Formation certifiante en Ingénierie législative : Les parlementaires d'Afrique francophone à l'école

Formation certifiante en Ingénierie législative : Les parlementaires d'Afrique francophone à l'école
Kandia Camara s’est réjouie de la tenue, en terre ivoirienne, de cette séance de formation (Ph DR)

Organisée conjointement par le Sénat et l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ainsi que l’Université Senghor d’Alexandrie, la formation certifiante en ingénierie législative a démarré le lundi 12 octobre 2026, à Yamoussoukro, en présence de plusieurs parlementaires venus des dix pays de l'Afrique francophone. Selon la présidente du Sénat ivoirien, Kandia Kamissoko Camara, chaque année, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) lance un appel à projets à l’intention des Parlements membres.

« Dans ce cadre, le Parlement ivoirien a soumis au Secrétariat général de l’APF un projet visant à organiser un atelier régional de formation en ingénierie législative au profit des Parlements africains francophones. Cette initiative est partie du constat que les administrations parlementaires africaines francophones recourent encore largement à des formations dispensées à l’étranger, qui reposent principalement sur les expériences et pratiques des institutions européennes. Or, ces formations ne tiennent pas toujours suffisamment compte des réalités institutionnelles, des procédures législatives et des besoins propres aux Parlements africains francophones », a-t-elle relevé.

Ce projet, a-t-elle indiqué, a suscité l’intérêt et l’adhésion de l’APF. Il répond à l’ambition de créer un cadre de formation régional, adapté aux réalités des administrations parlementaires africaines francophones, tout en favorisant le partage d’expériences et la valorisation des pratiques institutionnelles développées sur le continent. La présidente du Sénat ivoirien s'est félicité de l’engouement suscité par cette première édition qui accueille une cinquantaine de participants composés de parlementaires, de fonctionnaires parlementaires et de divers autres profils. Pour elle, leur participation contribuera, sans aucun doute, à enrichir les échanges et à faire de nos assemblées parlementaires des institutions toujours plus représentatives de la diversité et des aspirations de nos sociétés.  

« De l’idée à la loi : renforcer l’initiative parlementaire en Afrique francophone », tel est le thème de la première édition de ce certificat.  

« Nous le savons, l’initiative parlementaire constitue une prérogative fondamentale de nos assemblées.  Cependant, force est de constater que dans la plupart de nos pays africains, l’initiative des textes soumis aux délibérations des Parlements est presque exclusivement d’origine gouvernementale. Cette situation nous invite à renforcer les conditions d’exercice de l’initiative parlementaire : une meilleure maîtrise de la rédaction législative, des capacités techniques accrues et une culture de la proposition davantage ancrée dans le fonctionnement de nos institutions. Car le parlementaire, par les liens qu’il entretient avec les populations et les territoires, est un témoin privilégié de leurs préoccupations. Il recueille leurs attentes, mesure les difficultés de leur quotidien et porte leurs aspirations au sein de la représentation nationale », a-t-elle souligné.  

Pour elle, le véritable enjeu de ce certificat est donc de permettre à chaque parlementaire de transformer ce qu’il voit et entend sur le terrain en une initiative capable de répondre, de manière claire et utile, aux besoins de la société. Passer de l’idée à la loi exige en effet de cerner le problème, d’apprécier la nécessité de légiférer, de définir les objectifs et de rédiger des dispositions précises et applicables, tout en anticipant leurs effets.

Le secrétaire général du Sénat, Touré Ousmane Samassi, a prononcé une conférence inaugurale, à l'ouverture de cet atelier de formation parlementaire. 

 Kouamé Wa