Interview - Kakou Mathias (Président du PPS) : « Le leadership du Président Ouattara sécurise notre pays »
Conseiller économique, social, environnemental et culturel, Kakou Mathias est une figure de longue date de la scène politique ivoirienne. Président du Parti pour le Progrès et le Socialisme (PPS), il se présente comme un ardent défenseur des libertés publiques en Côte d’Ivoire. Depuis la France où il séjourne depuis quelques semaines, il a accepté de répondre à nos questions afin de partager son regard sur l’actualité politique de son pays.
Le Patriote : La fin de l’année 2025 a été marquée par l’élection du président de la République et des députés. Avec le recul, quels bilans faites-vous de ces deux scrutins ?
Kacou Mathias : Je ne peux pas faire ce bilan sans faire celui de notre formation politique, le PPS. Nous sommes satisfaits des combats que nous avons menés en 2025. Considérant les acquis en matière de paix, de sécurité et de développement harmonieux de la Côte d’ivoire sous la gouvernance du Président de la République, nous avons souhaité qu’il soit candidat en 2025 pour continuer l’œuvre gigantesque de paix, de sécurité et de développement. Nous avons été les premiers à lui demander, officiellement par conférence de presse en décembre 2024, d’être notre candidat et candidat du peuple. Justement parce que le Président Alassane Ouattara nous a mis à l’abri des coups d’Etat et de toutes sortes de déstabilisation. Grâce à lui, le pays est en paix. Dieu merci nous avons été suivis par des millions d’ivoiriens qui ont réclamé sa candidature. Nous avons mené le combat contre la déstabilisation et le terrorisme. Dieu merci, grâce au leadership du Président Ouattara nous sommes en paix. Les Ivoiriens, comme un seul homme, ont porté leur choix sur celui qui était notre candidat au PPS. Aux législatives, également, les Ivoiriens ont donné une majorité très confortable au RHDP. Globalement donc pour nous, notre bilan politique est positif.
LP : Quel regard jetez-vous sur cet autre mandat du Président Ouattara que vous avez sollicité ?
KM : Pour nous, il fallait cet autre mandat du Président Ouattara. Mais ça n’a pas été facile de convaincre le Président de la République. Il fallait le lui imposer avec des arguments justifiés. Nous l’avons pris presque en otage. De loin, en tant qu’homme politique avisé, j’ai senti que le Président n’en voulait plus...il a mis du temps pour mener la réflexion. Sa réponse a été un ouf de soulagement populaire. Il a accepté cet autre sacrifice au nom de la sécurité et la paix. Pour le moment pour le PPS, il est l’homme de la situation. Sans lui, au moment où je vous parle, ce serait la catastrophe. Son leadership sécurise notre pays. C’est pourquoi nous avons souhaité cette autre candidature. J’espère qu'il n’est pas fâché contre nous car à cause de cette prise en otages, des individus lui ont dit n’importe quoi. Vous savez, les hommes d’honneur comme le Président Ouattara n’aiment pas les bruits des casseroles.
LP : Aujourd’hui quel jugement portez-vous sur votre collaboration avec le RHDP ?
KM : Au PPS dirigé par votre humble serviteur que je suis, notre slogan c’est « fidélité, loyauté et engagement ». Nous avons débuté un combat en 1994 avec le RDR aujourd’hui devenu RHDP. Nous le poursuivons avec responsabilité et sans complexe. Nous sommes des hommes de valeurs. Je ne trahis jamais. C’est pourquoi quiconque me trahit n’atteint pas ses objectifs. Nous sommes des hommes et femmes de conviction et les ivoiriens, toutes tendances politiques, le reconnaissent si heureusement. Nous avons gagné beaucoup parce que notre lutte a abouti, notamment la démocratie, le vote à 18 ans, le bulletin unique. Les pseudos socialistes nous avaient trahis pour épouser l’ivoirité. Nous avons combattu cette ivoirité et l’exclusion, nous avons mené le combat pour une commission électorale indépendante.
LP : Que pensez-vous de l’après Ouattara ou voulez-vous encore un autre mandat pour lui ?
KM : Pour le moment, la question n’est pas à l’ordre du jour. Il est primordial de parler de l’homme, de sa méthode de gouvernance. Le seul crime qu’Alassane Ouattara a commis, c’est d’être venu en Côte d’Ivoire en 1989, à l’appel de Félix Houphouët-Boigny, pour mettre de l’ordre dans la gestion des affaires publiques. Il a été combattu. Il a été trahi par certains dirigeants du PDCI-RDA. Des gens avaient perdu des avantages. Ils lui ont jeté l’anathème. Il a été traité de tous les noms. Le Président Ouattara est un homme très concentré. Il est rassembleur, altruiste, soucieux de l’intérêt général et du travail bien fait. Il aime ennemis et adversaires et les traite avec élégance et civilité. Très généreux et reconnaissant envers ses compagnons de lutte. Celui qui voudra un jour le remplacer devrait avoir cette attitude sinon ce sera la catastrophe. Le Président Ouattara a mis la barre très haut. Il doit mettre le pays dans les mains d’un collectif, qui devra travailler dans la complicité et la solidarité. Alassane Ouattara est un leader qui fabrique des leaders mais pas un chef qui ne veut pas la promotion de ses hommes.
LP : Le PPS va-t-il un jour se fondre au RHDP ?
KM : Le débat sera ouvert au moment venu. Pour l’heure, je me réjouis d’avoir battu campagne en octobre et en décembre 2025 pour le RHDP. Au nom de mon parti, nous avons décidé de ne pas nous porter candidat. Nous avons montré par ce geste notre fidélité et notre loyauté au Président Ouattara. C’est un sacrifice que nous avons fait pour soutenir le Président et le gouvernement pour leur permettre de dominer l’Assemblée nationale. Nous n’avons pas voulu une quelconque candidature contre le RHDP. Pour la première fois, le RHDP a un député à Hiré-Zego avec le grand frère Dja Blé Joseph et ce, avec le soutien inestimable du ministre Amedé Kouakou. Nous souhaitons aussi un jour bénéficier du choix du RHDP pour être candidat et gagner les élections....
LP : Vous étiez récemment dans votre sous-préfecture pour organiser les populations et les cadres à lutter pour son développement. Que retenir de cette tournée ?
KM : Bokasso, mon village, situé dans la sous-préfecture de Hiré-Zego est enclavé (pas d’école, pas d’eau potable, pas de centre de santé, pas de route, pas de marché, pas de foyer des jeunes). Nous cherchons des solutions. Raison pour laquelle les cadres et les populations se sont mis ensemble pour réfléchir et dresser un libre blanc. Nous avons besoin du soutien du gouvernement.
LP : Quel commentaire faites-vous de la situation qui prévaux actuellement dans la sous-région ouest africaine ?
KM : Sur la situation dans la sous-région, j’animerai bientôt une grande conférence de presse. Pour l’heure, j’invite les putschistes des pays de l’AES à méditer sur ce qui se passe au Moyen-Orient et d’observer l’attitude de ceux qui leur vendent des armes et surtout l’attitude du Kremlin.
Thiery Latt
