Célébration des 80 ans du PDCI-RDA : La Maison du parti à Yamoussoukro toujours oubliée dans la broussaille
La Maison du PDCI-RDA à Yamoussoukro, autrefois symbole de puissance, est aujourd’hui dans un état de ruine avancée. Le bâtiment, pillé et dégradé après avoir servi de lieu de congrès et autres rassemblements nationaux et internationaux, n’est plus que l’ombre de lui-même. Ce lieu, qui avait également abrité des événements majeurs de la vie du parti lorsqu’il était parti unique, avait été transformé le 7 novembre 1998 en Institut d’études politiques du PDCI-RDA et inauguré par feu Henri Konan Bédié. Depuis, cette belle bâtisse est laissée à l’abandon, au grand regret des militants du parti doyen.
Pour Kouadio Roméo, militant du PDCI-RDA de Yamoussoukro, cette maison était un véritable symbole du parti et ne devrait pas sombrer dans l’oubli. Yao Amenan Geneviève partage le même constat : « C’est le seul lieu où toutes les grandes rencontres du parti se déroulaient. Ce n’est pas normal que l’héritage du père fondateur soit abandonné dans la broussaille », a-t-elle déclaré.
Patrimoine politique, la salle en rotonde, autrefois surmontée d’une couronne en aluminium doré, n’a plus de toiture. La Maison du Parti de Yamoussoukro avait nécessité l’adjonction de deux ailes symétriques reliées au bâtiment central par des galeries couvertes, tout en préservant l’harmonie architecturale originelle. Ces ailes, dont la construction devait s’achever au début des années 1980, occupent chacune 2 000 mètres carrés. Elles comportent un sous-sol pour les locaux techniques et d’archives, un rez-de-chaussée avec hall d’entrée, salles et bureaux, dont deux salles aménagées en gradins de 200 places dans l’aile A et 400 places dans l’aile B. À l’étage se trouvent de nombreux bureaux pour délégués, secrétariats, salles de réunion et archives.
Après la transition militaire, une session de l’Assemblée nationale s’y est tenue en 2001. Durant la crise de 2002, le bâtiment a servi de cantonnement aux forces gouvernementales et d’accueil pour les mutilés de guerre. Il a ensuite été pillé et est aujourd’hui totalement hors service, tombé en ruines.
Alors que le PDCI-RDA célèbre ses 80 ans, l’héritage d’Houphouët-Boigny est englouti dans sa ville natale. Le site est devenu un nid d’insécurité, selon les observateurs locaux, malgré les promesses répétées de réhabilitation.
Kouamé Wa
