RHDP : Voici les missions du Conseil des sages et de médiation
Après l’Inspection générale, le Conseil des sages et de médiation constitue un autre maillon important du dispositif de restructuration du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Placée sous la présidence de Kobenan Kouassi Adjoumani, cette instance a pour mission de prévenir et de régler les différends internes, tout en veillant à la préservation de l’unité et des valeurs fondatrices du parti.
Annoncée le 13 mai 2026, lors de la 33ᵉ séance du Directoire, la création de cet organe s’inscrit dans la volonté du RHDP de renforcer son organisation et d’améliorer la gestion de sa vie interne. Nommé par le président du parti, Alassane Ouattara, Kobenan Kouassi Adjoumani a officiellement pris ses fonctions le 1er octobre dernier, à Abidjan. À cette occasion, le secrétaire exécutif, Cissé Ibrahima Bacongo, lui a remis sa feuille de route ainsi que le règlement intérieur de l’organe.
Un instrument de prévention et de médiation
Le Conseil des sages et de médiation est avant tout un organe consultatif chargé de l’écoute, du conseil, de la conciliation et du règlement amiable des conflits. Il intervient notamment dans les différends entre militants ou entre une instance élue et la majorité absolue des militants de sa base à jour de leurs cotisations.
Son rôle ne se limite cependant pas à la résolution des crises déclarées. L’instance est également chargée d’anticiper les tensions susceptibles de fragiliser le parti, grâce à une veille permanente sur le climat interne. Elle peut ainsi identifier les structures exposées aux conflits et formuler des recommandations au président du parti. Le Conseil contribue également à la transmission de la mémoire et des valeurs du RHDP. À ce titre, il peut organiser des rencontres intergénérationnelles, participer aux activités de formation et promouvoir la discipline, la loyauté, la solidarité, le respect de la hiérarchie et la paix.
Le règlement intérieur définit les modalités de saisine et de conduite des médiations. Les militants confrontés à un différend doivent d’abord saisir le coordonnateur principal de leur ressort territorial. En cas d’échec de cette première médiation, le dossier est transmis au secrétaire exécutif, qui procède à la saisine du Conseil. Les organes spécialisés peuvent également solliciter son intervention par cette voie. Les saisines doivent être écrites et signées. Une fois saisi, le Conseil engage la médiation dans un délai maximal de huit jours. La procédure repose sur l’écoute des parties, des consultations séparées, le rapprochement des positions et la recherche de solutions consensuelles. Elle s’étend sur trente jours, avec une possibilité de renouvellement unique. Un procès-verbal signé par les parties formalise l’accord obtenu. En cas d’échec, le règlement du différend revient au président du Directoire, qui peut déléguer ses pouvoirs au secrétaire exécutif ou à une autre personnalité du parti, conformément aux statuts.
Confidentialité et impartialité
Pour garantir la crédibilité de ses interventions, le Conseil est soumis à des principes d’impartialité, de respect de la dignité des parties et de confidentialité. Aucun de ses membres ne peut conduire une médiation dans une affaire le concernant personnellement ou mettant en cause son impartialité.
L’organe doit également travailler en bonne intelligence avec les autres structures du parti. Les faits relevant de la discipline sont transmis à l’organe compétent, sans que la médiation puisse retarder les procédures statutaires. Une coordination avec l’Inspection générale est aussi prévue lorsque les deux instances interviennent sur un même dossier. Composé d’un président, de trois vice-présidents, d’un secrétaire, de deux secrétaires adjoints et de membres nommés par le président du parti parmi les fondateurs, les pionniers et les militants émérites, le Conseil dispose d’un cadre de fonctionnement précis. Son bureau se réunit chaque mois, tandis que les membres tiennent une séance plénière trimestrielle. Des sessions extraordinaires peuvent être convoquées en cas de crise ou sur instruction du président du parti.
À travers ce dispositif, le RHDP entend faire de la prévention et du règlement amiable des différends des leviers de cohésion interne. L’enjeu est de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en crises publiques et de préserver l’unité du parti, notamment à l’approche des échéances électorales.
Rahoul Sainfort


