CNO-CIV : La Commission électorale valide la candidature de Georges N'Goan, et rejette celle d'Akondé

CNO-CIV : La Commission électorale valide la candidature de Georges N'Goan, et rejette celle d'Akondé
La candidature de Georges Joseph N’Goan est validée et jugée recevable pour l’élection à la présidence du CNO-CIV

La Commission Électorale Indépendante du Comité National Olympique de Côte d'Ivoire (CEI/CNO-CIV) a rendu, le 23 avril 2026, sa décision sur la recevabilité des candidatures à la présidence de l'institution. Sur les deux listes déposées dans les délais impartis, du 14 au 18 avril 2026, une seule a été jugée valide. La liste conduite par Georges Joseph N'Goan est déclarée recevable. Celle portée par François Xavier Akondé est frappée d'irrecevabilité.

La décision repose sur un motif statutaire sans appel. Trois fédérations sportives figurant sur la liste Akondé en qualité de candidates au Comité Exécutif, la Fédération Ivoirienne de Randonnée Pédestre, la Fédération Ivoirienne de Dodgeball et la Fédération Ivoirienne de Netball, ne sont pas membres actifs du CNO-CIV. Leurs noms sont absents du registre officiel et aucune d'elles n'avait contesté leur exclusion lors de la publication de la liste électorale provisoire. La Commission a donc appliqué le principe général du droit selon lequel « ne peut être éligible que celui qui est électeur ». Une fois ces trois candidats retirés, la liste Akondé ne comptait plus que onze membres de Comité Exécutif, alors que les statuts en exigent quatorze. Une liste incomplète étant automatiquement irrecevable aux termes de l'article 20.2, la candidature a été invalidée.

Au-delà du sort des candidatures, la Commission a statué sur la situation de plusieurs fédérations sportives nationales dont la présence sur la liste électorale avait été contestée ou réclamée.

 

Plusieurs fédérations exclues de l'électorat pour des raisons de gouvernance

La Fédération Ivoirienne de Judo et Disciplines Assimilées (FIJDA) est écartée de l'électorat. Le Tribunal Arbitral du CNO-CIV avait annulé ses assemblées générales des 13 janvier 2024 et 16 novembre 2024, en raison d'irrégularités de procédure notamment une assemblée ordinaire s'était muée en assemblée mixte pour adopter des résolutions relevant de l'extraordinaire, en violation des statuts de la fédération. Faute d'organes dirigeants issus d'élections régulières, la FIJDA ne satisfait pas aux conditions d'affiliation au CNO-CIV. Un comité bipartite mis en place par le Ministère des Sports a formulé des recommandations pour la tenue de nouvelles élections, mais celles-ci n'ont pas encore été mises en œuvre.

La Fédération Ivoirienne de Boxe est également absente de la liste électorale. Après une crise interne de gouvernance, elle est en cours de renouvellement de ses instances dirigeantes, un processus que le Ministère des Sports avait demandé de reporter en raison de la coïncidence avec l'élection présidentielle d'octobre 2025. Ses élections internes n'ayant pas encore eu lieu, elle ne peut participer aux travaux du CNO-CIV.

La Fédération Ivoirienne de Natation se trouve dans une situation de bicéphalisme : deux présidents revendiquent la légitimité à la tête de l'institution. La Fédération Internationale "World Aquatics" a, de son côté, délivré deux actes de reconnaissance à deux personnes distinctes, tout en annonçant une mission de conciliation. Dans cette configuration, aucune représentation valable de la natation ivoirienne ne peut être assurée au sein du CNO-CIV.

La Fédération Ivoirienne de Canoë-Kayak est dans une situation similaire : un jugement du Tribunal de Première Instance d'Abidjan a confié l'organisation des prochaines élections à un bureau désigné, mais le mandat du président en place est considéré comme caduc.

Sur la question du quota de 30 % de femmes au sein du Comité Exécutif, exigé par les statuts, la Commission a constaté qu'aucune des deux listes ne satisfaisait cette condition. Confrontée à la réalité du paysage sportif ivoirien, où les femmes sont très peu représentées aux postes de direction des fédérations, et en s'appuyant sur la jurisprudence du Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne ainsi que sur les recommandations du Comité International Olympique, la CEI a décidé de ne pas invalider les listes pour ce seul motif, tout en exposant la situation à l'Assemblée Générale élective. Le CIO a par ailleurs confirmé que la Commission des Athlètes du CNO-CIV, dont la participation avait été contestée, devait continuer à siéger au sein des instances, conformément aux exigences de la Charte Olympique.

La voie est désormais ouverte à une élection avec une candidature unique, celle de Georges Joseph N'Goan à la tête du Comité National Olympique de Côte d'Ivoire.

OUATTARA Gaoussou