Fédération Ivoirienne de Football : Une rupture œcuménique, symbole d'unité et de solidarité pour le football ivoirien et la Nation
Dans les jardins de la Fédération ivoirienne de football, à Treichville, chrétiens et musulmans se sont retrouvés côte à côte, jeudi 12 mars 2026, pour une rupture collective du jeûne. Un geste simple, mais chargé d'une profonde symbolique, porté par le président Yacine Idriss Diallo : celui de l'unité, à l'heure du Carême et du Ramadan, à l'heure aussi où les Éléphants se préparent à barrir sur la scène mondiale.
Il y avait dans l'air de ce jeudi quelque chose d'inhabituellement doux. Peut-être la brise tiède qui soufflait sur Treichville, peut-être l'odeur des plats mijotés qui commençait à se répandre dans la cour de la FIF. Mais surtout, il y avait cette image rare et précieuse : des hommes et des femmes du football, issus de toutes les confessions, assis ensemble, attendant dans le recueillement que le ciel vire au rouge. Dans cet espace que l'on connaît ordinairement comme le temple du ballon rond, la spiritualité avait pris ses quartiers pour une soirée d'exception.
Deux traditions, un même chemin
L'initiative, portée par le président de la FIF Yacine Idriss Diallo, n'était pas anodine. En conviant au même repas les croyants des deux plus grandes religions du pays, la Fédération a voulu rappeler que le football est, par nature, un espace où les différences s'effacent au profit du collectif. Ce jeudi, l'imam Hafiz Konaté Ahmad, directeur de cabinet du président du COSIM, et le vicaire judiciaire Guy Stéphane Adjitin, représentant l'Archevêché du Plateau, ont guidé ensemble le moment de prière, dans un élan d'œcuménisme rare et touchant.
La cérémonie a été marquée par la présence de l’Imam Hafiz Konaté Ahmad et du vicaire Guy Stéphane Adjitin, symboles d’un dialogue interreligieux exemplaire
Car le Ramadan et le Carême, qui se chevauchent cette année dans une coïncidence presque providentielle, partagent bien plus qu'un calendrier. Devant ses hôtes réunis, le président Diallo l'a exprimé avec une conviction tranquille : « Nous vivons un moment particulier où deux grandes traditions spirituelles se rejoignent dans un même élan, celui du jeûne, de la prière et du retour à l'essentiel. »
Il a puisé dans les deux Livres saints pour illustrer cette convergence. Du côté du Coran, le verset rappelle que le jeûne est prescrit pour atteindre la piété. Du côté de l'Évangile, le Christ invite ses disciples à jeûner dans la discrétion et l'humilité. Deux voies, une même destination, la purification du cœur, la générosité envers les plus démunis, la paix intérieure. « Dans un monde souvent marqué par les divisions, ces moments spirituels peuvent devenir des ponts entre les croyants », a-t-il souligné avec une émotion perceptible dans la voix.
L'âme du football ivoirien se cherche dans le partage
Avant que les couverts ne s'entrechoquent, le président Diallo avait d'abord passé l'après-midi avec les dirigeants des clubs. Ligue 1, Ligue 2, puis Division 3, chacun avait eu droit à son moment d'échange dans la salle Dieng Ousseynou de la Ligue de football professionnel (LFP). C'est cela aussi, la rupture collective, non seulement partager un repas, mais d'abord partager une parole, ouvrir le dialogue, renforcer les liens entre les rouages d'une fédération qui n'a de sens que dans sa cohésion.
Le président Yacine Idriss Diallo entouré de Malick Tohé et Salif Tohé, témoignant d’une solidarité forte au sein de la gouvernance du football
Car Yacine Idriss Diallo sait que le football ivoirien traverse des turbulences, que les ambitions sont grandes et les chemins parfois semés d'embûches. Ce soir de mars, il n'a pas esquivé sa part de responsabilité. Avec une humilité sincère, il s'est adressé à l'assemblée comme un homme qui reconnaît ses limites et demande pardon : « Je demande à tous pardon pour mes fautes, erreurs ou manquements. » Dans le silence qui a suivi ces mots, quelque chose s'est dénoué.
Il a rappelé, citant le Prophète Mohamed (PSL), que le chemin du bien est celui de celui qui donne même à qui l'a privé, qui renoue avec celui qui a rompu, qui pardonne à qui a été injuste. Des paroles qui résonnent bien au-delà du registre religieux, elles parlent de réconciliation, de dépassement de soi, de la grandeur que l'on doit cultiver quand on porte une responsabilité collective.
Les Éléphants ont besoin de toute la Côte d'Ivoire
Et puis il y a eu ce moment, celui que l'on retiendra peut-être le plus longtemps. Quand le président de la FIF, la voix portée par une conviction presque solennelle, a levé les yeux vers l'assemblée et lancé son appel : « Je demande une communion de prières et d'ondes positives pour accompagner les Éléphants à la Coupe du Monde 2026. Je demande une union sacrée autour des Éléphants pour l'amour de notre Pays. »
Ces mots ont traversé l'assemblée comme une évidence. En juin 2026, la Côte d'Ivoire sera pour la première fois sur la scène du Mondial depuis 2014. Les Éléphants porteront avec eux les espoirs d'une nation tout entière, ses joies et ses douleurs, ses divisions surmontées et ses rêves partagés. Ce soir, dans la cour de Treichville, on comprenait que le football ne peut accomplir sa magie que si le peuple qui le porte est lui-même uni.
La prière musulmane a été conduite avec solennité par l’Imam Hafiz Konaté Ahmad, dans un moment de recueillement partagé
Jeûne ou pas, croyant ou non, la prière de Yacine Idriss Diallo s'adressait ce soir à tous les Ivoiriens. Que le temps du Carême et du Ramadan nous apprenne à refouler notre colère, comme le dit la Sourate 3, à ouvrir nos cœurs, à nous réconcilier. Que l'amour du maillot orange, blanc et vert soit plus fort que tout ce qui nous divise.
La nuit était tombée sur Treichville. Les assiettes se vidaient doucement, les conversations s'animaient, des rires fusaient ici et là. Le football et la foi avaient, l'espace d'un soir, fait leur œuvre commune : rassembler, réchauffer, espérer. La Coupe du Monde 2026 n'est plus très loin. Et la Côte d'Ivoire, ce soir-là, avait un peu plus l'air d'une famille. Une famille repartie de la FIF les mains chargées de présents, des paniers, offerts par le président Yacine Idriss Diallo et son comité exécutif.
OUATTARA Gaoussou
