Soft power en Afrique : La Côte d’Ivoire confirme sa montée en puissance

Soft power en Afrique : La Côte d’Ivoire confirme sa montée en puissance
Le pays d'Alassane Ouattara s’affirme parmi les grandes nations du continent

La Côte d’Ivoire poursuit son ascension sur la scène africaine. Dans le Global Soft Power Index 2026, publié par le cabinet international Brand Finance, le pays se classe au 6e rang des États les plus influents d’Afrique subsaharienne, confirmant ainsi la progression de son image et de son influence dans la région.

Ce classement évalue la capacité des nations à peser dans les relations internationales à travers leur culture, leurs valeurs, leur diplomatie et leur modèle de développement, plutôt que par la puissance militaire ou la coercition. La performance ivoirienne illustre le renforcement progressif de son poids économique, diplomatique et stratégique sur le continent. En un an, le pays dirigé par le Président Alassane Ouattara gagne trois places, passant du 9e rang en 2025 à la 6e position en 2026.

Dans ce palmarès, la première place revient à l’Afrique du Sud, qui demeure l’un des acteurs majeurs du continent grâce à la puissance de son économie et à son influence diplomatique. Elle est suivie du Nigeria, première économie africaine et géant démographique. L’Afrique de l’Est confirme également son dynamisme avec la présence du Kenya et de la Tanzanie, classés respectivement troisième et quatrième. Le Ghana occupe la cinquième place, juste devant la Côte d’Ivoire. Derrière Abidjan, plusieurs pays influents complètent le top 10, notamment le Sénégal, Madagascar, le Cameroun et l’Éthiopie. La présence de la Côte d’Ivoire dans ce classement s’explique en grande partie par la solidité de son économie et son attractivité croissante auprès des investisseurs internationaux. Ces dernières années, le pays s’est imposé comme l’un des moteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest, avec des taux de croissance parmi les plus élevés de la région. La modernisation des infrastructures, le développement du Port d’Abidjan, l’essor du secteur industriel ainsi que les investissements dans les transports et l’énergie renforcent progressivement son statut de hub économique sous-régional.

Au-delà des performances économiques, l’influence d’un pays se mesure aussi à son rôle diplomatique et à sa capacité d’action sur la scène régionale. Sur ce plan, la Côte d’Ivoire joue un rôle actif au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), participant régulièrement aux initiatives de médiation et aux efforts de stabilité dans la sous-région.

Pour de nombreux observateurs, cette sixième place consacre la reconnaissance progressive du poids stratégique de la Côte d’Ivoire en Afrique subsaharienne. Elle reflète également les effets des réformes économiques et des investissements engagés ces dernières années pour renforcer la compétitivité et l’influence du pays. Plus qu’un simple classement, cette performance confirme une tendance : la Côte d’Ivoire s’impose progressivement comme l’un des acteurs majeurs de l’espace ouest-africain, appelé à jouer un rôle de plus en plus déterminant dans les dynamiques économiques et politiques du continent.

 

Une économie forte et le moteur de l'UEMOA

La Côte d'Ivoire s'impose comme une économie forte et le moteur de l'UEMOA (40% du PIB), avec une croissance soutenue estimée à 6,5% en 2023 et 6% en 2024. Leader agricole (cacao, cajou), le pays diversifie ses ressources avec le pétrole et le gaz et se hisse au 8e rang des économies africaines. Le pays contribue à 42% des exportations de la zone et abrite la base industrielle la plus développée. Leader mondial sur les marchés du cacao (39 % de part de marché en 2024) et de l’anacarde (40 % de la production mondiale en 2023), la Côte d’Ivoire s’appuie sur une économie diversifiée : un secteur primaire (14,8% du PIB en 2024) dominé par l’agriculture, un secteur secondaire (23,7 % du PIB en 2024) centré sur l’industrie extractive, l’énergie, l’agroalimentaire et le BTP, et un secteur tertiaire majoritaire (61,6 % du PIB), tiré par les télécommunications, les transports, le commerce et les services financiers.

Depuis 2012, l’économie ivoirienne suit une trajectoire de croissance rapide avec des signes de transformation structurelle, notamment par la montée en puissance de la transformation locale et la diversification des exportations. Le PND 2021-2025 visait à accélérer cette mutation, en ciblant une croissance annuelle moyenne supérieur à 7 % et l’accès au rang de pays à revenu intermédiaire supérieure d’ici 2030 ; en pratique, la croissance moyenne annuelle s’est établie à un niveau proche, de 6,5 %. Le PND-2026-2030 s’inscrit dans cette continuité et vise à accélérer la transformation structurelle de l’économie, à développer le capital humain et à promouvoir un développement durable et inclusif.

Doté d’un volume d’investissement estimé à plus de 114 000 milliards de FCFA, ce plan repose sur six piliers fondamentaux : consolidation de la sécurité et de la stabilité ; modernisation de l’agriculture ; promotion de l’investissement privé ; développement du capital humain, renforcement des infrastructures stratégiques et promotion de la bonne gouvernance.  Le programme décline une matrice d’action couvrant 22 domaines prioritaires, accompagnée de projets structurants et d’un mécanisme de suivi-évaluation rigoureux, garantissant l’efficacité et la transparence de sa mise en œuvre. Des objectifs macroéconomiques et sociaux ambitieux ont été fixés : ramener le taux de pauvreté en dessous de 20% d’ici 2030, élever le revenu moyen par habitant à 4000 dollars, augmenter le taux d’investissement à 34,5% du PIB et maintenir une croissance économique de 7,2% sur la période.

 

 

Rahoul Sainfort