Training camps, transmission générationnelle, dons aux associations, présence dans les instances internationales, … : Cissé Cheick Sallah Junior, l'homme providentiel au chevet du taekwondo ivoirien

Training camps, transmission générationnelle, dons aux associations, présence dans les instances internationales, … : Cissé Cheick Sallah Junior, l'homme providentiel au chevet du taekwondo ivoirien
Champion olympique en 2016 à Rio et médaillé de bronze en 2024 à Paris, champion du monde en 2023, trois fois champion d'Afrique — en 2014, 2016 et 2021 — et double médaillé d'or aux Jeux africains de 2015 et 2019, Cissé détient un palmarès absolu, total, qui le range dans la catégorie rarissime des athlètes ayant tout gagné dans leur discipline (Ph DR)

Le 9 mai 2026, le gymnase de l'Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB) Centre de Yamoussoukro a vibré au rythme d'une ambition renouvelée pour le sport ivoirien. Ce jour-là, 295 athlètes de tous grades se sont rassemblés pour participer à un événement d'envergure devenu absolument incontournable : le Training camp organisé par la Fondation Cheick Cissé. Loin d'être une simple rencontre sportive éphémère, cette onzième édition s'est imposée comme un véritable laboratoire pour la relève du taekwondo en Côte d'Ivoire. Au cœur de cette initiative salutaire se trouve un homme, Cheick Sallah Cissé, figure tutélaire et icône incontestée du taekwondo mondial, qui a délibérément choisi de transformer son immense aura en un puissant levier de transmission générationnelle. À 32 ans, le premier champion olympique de l'histoire de la Côte d'Ivoire ne se contente plus d'écrire sa propre légende sur les tatamis du monde entier ; il se consacre désormais avec une énergie débordante à bâtir celle des autres, posant les jalons d'un futur radieux pour la jeunesse de son pays.

 

Yamoussoukro, un tremplin vers les standards du très haut niveau

 

Durant environ trois heures d'une intensité technique et physique remarquable, les 295 taekwondoïstes présents à Yamoussoukro ont eu le privilège inestimable de se familiariser avec les exigences et les standards du très haut niveau, au contact direct d'une référence absolue de la discipline. Le programme du camp, minutieusement élaboré pour répondre aux critères internationaux, a couvert l'ensemble du spectre de la préparation athlétique et martiale. Les participants ont ainsi revisité des échauffements spécifiquement adaptés à la prévention des blessures et à l'explosivité, avant d'enchaîner sur la révision approfondie des techniques de base, le perfectionnement des enchaînements intermédiaires, pour finalement culminer avec des techniques de pointe et des simulations de cas pratiques de combat. Ce transfert de compétences ne relève aucunement du hasard. Il traduit une vocation formatrice farouche et la volonté de la Fondation Cheick Cissé d'inculquer la rigueur, l'abnégation, le sens du détail et la discipline aux jeunes pousses ivoiriennes.

 

Plus qu'une séance magistrale de perfectionnement technique, ce camp d'entraînement s'est achevé par un acte de générosité profondément structurant : la remise solennelle d'un important lot de matériel d'entraînement, d'une valeur estimée à trois millions de francs CFA, aux clubs participants. À travers son institution éponyme, le champion démontre que l'encadrement et la motivation de la jeunesse nécessitent bien plus que des discours ; ils exigent des actes concrets. La fondation agit aujourd'hui comme un formidable instrument de dons, d'encadrement, d'espoir et de structuration. Elle offre aux athlètes locaux des opportunités de progression et un environnement de travail qu'ils n'auraient pas eus autrement. En s'investissant personnellement sur le terrain et en organisant ce type de rassemblement, l'homme providentiel prouve que le développement durable du sport passe invariablement par l'équipement adéquat des salles et la formation continue des pratiquants.

 

Une légende des tatamis doublée d’une ascension institutionnelle mondiale

Pour saisir l'importance et la légitimité d'une telle démarche, il convient de mesurer le poids sportif et politique de l'homme qui la porte. Cheick Sallah Cissé n'est pas seulement l'athlète qui a offert à la Côte d'Ivoire sa toute première médaille d'or olympique lors des Jeux de Rio en 2016, grâce à un ultime coup de pied retourné gravé à jamais dans la mémoire collective. Il est avant tout un monstre de résilience et de longévité. Consacré champion du monde en 2023 à Bakou, il a su se réinventer, adapter son style après un changement de catégorie de poids, et braver le temps pour aller arracher une magnifique médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Ce palmarès absolu et inégalé fait de lui un modèle suprême de détermination pour la jeunesse ivoirienne, africaine et même mondiale.

