Taekwondo : Cissé Cheick annonce sa retraite sportive et sa candidature à la présidence de la FITKD
Cissé Cheick Sallah tourne une page majeure de sa vie sportive pour en ouvrir une autre. Champion olympique à Rio en 2016, médaillé de bronze aux Jeux de Paris 2024 et champion du monde en 2023, l’athlète ivoirien a annoncé la fin de sa carrière sportive et sa candidature à la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD). Il a fait cette double annonce lors d’une conférence de presse organisée ce dimanche 11 octobre au CSCTICAO, à Cocody, à quelques semaines de l’élection fédérale prévue dans les semaines à venir.
« Aujourd’hui, je choisis de refermer ce chapitre. Après de nombreuses années consacrées au Taekwondo et au rayonnement de la Côte d’Ivoire, j’ai décidé de mettre un terme à ma carrière sportive », a déclaré l’athlète, précisant que cette décision était « mûrement réfléchie, prise avec sérénité et le sentiment du devoir accompli ».
À 33 ans, Cissé Cheick quitte la compétition avec un palmarès qui compte parmi les plus prestigieux du sport ivoirien. Sacré champion olympique dans la catégorie des moins de 80 kg aux Jeux de Rio en 2016, il a confirmé son statut au plus haut niveau en décrochant la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Paris en 2024. En 2023, il avait également inscrit son nom au palmarès mondial en remportant le titre de champion du monde à Bakou, en Azerbaïdjan.
À ces performances s’ajoutent plusieurs titres de champion d’Afrique et des victoires obtenues lors de différents Opens internationaux. Ce parcours lui a permis de s’imposer comme l’une des figures emblématiques du taekwondo africain et un ambassadeur du sport ivoirien sur la scène internationale.
L’expérience acquise au fil des compétitions s’est aussi prolongée dans les instances internationales. Cissé Cheick est membre du Conseil de la World Taekwondo, l’instance dirigeante mondiale de la discipline, et co-président de sa Commission des athlètes. Ces responsabilités lui ont permis d’élargir son expérience à la représentation des sportifs et aux enjeux de gouvernance du taekwondo à l’échelle internationale.
De la compétition à la gouvernance
Pour le champion, la fin de sa carrière sportive ne signifie pas un retrait du mouvement sportif. Il entend mettre son expérience, sa connaissance des exigences du haut niveau et ses responsabilités internationales au service du développement de la discipline en Côte d’Ivoire.
« La fin d’une carrière ne doit jamais être confondue avec la fin d’un engagement », a-t-il affirmé. Dans sa déclaration, il a également insisté sur la nécessité de mieux accompagner les athlètes au-delà de la compétition, notamment en matière de formation, de reconversion et de santé physique et mentale.
« Nous devons aussi mieux les préparer à l’après-carrière », a-t-il indiqué, estimant que la responsabilité des structures sportives ne saurait se limiter à la préparation des compétitions et à la recherche de médailles. Cette préoccupation figure parmi les enseignements qu’il tire de son parcours au plus haut niveau.
Sa candidature à la présidence de la FITKD constitue désormais le prolongement institutionnel de cet engagement. Dans un contexte marqué par des tensions au sein de la fédération, l’échéance électorale à venir représente un rendez-vous important pour l’avenir du taekwondo ivoirien.
Cissé Cheick affiche l’ambition de contribuer à la construction d’une fédération capable de rassembler ses composantes et de renforcer le développement de la discipline. « Mon prochain combat ne sera pas pour une médaille, mais pour faire rayonner notre discipline autour d’une fédération unie, forte, moderne et innovante », a-t-il déclaré.
Sans détailler l’ensemble des mesures opérationnelles de son projet, le candidat présente sa démarche comme une initiative portée par la jeunesse et fondée sur une nouvelle vision du taekwondo ivoirien. Il entend ainsi mettre son parcours international au service d’une discipline qui lui a permis de conquérir les plus hautes distinctions.
À la jeunesse ivoirienne, le champion a adressé un message de persévérance, rappelant que le taekwondo, longtemps considéré comme un sport mineur, lui a permis de porter les couleurs nationales au sommet de l’olympisme et du sport mondial.
« Je quitte la compétition, mais je ne quitte pas le combat », a-t-il conclu. Sa candidature sera soumise au verdict des électeurs de la FITKD, avec l’ambition de transformer son expérience de champion en un engagement au service de la gouvernance et du développement du taekwondo ivoirien.
OUATTARA Gaoussou


