Salon des collectivités territoriales : Anne Désirée Ouloto-Lamizana donne les recettes pour réussir la décentralisation
Le deuxième jour du Salon des collectivités territoriales, vendredi 16 octobre 2026, a été marqué par un panel de haut niveau sur « Les enjeux de la mise en place d’une fonction publique territoriale pour une maitrise du transfert des compétences », avec pour sous-thème : « Fonction publique territoriale : quelles vision et orientations nouvelles s’agissant des fonctionnaires et agents de l’État appelés à exercer dans les collectivités territoriales ? ».
Au rang des panélistes se trouvait la ministre d’État Anne Désirée Ouloto-Lamizana, ministre en charge de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration. Si elle a une double casquette à cet évènement qui se présente comme le carrefour de collectivités (Présidente du Conseil régional du Cavally, membre du bureau Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire), c’est en tant que commissaire du gouvernement que Anne Désirée Ouloto-Lamizana a fait son exposé.
D’entrée, la panéliste a tenu à lever une équivoque. Elle a déclaré sans ambages que le gouvernement est favorable à l’avènement d’une fonction publique territoriale. « Il y est favorable parce que cette évolution répond aux exigences d'une décentralisation plus efficace, plus cohérente et davantage tournée vers les résultats » a-t-elle affirmé.
Mais, qu’est que la fonction publique territoriale ? À cette question, elle a répondu qu’appréhendée sous l’angle de la décentralisation effective, la fonction publique territoriale « devra être comprise comme une organisation administrative structurée, dont la mission consistera à assurer un service public de proximité, pour satisfaire les besoins de la population à l’échelle des collectivités locales, c’est-à-dire les communes et régions ».
La mise en œuvre d’un tel processus, a indiqué Anne Ouloto, ne peut être ni improvisée, ni imposée. À son avis, ce processus doit être le résultat d'une construction collective, méthodique et progressive. « La fonction publique territoriale ne se décrétera pas seulement par des textes. Elle se construira par la concertation, la compétence et la confiance. Sa mise en place devra suivre un cheminement rigoureux, reposant sur plusieurs exigences complémentaires », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’il s’agira dans un premier temps, d’établir un diagnostic partagé de la situation actuelle ; deuxièmement de faire le choix d'une architecture institutionnelle et statutaire cohérente ; troisièmement, de donner les garanties d'équité, de professionnalisme et de viabilité financière ; et enfin, quatrièmement, de mener une bonne concertation avec les parties prenantes. « Nous devons prendre le temps de bien construire aujourd'hui, pour ne pas avoir à réparer demain les insuffisances d'une réforme précipitée », a-t-elle insisté, concluant pour dire que l’objectif n'est donc pas d'aller vite pour annoncer une réforme, mais de réunir toutes les conditions permettant de la réussir durablement.
Notons que cet échange thématique avait aussi pour panélistes, M. Yao Charles Kouassi, directeur de cabinet de l’Inspecteur général d’État, M. Danho Paulin Claude, 1er vice-gouverneur du district d’Abidjan et M. Patrice Kouassi Kouamé, maire de Yamoussoukro.
DM


