Football-Amical-Côte d’Ivoire-Cameroun 0-1 : Éléphants, la défaite qui donne des réponses à Renard

Football-Amical-Côte d’Ivoire-Cameroun 0-1 : Éléphants, la défaite qui donne des réponses à Renard
Malgré la défaite face au Cameroun, Hervé Renard poursuit son travail de construction et de renouvellement du groupe ivoirien (Ph DR)

La Côte d’Ivoire a terminé sa trêve internationale sur une fausse note. Battus (0-1) par le Cameroun, samedi au stade Alassane Ouattara d’Ebimpé, les Éléphants ont connu leur premier revers depuis le retour d’Hervé Renard sur le banc. Mais au-delà du résultat, cette défaite mérite d’être regardée avec suffisamment de recul pour ne pas tirer de conclusions hâtives.

Car cette rencontre avait d’abord une vocation expérimentale. Hervé Renard avait choisi de laisser plusieurs cadres au repos, à commencer par le capitaine Franck Yannick Kessié, après deux rencontres de qualifications pour la CAN 2027 particulièrement intenses. Le sélectionneur voulait surtout profiter de cette fenêtre pour observer les joueurs moins sollicités et mesurer leur capacité à répondre aux exigences du haut niveau international.

« J’assume l’entière responsabilité des risques que j’ai pris. C’était ma seule possibilité de voir les nouveaux joueurs à l’œuvre », a expliqué le technicien français après la rencontre. Une déclaration qui résume à elle seule la philosophie de ce match. Il ne s’agissait pas simplement de gagner un nouveau rendez-vous international, mais de préparer l’avenir.

Avec un onze largement remanié, les automatismes ont logiquement fait défaut. Les Ivoiriens ont parfois manqué de fluidité dans la circulation du ballon et éprouvé des difficultés à se défaire d’un bloc camerounais solide et discipliné. Le but de Bil Nsongo, inscrit peu après la reprise, a sanctionné une équipe encore en quête de repères. « Le Cameroun a fait un très bon match, c’était une équipe difficile », a reconnu Renard, sans chercher d’excuse au revers.

Faut-il pour autant s’inquiéter ? Certainement pas. Un match amical sert précisément à cela : tester, observer, donner du temps de jeu et identifier les doublures capables de répondre présentes lorsque les circonstances l’exigeront. Et même face à un adversaire du calibre du Cameroun, l’objectif premier restait de passer en revue l’effectif.

« Je tire énormément d’enseignements sur chaque joueur et ce qu’ils vont pouvoir m’apporter par la suite », a insisté le sélectionneur. La défaite prend alors une autre dimension. Certains joueurs auront marqué des points, d’autres moins. Certains profils devront encore patienter avant de retrouver une place dans le groupe. Mais l’exercice aura permis à Renard d’affiner ses certitudes et de mieux mesurer la profondeur de son effectif.

Le choix de faire souffler les cadres répond également à une logique de calendrier. « Parce qu’en novembre il y aura deux matches qualificatifs. En mars, il y aura deux matches qualificatifs donc il n’y aura plus le temps d’essayer quoi que ce soit », a rappelé Renard. Autrement dit, mieux vaut prendre aujourd’hui certains risques dans un match amical que découvrir trop tard les limites d’un joueur dans une rencontre à enjeu.

Surtout, l’essentiel de cette fenêtre internationale a été assuré. Deux matches de qualification pour la CAN 2027, deux victoires, six points engrangés et une place en tête du groupe C, à égalité avec la Gambie. Face au Ghana, puis à la Somalie, les Éléphants ont répondu présents là où cela comptait vraiment.

Le Cameroun aura donc remporté le match du prestige. La Côte d’Ivoire, elle, peut considérer cette trêve comme une étape supplémentaire dans la construction de son groupe. Il ne faut ni s’enflammer après deux victoires, ni tout remettre en question après une défaite. Le travail de Renard s’inscrit dans la durée, avec l’ambition de disposer d’une équipe compétitive mais également d’un effectif suffisamment riche pour répondre aux exigences des prochaines échéances.

Et parfois, une défaite bien analysée vaut mieux qu’une victoire qui masque les insuffisances. Celle d’Ebimpé doit ainsi être perçue non comme un coup d’arrêt, mais comme une étape de travail. Renard a pris un risque, il l’assume. À la Côte d’Ivoire désormais de tirer profit des enseignements de cette soirée pour continuer à avancer. Car le véritable enjeu n’était pas de préserver une série, mais de construire une équipe capable de durer. Et sur ce chemin, les premiers repères restent porteurs d’espoir.

OUATTARA Gaoussou