PDCI : La destitution de Tidjane Thiam demandée par un membre du bureau politique
Un nouveau feuilleton judiciaire s'ouvre au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) avec la saisine du tribunal de première instance d’Abidjan par Tchetche Abie Charles, membre du bureau politique. Ce dernier demande la destitution du président de son parti, Tidjane Thiam, élu président lors du 9ᵉ congrès extraordinaire du 12 mai 2025. Selon lui, cette élection remportée à 99,77% par le successeur d'Henri Konan Bédié a été entachée d'irrégularités. C'est pourquoi, il la conteste avec la dernière énergie. L’audience est prévue pour le 9 avril 2026. Le plaignant conteste notamment la conformité de cette élection aux textes statutaires du parti et à la législation ivoirienne sur les partis politiques. A l'en croire, Tidjane Thiam ne remplissait pas les conditions d’éligibilité requises, en raison de sa double nationalité au moment de l’élection et d’une ancienneté insuffisante au sein du bureau politique, fixée à dix ans. Raison pour laquelle, il invoque une violation de l’article 41 des statuts du PDCI-RDA ainsi que de l’article 8 de la loi sur les partis politiques, estimant que ces manquements entachent l’ensemble du processus électoral.
Dans sa requête, Tchetche Abie Charles demande l’annulation des décisions issues du congrès extraordinaire, la nullité de l’élection de Tidjane Thiam et la constatation de la vacance du poste de président du parti.
Cette procédure rappelle une précédente action judiciaire engagée en mars 2025 par Valérie Yapo, qui avait déjà contesté la légitimité de Tidjane Thiam, conduisant à sa démission suivie de sa réélection lors d’un nouveau congrès. Tidjane Thiam va-t-il s'en sortir cette fois? Certains cadres du vieux parti se veulent confiants, estimant que cette nouvelle action en justice devrait être rejetée en raison du rejet de plusieurs arguments écartés, selon eux, lors de précédentes procédures. Par ailleurs, le plaignant dénonce l’absence prolongée de Tidjane Thiam, installé à l’étranger depuis environ un an. Il estime que cette situation constitue un empêchement à exercer ses fonctions, notamment pour convoquer et présider les instances du parti.
Lacina Ouattara
