi en un avenir meilleur et gagnant, dans la trajectoire de la sienne propre. Même au plan politique, au sein d’une opposition parfois farouche au régime au pouvoir, il s’en est trouvé un bon nombre de partisans et de dirigeants pour regretter un homme d’exception et de dialogue. Un homme dont l’entregent hors-du-commun en faisait le bienvenu dans toutes les chapelles politiques. Un homme dont l’approche pondérée et pour le moins conciliant des questions d’intérêt national séduisaient les uns et les autres. 

 

Cinq ans donc déjà ! Hamed Bakayoko, l’enfant du peuple, celui qu’on surnommait également l’« Etoile d’Etat » reste dans la mémoire des Ivoiriens de tous âges, de toutes conditions sociales, de toutes régions et croyances religieuses, un homme vrai et authentique, un homme de paix et d’amour, un homme parti trop tôt et qui laisse ce grand vide dans un pays qu’il a tant aimé et servi. L’homme a quitté le monde ici-bas, mais les traces que ses pas vigoureux et déterminés ont laissées sur la terre de ses ancêtres en font une légende éternelle que les Ivoiriens auront du mal à oublier…

Puisse Dieu, le Miséricordieux, continuer à veiller sur son âme.

KORE EMMANUEL