Journée nationale de l’Éléphant : Assahoré Konan sonne la mobilisation autour de l’animal symbole

Journée nationale de l’Éléphant : Assahoré Konan sonne la mobilisation autour de l’animal symbole
Assahoré Konan Jacques, ministre des Eaux et Forêts, a appelé à une mobilisation collective pour préserver l’éléphant, symbole de la Côte d’Ivoire

L’éléphant, symbole de la Côte d’Ivoire, est aujourd’hui menacé de disparition. Au Zoo national d’Abidjan, où s’est tenue, jeudi 15 octobre 2026, la première Journée nationale de l’Éléphant, le ministre des Eaux et Forêts a lancé un appel à la mobilisation pour sauver cette espèce emblématique. Devant de nombreux élèves invités à devenir ses ambassadeurs, il a rappelé l’ampleur du déclin : de plus de 3 000 individus au lendemain de l’indépendance, la population d’éléphants est passée à environ 1 100 dans les années 1990, puis à quelque 500 selon les estimations les plus récentes.

Le braconnage pour l’ivoire, la déforestation et la fragmentation des habitats naturels figurent parmi les principales causes de cette régression. La réduction des espaces forestiers accentue également les conflits entre l’homme et l’éléphant, avec des dégâts aux cultures et aux biens, parfois des pertes en vies humaines. « Si rien n’est fait, si nous n’agissons pas maintenant, collectivement et résolument, nous risquons de léguer aux générations futures un pays où l’éléphant ne subsistera plus que dans nos armoiries et nos livres d’histoire », a averti le ministre.

Pourtant, au-delà de sa valeur symbolique, l’éléphant joue un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes. En dispersant les graines et en contribuant à la régénération des forêts, il participe au maintien de la biodiversité. Sa protection dépasse donc la seule sauvegarde d’une espèce : elle engage aussi celle des milieux naturels qui abritent de nombreuses autres espèces. Face à cette situation, plusieurs actions ont été engagées, notamment le renforcement de la surveillance des aires protégées, la restauration des corridors écologiques, la gestion des conflits homme-faune et la sensibilisation des communautés riveraines. Le dispositif juridique a également été renforcé avec la loi n° 2024-365 du 11 juin 2024 portant protection de l’éléphant en Côte d’Ivoire, qui prévoit des sanctions contre les atteintes à l’espèce et le trafic d’animaux protégés.

La cérémonie a par ailleurs été marquée par la remise de certificats à d’anciens ministres des Eaux et Forêts, en reconnaissance de leurs efforts en faveur de la conservation de l’éléphant, ainsi que par une conférence consacrée à la loi de 2024. Pour le ministre, la sauvegarde de l’espèce ne saurait toutefois reposer sur la seule action de l’administration forestière. Les communautés locales, les entreprises, les partenaires techniques et financiers, les chercheurs et les organisations de la société civile sont appelés à prendre leur part dans cet effort.

Un message particulier a été adressé aux élèves, invités à devenir des ambassadeurs de la protection de l’éléphant. « Protéger l’éléphant, c’est préserver une part de notre identité, de notre fierté nationale et de l’héritage que nous voulons transmettre aux générations futures », leur a rappelé le ministre. Instituée pour devenir un rendez-vous annuel, la Journée nationale de l’Éléphant devra désormais servir de cadre de sensibilisation, de bilan et de mobilisation. Un défi urgent pour éviter que l’animal qui figure sur les armoiries nationales ne disparaisse progressivement des forêts ivoiriennes.

 

Rahoul Sainfort