Taekwondo – Sortie de crise à la FITKD : Les membres statutaires dénoncent un sabotage du processus engagé par le ministère

Taekwondo – Sortie de crise à la FITKD : Les membres statutaires dénoncent un sabotage du processus engagé par le ministère
Me Kouadjan Jean-Marie Addé, président du Collectif des membres statutaires, s’est prononcé sur les manquements relevés dans la gestion de Jean-Marc Yacé et les entraves présumées au processus ministériel de sortie de crise à la FITKD, lors du point de presse du vendredi 30 octobre 2026 (Ph DR)

Alors que le ministère des Sports s’emploie à ramener la paix au sein de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD), le processus de sortie de crise est-il déjà menacé ? C’est l’alerte lancée par le Collectif des membres statutaires, qui accuse Jean-Marc Yacé, président en sursis, de poser des actes susceptibles de compromettre les mesures arrêtées par la tutelle. Face à la presse, vendredi 30 octobre 2026, à travers son président, Me Kouadjan Jean-Marie Addé, assisté du trésorier général, Me Silué Issouf, le collectif a exposé ses griefs, dressé le bilan de la gestion du président sortant et formulé des propositions pour garantir des élections inclusives et démocratiques.

Au cœur des tensions, l’Assemblée générale de décembre 2025 consacrée à l’exercice 2024, dont la régularité est contestée. Saisie du dossier, la World Taekwondo (WT) avait invité les autorités ivoiriennes à prendre les mesures appropriées. Dans sa note du 14 septembre 2026, le ministre des Sports avait notamment ordonné la reprise de cette assemblée, la révision des textes, y compris la limitation d’âge jugée discriminatoire par l’instance mondiale, et la recherche d’un climat de paix. Une seconde correspondance, datée du 20 octobre, a précisé le chronogramme avec une première assemblée le 15 novembre, consacrée notamment au bilan 2025, à la révision des textes et à la mise en place du comité électoral, puis une seconde, en décembre, réservée aux élections.

Mais, selon le collectif, la convocation de la première assemblée par Jean-Marc Yacé ne respecte ni les mesures ministérielles ni les dispositions statutaires. Il lui reproche notamment de n’avoir inscrit à l’ordre du jour ni la reprise de l’AG de 2024, ni la révision des textes, ni les rapports d’activités et des commissaires aux comptes pour 2025, encore moins le quitus prévu à l’article 10 des statuts. À la place du rapport des commissaires aux comptes, figure un rapport d’audit dont la légitimité est questionnée : qui l’a autorisé, qui a choisi l’auditeur et comment justifier un contrôle débutant en avril 2024 alors que l’exercice couvre toute l’année ? Autant d’interrogations soumises à la tutelle. Le collectif annonce également un audit pour faire la lumière sur les fonds qu’il estime avoir été détournés.

Au-delà de la crise institutionnelle, les membres statutaires ont dressé un bilan particulièrement sévère des quatre années de gestion de Jean-Marc Yacé, qualifiées de « mandat le plus sombre de l’histoire du taekwondo ivoirien ». Ils évoquent les absences ivoiriennes à plusieurs assemblées générales de la WT entre 2022 et 2026, le recul de la représentation nationale dans le ranking mondial, à l’exception de Ruth Gbagbi, Ossin Kimi et Cheick Cissé, l’absence de participation aux championnats du monde par équipes et des cas de harcèlement sur des athlètes féminines qui, selon eux, n’auraient donné lieu à aucune sanction fédérale.

Pour sortir durablement de l’impasse, le collectif recommande un cadre organisationnel piloté par le ministère, la fiabilisation des listes des membres actifs de 2024 et 2025, une double supervision par un commissaire de justice et un organe indépendant, ainsi qu’une révision contradictoire des textes. Il demande également que la composition et les missions du comité électoral soient définies à l’avance et qu’une feuille de route encadre les travaux. Enfin, il réclame le vote à bulletin secret pour les deux assemblées, afin de prévenir toute intimidation ou manipulation. Me Kouadjan a, pour finir, invité Jean-Marc Yacé à se comporter en président en sursis, et non comme un dirigeant dont le mandat aurait été prorogé.

OUATTARA Gaoussou