 

Cependant, sa trajectoire exceptionnelle dépasse désormais largement les seules aires de combat. Cheick Cissé incarne aujourd'hui une voix respectée et influente dans les plus hautes sphères de décision du sport mondial. Son élection en 2023 en tant que membre du Conseil de World Taekwondo, doublée de son statut de co-président de la commission des athlètes de cette même instance mondiale, illustre la grande confiance que lui accordent ses pairs à l'échelle planétaire. Plus impressionnant encore, sa nomination historique à la fin de l'année 2025 comme membre de la prestigieuse commission des athlètes du Comité International Olympique (CIO) le place au cœur de la gouvernance du mouvement olympique international. Qu'il s'agisse de représenter fièrement les athlètes lors de sommets mondiaux, d'intervenir lors de forums dédiés au sport et à la paix, ou d'exporter ses Training Camps au-delà des frontières, Cissé démontre une véritable carrure de dirigeant visionnaire. Cette impressionnante montée en puissance institutionnelle renforce considérablement sa capacité et sa légitimité pour façonner l'avenir de sa discipline.

 

Combattre l’amateurisme pour bâtir le taekwondo de demain

 

L'engagement citoyen et sportif de Cheick Sallah Cissé prend une dimension d'autant plus cruciale qu'il intervient dans un contexte général où le taekwondo ivoirien traverse par moments d'inquiétantes zones de turbulences. Ces dernières années, la gestion locale de la discipline a malheureusement souffert d'un environnement parfois entaché par l'improvisation, des luttes intestines et un amateurisme délétère. Les incohérences organisationnelles, les décisions administratives manquant de lisibilité, ou encore les incompréhensibles tentatives de freiner la tenue de rassemblements dédiés à la formation de la relève, constituent de graves obstacles à l'éclosion de nouveaux talents. Ce climat d'à-peu-près, qui culmine parfois dans des sélections précipitées ou des annulations mal justifiées, contraste douloureusement avec les standards d'excellence, de planification rigoureuse et de sérénité qu'exige le sport de très haut niveau moderne.

Face à ces divers blocages structurels qui risquent de marginaliser une discipline jadis adulée et placée au premier plan, Cissé se dresse comme une réponse crédible, structurée et profondément moderne. Il refuse catégoriquement la fatalité de la médiocrité et s'investit corps et âme pour redonner au taekwondo ivoirien ses lettres de noblesse, un statut privilégié qui s'est progressivement effrité au fil du temps. Son approche, intelligemment soutenue par les autorités nationales qui voient en lui un vecteur indispensable de cohésion sociale et de diplomatie sportive, vise à professionnaliser les mentalités. En transformant le pays en un vaste laboratoire de la relève via l'organisation de multiples Training Camps, et en prônant une gestion axée sur l'éthique, l'effort et l'intérêt exclusif des sportifs, il offre une alternative lumineuse aux errements du passé.

À 32 ans, le champion a parfaitement assimilé que la grandeur d'un athlète d'exception ne se mesure pas uniquement à la lourdeur de son armoire à trophées, mais bien à la solidité des fondations qu'il a le courage d'ériger pour les générations suivantes. Le destin est en marche, car la discipline mérite infiniment mieux que le surplace. En choisissant de transmettre sa passion et son expertise avec autant de ferveur et de constance, Cheick Sallah Cissé prouve que son œuvre ne fait que commencer : celle de bâtir le taekwondo de demain, solide, rayonnant et définitivement tourné vers l'excellence internationale. Nonobstant les crocs-en-jambe et autres peaux de banane comme cette clause toute taillée sur mesure lors de l’assemblée générale ordinaire contestée du 28 décembre 2025 qui fixe l’âge minimum pour briguer la présidence de la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD), il faut être âgé d’au moins 40 ans dans un pays où il faut avoir 25 ans pour être député et 35 ans pour être président de la République. Dans un pays sérieux comme la Côte d’Ivoire, Cissé est un trésor à protéger et le ministère des Sports et l’ensemble des décodeurs doivent le savoir.

 

OUATTARA Gaoussou