Interview - Bahi Antoine : « Que Kuyo laisse l'Africa Sports à ceux qui aiment le club »
Très remonté contre Kuyo Téa Narcisse, Bahi Antoine critique la gestion de ce dernier et propose des solutions pour sortir le club de la situation dans lequel il se trouve en ce moment.

Le Patriote : Avant l’élection de Kuyo Téa en 2021, qu’est-ce que vous vous êtes dit ?
Bahia Antoine : C’était à la veille de son élection. Ce jour-là, le président Alexis Vagba était mal en point. On est montés dans sa chambre. On était trois, on a juré sur la Bible. On s'est mis d'accord. On s'est dit que c'était une très bonne chose. Parce que nous avons passé des années dans les palabres inutiles. Si toi, Kuyo, tu veux venir pour régler les palabres au niveau de l’Africa, c'est une très bonne chose, c'est idéal. Mon grand frère (Ndlr : Alexis Vagba) dit qu’il est malade, il ne se sent pas trop bien. Le Président Vagba a dit que la mission qu'on va te confier, dans un premier temps, il faut réunir tous les enfants de l’Africa autour du club. C'est ta première mission. Secundo, les infrastructures. Arrange-toi pour qu'on soit vraiment à l'aise. Au final, rien de tout ça. Moi, j'ai dit aux gens, qu'on se calme, qu'on le laisse travailler. C'est pour cela qu'on s'est un peu retirés pour qu’il travaille librement. Mais, les résultats que nous avons aujourd’hui sont très décevants. En conclusion, il a échoué. Il a vraiment échoué. Moi je souhaite qu'il laisse le club à des personnes qui aiment vraiment l’Africa Sports. Parce que les propos qu'il tient, à l'encontre des gens qui ont dirigé l’Africa, ne sont pas bons. Ce n’est pas humain. L’Africa Sports est une association. Il faut respecter les autres. Il n’a aucun respect pour autrui. Il en fait à sa tête. Ce qui est écœurant, il travaille avec un avocat, Me Zébé qui était membre de la normalisation. Il a même organisé les élections sachant qu’il fallait élire un contrôleur général au même titre que le président lors de cette Ag. Mais cela n’a pas été fait. Quand tu échoues, il faut avoir le courage de partir. Si tu as échoué lors de ton premier mandat, ce n’est pas la peine d’en demander. Il doit avoir le courage de dire qu’il a échoué.
LP : Qu'est-ce que vous lui reprochez concrètement quand vous dites qu’il a échoué ?
BA : Il a échoué sur toute la ligne. Il est arrivé un moment où, le club avait de sérieux problèmes. Mais, il n’a pu en résoudre un seul. A défaut des infrastructures, il devait tout faire pour qu'on monte en première division. Mais, depuis quatre (04) ans, on patauge en deuxième division. C'est un échec. On échoue à un micron du but, ce n’est pas du tout bon. Il n’y a rien de professionnel dans ce qu’il fait. Le football, ce n’est pas seulement sur le terrain. Il faut mettre les joueurs dans de bonnes conditions pour tirer le meilleur d’eux. Pour moi, Kuyo a lamentablement échoué. Il ne faut pas se tromper pour lui donner un autre mandat. Quel bilan peut-il nous présenter aujourd’hui ? Qu’a-t-il fait pendant les 4 ans de mandat ?
LP : Il dit qu'il a ramené la stabilité au niveau du club !
BA: Quelle stabilité ? Non ! Il ne faut pas qu’il se trompe. C’est nous qui avons expressément demandé de le laisser travailler librement. Quand lui Kuyo, il ne voit pas Bahi Antoine au terrain, il ne voit pas les dinosaures, les Amazones, cela ne lui dit rien ? Il ne se pose pas de question, pourquoi tout ce monde s’est calmé à mon arrivée ? D’aucuns disaient que ce sont les pro-Vagba et pro-Bahi qui envoient les palabres partout. On l’a laissé travailler pour qu’il ramène le club au sommet. Sinon, il a ramené quelle stabilité ? Ce qu’on voulait éviter, c’est ce qui est en train de venir. Il crée les conditions pour qu’on fasse des histoires.
LP : Et c’est suffisant pour demander son départ ?
