De la résilience à l’excellence

De la résilience à l’excellence
Les présidents Ouattara et Houphouët-Boigny, de grands bâtisseurs de la nation ivoirienne

66 ans ! C’est l’âge de la maturité et de la sagesse. À cet âge, une nation peut regarder son chemin avec fierté, mais aussi s’interroger sur ce qu’elle veut encore accomplir. La Côte d’Ivoire est aujourd’hui à ce tournant. Depuis son indépendance, elle a traversé des années fastes, des difficultés économiques, des divisions, une crise, une guerre, puis une reconstruction. Elle a beaucoup perdu, mais elle a aussi beaucoup appris. Surtout, elle a montré qu’elle savait se relever.

Depuis 2011, après plusieurs années de soubresauts politico militaires couronnés par une crise postélectorale ayant fait officiellement 3 000 morts, le pays a retrouvé la stabilité et renoué avec une croissance qui a profondément changé son visage. Il suffit de parcourir la Côte d’Ivoire pour mesurer le chemin accompli : routes, autoroutes, ponts, échangeurs, écoles, universités, centres de santé, électrification, accès à l’eau potable… Les infrastructures se sont multipliées. Dans le même temps, la Côte d’Ivoire a repris une place importante dans la sous-région et s’est imposée comme la deuxième économie de l’Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria. Cette transformation, elle la doit au leadership du Président Alassane Ouattara, dont la gouvernance efficace a mis l’accent sur la stabilité, l’investissement et la modernisation. Les résultats sont visibles et méritent d’être reconnus. Mais le pays ne peut pas s’arrêter là.

Pendant plusieurs années, l’urgence était de reconstruire, de remettre l’économie sur les rails, de réparer les dégâts de la crise et de combler les retards accumulés. Aujourd’hui, les Ivoiriens attendent encore plus. Ils veulent de nouvelles infrastructures, mais aussi des emplois, de meilleurs revenus, des soins accessibles, une école performante et surtout des perspectives pour une jeunesse qui incarne l’avenir du pays. Le prochain défi est donc clair : faire en sorte que la croissance améliore davantage la vie quotidienne. Cela passe par la réduction du taux de pauvreté, encore autour de 37 %, pour le ramener sous les 20 % ; par l’amélioration de l’espérance de vie, actuellement de 62 ans, pour la porter à 65 ans et au-delà ; par le renforcement du capital humain et une progression dans l’indice de développement humain. Derrière ces chiffres, il y a des réalités concrètes : une famille qui doit pouvoir se soigner, un jeune qui cherche un emploi, un enfant qui mérite une éducation de qualité, une population qui aspire simplement à vivre mieux.

La prochaine étape du développement ivoirien devra passer par un changement de comportements. Le civisme, le respect des règles, la préservation des biens publics, le goût du travail et l’exigence d’excellence doivent retrouver leur place dans notre société. Car le développement d’un pays ne dépend pas seulement de ses dirigeants, mais aussi de la manière dont chacun agit au quotidien.

Il faut également consolider notre démocratie. La Côte d’Ivoire a suffisamment souffert de ses divisions pour savoir où peuvent mener les affrontements politiques lorsqu’ils deviennent irréconciliables. Une démocratie solide n’exige pas que tout le monde pense de la même manière ; elle suppose que chacun puisse défendre ses idées, accepter la contradiction et respecter celui qui pense autrement. La paix doit devenir une culture, presque un sacerdoce. Les jeunes générations ne doivent pas porter éternellement les rancunes et les blessures des crises passées. Il ne s’agit pas d’oublier l’histoire, mais d’en tirer les leçons pour éviter de la répéter.

Le pays dispose de nombreux atouts : une population jeune, une agriculture forte, une économie diversifiée, un secteur privé dynamique et une position stratégique en Afrique de l’Ouest. Mais dans un monde où la compétition repose de plus en plus sur le savoir et l’innovation, ces atouts doivent être accompagnés d’un investissement massif dans le capital humain. Cela implique de continuer à construire des écoles et des hôpitaux, mais aussi de former des personnels compétents et de garantir des soins accessibles. Le prochain défi est donc de mettre davantage l’humain au centre du développement, avec l’ambition légitime de rejoindre durablement le cercle des pays à revenus intermédiaires.

À 66 ans, la Côte d’Ivoire n’a plus besoin de courir après son passé. Elle doit désormais regarder vers l’avenir. Elle a montré qu’elle savait se relever d’une crise profonde. Elle doit maintenant prouver qu’elle peut transformer ses acquis en progrès durable. Le prochain grand rendez-vous sera économique, mais aussi social, humain et démocratique.

 C’est précisément ce qu’a compris le Président Alassane Ouattara en proposant aux Ivoiriens un nouveau contrat de développement : le Plan national de développement 2026‑2030. Après avoir remonté la pente et surmonté les épreuves, il reste désormais une seule ambition à accomplir : grandir sur le chemin de l’excellence.

Charles Sanga