Règlement définitive de la crise du cacao : Le Conseil du café-cacao et l’OIA Cacao s’accordent sur une nouvelle opération
Pour un dénouement heureux de la crise qui secoue la filière cacao depuis plusieurs mois, le Conseil du café-cacao (CCC) et l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA Café-Cacao) se sont accordés sur une nouvelle orientation opérationnelle. Celle d’attribuer un quota complémentaire de 23 830 tonnes de cacao à l’OIA Cacao pour l’enlèvement des stocks résiduels afin de prioriser les producteurs et les sociétés coopératives directement impactés par la crise. Cette décision est consécutive à l’annulation des quotas initialement accordés aux opérateurs SITAPA pour un volume de 29 360 tonnes et TRANSCAO pour un volume de 15 000 tonnes. Une décision fortement saluée par l’ensemble des producteurs membres de l’OIA, hier jeudi, lors d’un point-presse à la CAISTAB en présence du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné.
L’OIA, par la voix de son président, Siaka Diakité, a exprimé « sa profonde reconnaissance » à l’Etat de Côte d’Ivoire pour cette décision « hautement stratégique » que son organisation a accepté « dans un esprit de responsabilité et d’engagement au service des producteurs », a-t-il déclaré. Par ailleurs, il a salué « l’effort exceptionnel consenti » par le Président de la République, Alassane Ouattara, à savoir, la mobilisation de 231 milliards de FCFA issues du fonds de réserves pour porter le prix bord champ de la campagne intermédiaire à 1200F/kg contre 900 FCFA correspondant au prix CAF, en soutien aux producteurs.
Cette nouvelle opération, selon le secrétaire exécutif de l’OIA Café-Cacao, Doua Obed Blondé, va constituer la dernière phase de la gestion de la crise des stocks résiduels et marquera la clôture de ce processus spécifique. Aussi, il a informé que les opérations d’enlèvement seront engagées dans les tout prochains jours. « Cette dynamique permettra de réduire fortement les stocks encore immobilisés, de soulager les producteurs et d’amorcer une sortir concrète et visible de la crise », a-t-il expliqué. Quant au directeur général du CCC, Yves Brahima Koné, il a précisé que les stocks résiduels de 23 830 tonnes à enlever ne concernent que les planteurs et les sociétés coopératives recensés qui n’ont pas réussi à livrer un seul kilogramme durant la campagne principale. Seuls ces producteurs auront les connaissements pour la nouvelle opération d’enlèvement. Dans le cadre de la gestion de cette crise, le volume total sur lequel porte l’opération national est estimé à 102 000 tonnes de cacao, réparties entre 1 430 sociétés coopératives, préalablement inventoriées par le Conseil du Café-Cacao.
Concernant la campagne intermédiaire qui a débuté le 4 mars 2026, le directeur général du CCC a fait savoir qu’elle a bien démarré et que les entrées sont « largement au-dessus » des prévisions du mois de mars. Aussi a-t-il invité les producteurs à s’engager définitivement dans la campagne. « A partir de maintenant, tous les planteurs doivent considérer qu'ils sont à la campagne intermédiaire. Et qu'ils ne doivent plus attendre. En attendant trop, le cacao sera difficile à acheter au niveau des exportateurs. Ce n'est pas dans votre intérêt. Ce n'est pas dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire. Je vous demande de vous engager et de faire confiance à l’Etat de Côte d’Ivoire », a-t-il lancé.
Rappelant que cette crise du cacao est, avant tout, mondiale, le ministre Bruno Koné a demandé aux producteurs de toujours privilégier la voie du dialogue. « Il nous faut travailler ensemble, en bonne intelligence pour trouver les solutions pour résoudre ce genre de crise à l’avenir », a-t-il demandé. Par ailleurs, il a annoncé des assises avec l’ensemble des acteurs de la filière cacao afin de tirer les enseignements de cette crise.
Sogona Sidibé