BA : Qu’il dégage. J’interpelle la Fédération ivoirienne de football (FIF). Il va dégager. Parce qu'aujourd'hui, nous sommes à la veille des grands événements au niveau politique. On n'a pas besoin que la pagaille passe par l'Africa. Parce que, si Kuyo ne prend pas ses responsabilités pour dire les gars, j'ai échoué, il ne va plus organiser même un seul match. On sera tous au terrain. Peut-être, il y aura deux Africa encore. J’interpelle la FIF. Je lui demande d’intervenir maintenant. Les textes sont là. Il y a des avocats là-bas. Qu’ils mettent les textes sur la table.
LP : Mais Kuyo ne peut pas dégager comme ça ! Par quels moyens ?
BA : Il va dégager. On a les moyens pour qu'il dégage.
LP : Quels sont ces moyens ?
BA : Pourquoi vous voulez que je vous le dise…Je dis que Kuyo ne va plus jouer. Prochainement, vous allez voir l'Africa. On sera tous au terrain.
LP : Si Kuyo s’en va, que proposez-vous ?
BA : Il y aura un appel à candidatures. Moi, je me suis déjà prononcé. Je veux être candidat. Pour gérer l’Africa, il faut déposer un milliard sur la table. Moi, j'ai déjà déposé un milliard. Et je peux avoir plus que ça. Ce sont les relations. Il y a des gens qui sont prêts aujourd'hui à nous donner 5 milliards pour gérer l'Africa Sports correctement. Non, il n'a rien à dire. L'argent est là.
LP Mais pourquoi vous ne lui donnez pas cet argent ?
BA : On ne peut pas lui donner, dès l'instant qu'il n'a aucun respect pour les gens. Il se fout des gens. Il tient des propos désobligeants. On n'est même pas à ce niveau. Si je dois répondre à Kuyo Téa, il quittera peut-être Abidjan.
LP : Que dites-vous donc à propos de sa dernière Ag ?
BA : Il est allé ramasser les enfants à Adjamé, Abobo, on sait ça. On sait sur quoi il s'appuie pour faire cela. Moi j'ai passé toute ma carrière, toute ma vie à l’Africa. Je n'ai jamais vu ces gens qu’il a envoyés dans la salle. Le club doit être structuré, il y a des textes. Si tu n'as pas pu, dégage ! S’il avait fait du bon travail, on ne parlerait pas d’aller en Ag. On lui dirait simplement qu’il faut continuer l’aventure. Mais, ce n’est pas le cas. Va-t-on rester dans la médiocrité et mourir dedans ? Il va partir. On a les moyens pour le faire partir. Si on l’a laissé faire, ce n’est pas une faiblesse. On a cru en lui, mais c’est un échec.
LP Que dites-vous aux supporters en pareilles circonstances ?
BA : Je demande aux vrais « Membres associés » qui savent que notre club est en danger de se rassembler. Ceux qui profèrent des injures n’aiment pas le club. Nous n’injurions pas quelqu’un. On demande simplement et gentiment à Kuyo Téa de partir, parce qu’il a échoué. Moi, je n'ai pas dirigé l'Africa en tant que président élu. On a sauvé des situations avec les amoureux du club. Je pense à Amani Paul (paix à son âme), Dosso Aboubacar Sidick…Quand nous étions là, Babou Eric qui est un fils de la maison nous a aidé. Il a donné des jeux de maillots, des ballons…Il aime le club. Mais, on ne vient pas à l’Africa pour faire des affaires. La personne qui m’étonne c’est Me Zébé. Ils ont géré l’Africa Sports de façon illégale.
LP : Mais le mandat de Kuyo court jusqu’en novembre…
BA : En novembre, légalement, avec ce que nous voyons là. Il a tripatouillé les textes pour s’accrocher. Il est frappé par la limite d’âge. Il y a un tas de problèmes qui entourent Kuyo. Moi, je pense ‘’qu'on n'a qu'à se laisser tranquillement’’, comme on le dit couramment.
LP : Selon nos informations, il y a des velléités de candidatures, notamment Jean Michel Deigna, Babou Eric, Koné Cheick Oumar…
BA : Vous les avez cités et moi ? Moi, j'ai parlé d'un milliard pour gérer l'Africa. Mieux, on peut avoir deux milliards. Les autres candidats que vous avez cités sont des gens qui aiment profondément l’Africa Sports. Ils sont tous de bons candidats. S’ils veulent gérer le club, ils vont nous présenter leurs différents projets. Je n’ai aucun problème avec toutes ces personnes. Mais Kuyo doit partir.
Par Zana Coulibaly